C’est un nouveau cap stratégique, une vision chargée d’audace, d’anticipation et de responsabilité. En marge du Future Minerals Forum, tenu à Riyad du 13 au 15 janvier 2026, le Ministre des Mines, SE Louis WKabamba, a rencontré son homologue du Royaume d’Arabie Saoudite, SE Bandar bin Ibrahim Al-Khorayef, Ministre de l’Industrie et des Ressources minérales.
Cette rencontre a permis de réaffirmer l’importance stratégique de la coopération bilatérale entre la RDC et le Royaume d’Arabie Saoudite dans le secteur minier, ainsi que la volonté commune de consolider et d’approfondir ce partenariat.
Les échanges ont porté sur la mise en œuvre du Mémorandum d’Entente (MoU) signé en janvier 2024, avec un accent particulier sur l’élaboration d’un échéancier précis en vue de définir une feuille de route opérationnelle, permettant de traduire les engagements en actions concrètes.
Le Ministre Louis Watum Kabamba a insisté sur la nécessité de passer du dialogue à l’action, afin de générer des retombées économiques tangibles, notamment en matière d’industrialisation, de création de valeur locale et d’investissements stratégiques. La délégation congolaise comprenait notamment le Conseiller principal du Chef de l’État au Collège Mines, ainsi que des responsables des structures sous tutelle du Ministère des Mines. À l’issue des échanges, les deux parties ont convenu de la mise en place rapide d’un mécanisme technique conjoint chargé de définir les priorités, les responsabilités et le calendrier de mise en œuvre du MoU.
Si cela parvient à prendre corps, le Gouvernement que dirige Judith Suminwa Tuluka, Première Ministre, placera inexorablement la RDC sur une trajectoire historique et, en même temps, lui offrira, par ricochet, la marge nécessaire pour tirer son épingle du jeu en termes de son développement. Tout récemment, en effet, Adolphe Muzito, VPM en charge du Budget, a, lors d’un entretien médiatique réalisé avec l’ACP, tenu un discours empreint de conviction et d’espoir profond, confirmant des avancées tangibles dans la dynamique de la mobilisation des ressources propres en RDC. A l’en croire, les projections, jugées, d’ores et déjà, encourageantes, avec la rigueur consacrée dans la conduite de la gouvernance budgétaire, sous Félix Tshisekedi, pourraient atteindre, d’ici 2028, la barre de 18 milliards USD.
Pour Adolphe Muzito, en dépit du contexte rendu difficile par la crise sécuritaire croissante dans l’Est, le budget national, financé par les ressources propres a été multiplié par trois. Ce qui, selon lui, traduit grandement une évolution significative de la capacité de l'État à mobiliser ses recettes internes.
En ce qui concerne la période allant de 2026 à 2028, le vice-Premier ministre prévoit une nouvelle progression importante. D'après ses analyses économiques, le budget en ressources propres devrait encore doubler, sur la base des projections actuelles, pour avoisiner les 18 milliards de dollars américains. Une estimation qu'il juge réaliste au regard des tendances observées.
Il insiste toutefois sur le fait que ces prévisions ne relèvent nullement de la spéculation. Elles reposent, selon lui, sur des fondements économiques solides et sur une lecture rationnelle des performances budgétaires récentes, permettant d'anticiper l'évolution des finances publiques pour les trois prochains exercices.
Ces projections n'intègrent pas, à ce stade, l'éventuel impact des investissements américains annoncés par le président des États-Unis, Donald Trump. Adolphe Muzito a rappelé qu'aucun apport financier de cette nature n'a encore été concrètement enregistré en République démocratique du Congo. Il n'exclut cependant pas que l'arrivée effective de ces investissements puisse entraîner un dépassement du plafond des 18 milliards de dollars américains. De tels apports auraient, selon lui, une incidence directe sur la croissance du Produit intérieur brut (PIB) et renforceraient davantage les capacités financières de l'État.
