A la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, Genève : la RDC plaide pour l’opérationnalisation urgente de la commission d’enquête sur la situation à l’Est

A la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, Genève : la RDC plaide pour l’opérationnalisation urgente de la commission d’enquête sur la situation à l’Est

Le gouvernement de la République démocratique du Congo, représenté par la Ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a pris une part active, mardi 24 février, au débat général de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, organisée au Palais des Nations à Genève, en Suisse. Cette intervention est intervenue dans un contexte particulièrement préoccupant, marqué par la persistance du conflit armé et des atteintes graves aux droits fondamentaux dans la partie orientale du territoire national.

Devant les États membres et les partenaires du système onusien, la cheffe de la diplomatie congolaise a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités financières du Haut-commissariat aux droits de l’homme afin de permettre l’application effective de la résolution A/HRC/60/L.32/Rev.1, consacrée à la situation des droits humains dans l’Est de la RDC. Elle a notamment mis l’accent sur l’urgence de rendre pleinement opérationnelle la commission d’enquête indépendante instituée par la résolution S-37/1.

Dans son intervention, Thérèse Kayikwamba Wagner a rappelé que le dispositif international de protection des droits de l’homme constitue un socle indissociable de la paix et de la stabilité. Selon elle, affaiblir ses mécanismes reviendrait à fragiliser les perspectives de sécurité collective. Elle a également souligné que, face aux mutations contemporaines y compris les défis liés à l’intelligence artificielle et à la cyber violence–le-Haut-commissariat doit disposer de ressources à la hauteur des mandats qui lui sont confiés. L’effectivité de ces mandats, a-t-elle soutenu, demeure le baromètre de la crédibilité du Conseil.

Évoquant spécifiquement la situation dans l’Est du pays, la Ministre d’État a martelé qu’aucune paix durable ne saurait être envisagée sans reddition de comptes. Elle a ainsi appelé la communauté internationale à faire respecter, sans distinction, les principes qui fondent l’architecture universelle des droits de l’homme. Pour Kinshasa, la consolidation d’un ordre international fondé sur le droit, l’égalité souveraine des États et la responsabilité demeure une exigence non négociable.

Lors de sa précédente session ordinaire, le Conseil des droits de l’homme avait adopté un ensemble substantiel de textes, dont deux résolutions directement consacrées à la République démocratique du Congo. La première portait sur la situation des droits humains dans l’Est du pays et prévoyait l’activation rapide du secrétariat de la commission d’enquête indépendante. La seconde était axée sur l’assistance technique et le renforcement des capacités nationales, notamment à travers un appui à la mise en œuvre de la politique de justice transitionnelle.

À l’issue de ces travaux, le président du Conseil, l’ambassadeur suisse Jürg Lauber, avait annoncé la désignation de trois experts internationaux chargés de conduire les investigations sur les violations présumées commises dans l’Est de la RDC. Placée sous la présidence d’Arnauld Akodjenou, la Commission comprend également Maxine Marcus et Clément Nyaletsossi Voule.

Cette instance a pour mandat d’établir les faits relatifs aux exactions alléguées, qu’il s’agisse de violations du droit international des droits de l’homme ou du droit international humanitaire, y compris les violences sexuelles et sexistes ainsi que les atteintes visant les femmes, les enfants et les personnes déplacées internes. Elle devra également identifier les responsables présumés afin de favoriser l’imputabilité.

Une première mission de terrain est attendue, suivie d’une présentation orale intermédiaire en 2026 et d’un rapport exhaustif prévu pour 2027, lequel sera également soumis à l’Assemblée générale des Nations Unies. À travers cette mobilisation diplomatique, la RDC entend maintenir la question de la responsabilité au cœur de l’agenda international, convaincue que justice et paix demeurent indissociables.

John Ngoyi

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