Toujours dans le cadre de son entretien médiatique, le vice-Premier ministre a loué le rôle déterminant des réformes en cours, notamment la mise en œuvre de la facture normalisée. Selon lui, ces mesures devraient permettre aux régies financières d'améliorer le recouvrement des recettes fiscales et douanières.
Rabat, le 29 Décembre 2025. C’est sous le haut patronage de son Excellence Monsieur le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et sous le leadership du ministre du Tourisme, Didier Mazenga Mukanzu et à l’initiative du Think Tank RDC STRATÉGIE, que préside M. Bodom Matungulu, qu’une conférence internationale de haut niveau sur le Soft Power, le Capital Humain et le Développement a été organisée au Palais de Jawara, à Rabat (Maroc), le 26 décembre 2025. C’était en marge du Léopard Business Village-Expo CAN Maroc.
Plus de 200 participants : diplomates, entrepreneurs, universitaires, responsables institutionnels, membres de la diaspora et jeunes leaders ont pris part à cette rencontre stratégique qui a porté sur le thème : « Pourquoi la jeunesse est la première richesse stratégique d’un pays ».
Ce thème met en lumière un changement de paradigme fondamental : la puissance d’un pays ne se mesure plus uniquement à ses ressources naturelles, mais à sa capacité à former sa jeunesse, mobiliser sa diaspora, valoriser son intelligence collective et influencer le monde par sa culture, son innovation et son attractivité.
La conférence a été ouverte par Bodom Matungulu, Président du Think Tank RDC STRATÉGIE, à travers une keynote stratégique consacrée au soft power congolais et à la nécessité de bâtir une politique nationale de valorisation de la jeunesse et de la diaspora.
Il a rappelé que : « Le futur de la RDC ne se jouera pas uniquement dans ses mines, mais dans la qualité de ses cerveaux, de sa jeunesse et de sa capacité à influencer le monde. » Il a également annoncé la tenue du Forum du Futur, prévu à Kinshasa du 18 au 22 mars 2026, qui réunira talents, décideurs et investisseurs autour de l’Agenda 2060.
« Le soft power comme politique publique : pourquoi le Congo doit investir dans sa jeunesse à l’étranger », c’est le Panel 1 qui a mis en lumière le rôle stratégique de la diaspora congolaise, considérée comme l’un des leviers les plus puissants du soft power national.
Quatre intervenants se sont succédé, notamment Joseph SITA, Président de l’Union des Étudiants et Stagiaires Congolais au Maroc (UESCOM), qui a plaidé pour une meilleure intégration des étudiants congolais dans les stratégies nationales de développement ; Dr Héritier ATAKY, Président de la Communauté congolaise au Maroc, a souligné l’importance de structurer la diaspora comme un véritable acteur économique et diplomatique ; Trésor BOTEMBE, CEO et entrepreneur, a partagé son expérience sur la manière dont les talents congolais à l’étranger peuvent devenir des ponts d’investissement et de transfert de compétences ; Mme Faouziya TARIK, Vice-Présidente du FIED et Porte-parole du Forum International des Femmes Entreprenantes et Dynamiques, a mis en avant le rôle clé des femmes et de l’entrepreneuriat dans le rayonnement économique et culturel des nations. Les intervenants ont souligné l’urgence de bâtir des politiques publiques favorisant la mobilisation des talents congolais à l’étranger.
« La RDC que nous voulons : du pays minier au pays des cerveaux », c’est le thème du 2ème Panel stratégique qui a exploré la nécessité pour la RDC de dépasser son modèle extractif pour construire une économie fondée sur la connaissance, l’innovation et la transformation locale.
Plusieurs intervenants ont défilé. Il s’agit de Bodom MATUNGULU, Président du Think Tank RDC STRATÉGIE, a présenté la vision de l’Agenda 2060, axée sur le capital humain et la prospective ; Professeur Émile NGOY KASONGO, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RDC en France et auprès de la Principauté de Monaco, a mis en évidence le rôle de la diplomatie et des politiques publiques dans la mobilisation de la diaspora et du soft power ; M. Paul DIAKESE, Directeur Général Adjoint de l’Office National du Tourisme de la RDC. Ce dernier a démontré comment le tourisme congolais à travers ses parcs nationaux, son patrimoine culturel, sa biodiversité et son potentiel écotouristique peut devenir un levier majeur du soft power congolais, capable d’améliorer l’image du pays, d’attirer les investissements et de créer des emplois pour la jeunesse ; Dr Souleimane HAJJAM, ancien Secrétaire général de la Wilaya de l’Oriental et expert national en développement, a partagé l’expérience marocaine en matière de développement humain, de gouvernance territoriale et de planification stratégique ; Abdelkarim MAZOUZI, Président du Groupe DBM et Vice-président de la Fédération Marocaine des Technologies de l’Information, des Télécommunications et de l’Offshoring (APEBI), a montré comment le numérique, l’innovation et l’industrie des services peuvent devenir des moteurs de souveraineté économique.
Signalons que les échanges ont réuni des participants venus de la RDC, du Maroc, du Sénégal et de la Guinée, témoignant de la dimension panafricaine du projet porté par le Think Tank RDC STRATÉGIE. La conférence s’est conclue par un cocktail de networking, favorisant la création de partenariats, d’initiatives communes et d’interviews médiatiques.
À Rabat, la RDC a envoyé un message fort : « La jeunesse n’est pas un coût. Elle est la première richesse stratégique d’une nation. » Le Think Tank RDC STRATÉGIE affirme ainsi son rôle de catalyseur de visions, de politiques publiques et de projets pour bâtir la RDC de 2060.
Dans un exercice de redevabilité marquant la fin de l'année 2025, le VPM en charge de l'Economie, Daniel Mukoko Samba, et le Ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya Katembwe, ont apporté à l'attention des congolais un éclairage complet sur les accords signés entre la RDC et les USA, en date du 4 décembre dernier, à Washington, mettant en évidence leur nature réelle, leur portée diplomatique, y compris leur opportunité. Dans sa communication, le VPM Daniel Mukoko Samba a expliqué que ces accords ne consacrent nullement le bradage des ressources naturelles congolaises, ni ne plantent le décor d'une cession dangereuse de la souveraineté nationale, comme d'aucuns le pensent. Selon ce membre du Gouvernement, en effet, les accords signés entre Kinshasa et Washington, loin de toute confusion, s'inscrivent profondément dans une dynamique durable de coopération stratégique censée promouvoir un développement partagé.
Devant la presse, il a parlé d'un partenariat de haut niveau qui lie désormais la RDC aux USA, se concentrant sur quatre composantes essentielles : coopération économique et commerciale ; coopération en matière de sécurité et défense ; coopération scientifique, technologique et éducative ; coopération institutionnelle sur la gouvernance.
Halte à la confusion
"Il s'agit de deux documents qui ont été signés entre la RDC et les USA. Le premier, c'est l'accord de partenariat stratégique signé du côté américain par le Secrétaire d'Etat Rubio et du côté congolais par le VPM de l'Economie. Le deuxième document est un mémorandum d'entente sur des questions de sécurité, signé par le Secrétaire d'Etat Rubio et du côté congolais par la Ministre d'Etat, Ministre des Affaires étrangères. L'accord de Washington est un document technique qui pose le cadre général dans lequel les deux pays vont collaborer dans un certain nombre de domaines : économie, gouvernance, éducation, sciences et technologies", a-t-il clarifié, dans ses propos.
Cap sur de nouveaux challenges
Bien avant, il a eu à s’exprimer largement sur la nature des échanges bilatéraux que vont avoir la RDC et les États-Unis, sous le leadership de Félix Tshisekedi, Président de la République, Chef de l’Etat. "Entre les États, on peut voir des relations diplomatiques formelles, impliquant les échanges d'ambassadeurs. Ils peuvent passer à un autre niveau pour aller vers la coopération bilatérale avec des accords sectoriels. On peut aussi avoir entre États des relations privilégiées. Après ce niveau-là vient le niveau de partenariat stratégique. Cela signifie que deux États partagent une vision commune de moyen et long terme. À ce moment-là, on met en place des mécanismes institutionnels. Entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, nous avons des relations diplomatiques anciennes. Nous avons un texte qui date d’août 1984. C'est un texte qui définissait le cadre d'encouragement et de protection des investissements entre les deux pays. Ce qu'on a fait le 4 décembre 2025, c'est qu'on est passé de niveau des relations bilatérales à un niveau de partenariat stratégique... Notre pays la République démocratique du Congo a donc rejoint le club très restreint des pays africains auxquels le Gouvernement américain a reconnu le statut de partenaires stratégiques. Parmi ces pays, il y a le Kenya, le Maroc, l'Égypte. Dans ce cadre, la RDC et les USA ont convenu d'explorer des domaines de collaboration... Le texte qui a été signé n'est pas un deal ou un contrat. C'est un texte qui pose le cadre d'une coopération renforcée dans les domaines économique, commercial, etc. Le texte comporte 18 articles et 2 annexes. La première définit les termes tandis que l’autre annexe définit les critères d'éligibilité d'une certaine catégorie de projets... La partie américaine a besoin d'accès aux métaux critiques. La RDC a également besoin de la sécurité. Nous avons une partie de notre pays qui, depuis plus de trente ans, se retrouve dans une situation d'insécurité récurrente et de fragilité qui freine le développement de la RDC. Nous avons des intérêts à avoir un partenaire qui peut renforcer la sécurité, la paix en RDC et dans la région", a confirmé Daniel Mukoko Samba.
Diplomatie agissante en marche
"Il est prévu que le document puisse être revu tous les trois ans. Il y a un comité conjoint de pilotage composé de 5 représentants du côté américain et 5 représentants du côté congolais. C'est ce comité de pilotage qui est le cœur du dispositif de gestion et de suivi de l'accord. Les représentants de chaque partie prendront les directives de leurs Gouvernements. Du côté américain, il y a le Département d'Etat, le Département du Trésor, le Département du Commerce et deux Agences fédérales américaines. Les USA nous ont déjà transmis les noms de cinq personnes qui vont siéger dans ce comité conjoint de pilotage. Du côté congolais, c'est le Ministère de l'Economie, le Ministère des Affaires étrangères, le Ministère des Finances, le Ministère des Mines et la Présidence de la République. Le 22 décembre dernier, la RDC a aussi communiqué les noms de ses cinq représentants. Chaque partie désigne un co-président. Du côté américain, c'est le représentant du Département d'Etat et du côté congolais, c'est le Vice-premier Ministre de l’Economie. Ce comité de pilotage se réunit deux fois l'an et dispose d'un cahier des charges d'un certain nombre de choses qui doivent se faire. Un deuxième élément, c'est le Forum de coopération bilatérale qui doit être organisé tous les deux ans pour discuter de grandes questions de coopération entre nos deux pays", a complété, dans son élan, le VPM à l'Economie.
Toujours dans ses propos luminaires, le Professeur Mukoko Samba a indiqué que les accords RDC-USA ont prévu des mécanismes d'encastrement pour s'assurer de la mise en œuvre harmonieuse de différents axes de coopération. "Si un jour, une des parties choisit de sortir de cet accord, il faut donner préavis à l'autre. Ce préavis est d'une durée de cinq ans… Nous souhaitons que l'on évolue de mémorandum d'entente vers un cadre de coopération militaire. Mais, cela doit obéir à un calendrier qui sera défini au fil du temps. Dans l'accord, l'accent est mis sur la coopération économique et commerciale et sur la coopération institutionnelle en matière de gouvernance", a démontré encore Daniel Mukoko Samba, dans son intervention, face aux professionnels des médias.
De son côté, Patrick Muyaya Katembwe, Ministre de la Communication et médias, a insisté sur la vigilance qui doit animer chaque congolais pour contrer tout venin de manipulation. Il a, dans son intervention, insisté sur l'importance d'une appropriation collective des efforts de paix, engagés sous l'impulsion du Président de la République Félix Tshisekedi, et porté par le Gouvernement Suminwa, pour barrer le chemin à la division, à la confusion et, même, à la haine, en RDC.
(Par Belhar Mbuyi, Directeur Général de Bena-Luluabourg.org)
La signature récente de l’Accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda a ouvert une nouvelle séquence diplomatique et stratégique pour la région des Grands Lacs. Mais au-delà de cet acte politique majeur, un tournant tout aussi décisif s’est joué en marge de cet événement : le renforcement inédit du partenariat entre la RDC et les Etats-Unis d’Amérique. Sous la conduite du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la RDC a conclu avec Washington un Accord économique stratégique et un Mémorandum d’entente sécuritaire, consacrant une relation désormais fondée sur la durée, la confiance et des intérêts mutuellement structurants. La Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a d’ailleurs qualifié cette journée d’« historico-stratégique » pour l’avenir économique du Congo.
Retrouver sa place dans les chaînes de valeur mondiales
Dans un contexte mondial marqué par la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, l’Accord économique RDC–USA constitue une opportunité historique. Il repose sur trois piliers majeurs : la sécurité des minerais stratégiques, la création d’une Strategic Asset Reserve (SAR) et la mise en place d’un Strategic Minerals Reserve (SMR).
Ce cadre vise à garantir une gestion transparente des ressources minières congolaises, tout en offrant aux investisseurs américains un droit de premier regard sur certains projets stratégiques, notamment autour du cobalt, du cuivre et du germanium.
Les engagements américains portent également sur la modernisation du corridor Sakania–Lobito, le développement du Grand Inga, l’industrialisation des zones minières, la lutte contre l’exploitation illicite des minerais et la formalisation du secteur artisanal. Pour la première fois de son histoire, la RDC est officiellement reconnue comme Partenaire stratégique des États-Unis d’Amérique.
Le Kasaï central : un angle mort à corriger
Dans ce contexte porteur, il est impératif que toutes les provinces à fort potentiel stratégique soient intégrées à cette dynamique, au premier rang desquelles le Kasaï central. Cette province, longtemps oubliée, recèle en effet deux minerais classés critiques à l’échelle mondiale : le nickel et le chrome.
Le nickel est aujourd’hui un minerai clé de la transition énergétique. Il est indispensable à la fabrication des batteries lithium-ion destinées aux véhicules électriques et au stockage d’énergie, ainsi qu’aux alliages de haute performance. Sa production mondiale étant fortement concentrée dans quelques pays, la demande croissante liée à la décarbonation en fait un métal stratégique à substituabilité limitée.
Le chrome, extrait principalement de la chromite, est tout aussi critique. Il est irremplaçable dans la fabrication de l’acier inoxydable, des alliages spéciaux utilisés dans l’aéronautique, la défense et certaines technologies énergétiques. Là encore, la forte dépendance mondiale à quelques pays producteurs renforce son caractère stratégique.
Un potentiel connu… mais resté inexploité
Ce potentiel du Kasaï central n’est pas nouveau. Déjà en 2007, lors des négociations des contrats sino-congolais, la Chine avait manifesté un intérêt marqué pour le nickel et le chrome de cette province. Des études avaient confirmé la qualité des gisements. Mais faute d’électricité et d’infrastructures, le projet n’avait pu aboutir, poussant les partenaires à se rabattre sur le cuivre et le cobalt.
Aujourd’hui, les conditions peuvent et doivent changer.
L’électricité et les infrastructures : les clés du décollage
Si le Président de la République ambitionne, à juste titre, de faire de la RDC une plaque tournante mondiale de la production des batteries électriques, la question énergétique est centrale. Les partenaires américains pourraient jouer un rôle déterminant dans la construction de la centrale hydroélectrique de Katende et dans le financement du soutirage du courant d’Inga II vers Tshimbulu, afin d’alimenter l’industrialisation du Kasaï central.
Parallèlement, le désenclavement de la province est indispensable. Le raccordement au corridor de Lobito, via la route Kananga–Kalamba-Mbuji à la frontière angolaise, permettrait d’évacuer efficacement la production vers les marchés internationaux.
Une opportunité stratégique pour la RDC
La RDC dispose désormais de tous les éléments nécessaires à la fabrication des batteries électriques : – le cobalt, dont elle est le premier producteur mondial ; – le lithium du Tanganyika et du Haut-Lomami, avec les plus grandes réserves mondiales connues ; – et le nickel du Kasaï central, de très bonne teneur (3,8 %), avec des réserves estimées à près de 16 milliards de dollars.
Un appel au Chef de l’Etat
Je lance donc un appel respectueux à Son Excellence Monsieur le Président de la République, afin que l’exploitation du nickel et du chrome du Kasaï central soit intégrée parmi les minerais critiques proposés aux partenaires américains.
Cet appel s’inscrit pleinement dans la vision exprimée par le Chef de l’État lui-même lors de la conférence Investing in African Mining Indaba à Cape Town, en février 2023, où il s’était engagé à lancer de nouvelles explorations de nickel dans le Kasaï central, avec pour objectif une exploitation rapide au service de la transition énergétique mondiale.
Le Kasaï central ne demande pas des faveurs. Il réclame avec espoir simplement sa juste place dans la nouvelle architecture économique et stratégique du Congo.
A Washington, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu le 19 décembre 2025, la deuxième revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et la première revue de l’accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) en faveur de la République Démocratique du Congo. Cette décision permet un décaissement immédiat total de 442 millions de dollars américains, dont plus de 312 millions USD en appui budgétaire, à la suite de l’approbation de la deuxième revue du programme FEC et de la première du programme RST par le Conseil d’administration du FMI, ce vendredi 19 décembre 2025.
Modèle de résilience
Selon le FMI, l’économie de la RDC est restée résiliente malgré la persistance du conflit armé dans la partie Est du pays, qui continue d’exercer une pression significative sur les finances publiques et d’aggraver la situation humanitaire. Dans ce contexte, les autorités ont maintenu la dynamique des réformes structurelles, respecté l’essentiel des critères de performance du programme et poursuivi une discipline budgétaire soutenue, appuyée par une meilleure coordination entre les politiques budgétaire et monétaire.
La conclusion de la deuxième revue du programme appuyé par la FEC a permis un décaissement équivalent à 190,4 millions de DTS, portant le total des décaissements à ce jour à près de 780 millions de dollars américains. La première revue du programme appuyé par la FRD a, quant à elle, permis un décaissement de 133,25 millions de DTS, destiné à renforcer la résilience du pays face aux chocs climatiques et à soutenir des réformes structurelles à long terme. Le FMI note également que la croissance du PIB réel devrait dépasser 5 % en 2025 et 2026, portée par le dynamisme du secteur extractif, tandis que l’inflation a fortement reculé, passant de 11,7 % à fin 2024 à 2,2 % en novembre 2025, dans un contexte de politique monétaire prudente et de consolidation progressive des réserves de change.
Consolidation du cadre macroéconomique
Réagissant à cette annonce, le Ministre des Finances SEM Doudou Fwamba Likunde Li-botayi a salué une étape importante dans la consolidation du cadre macroéconomique et la poursuite des réformes engagées. « En dépit de la guerre injuste que notre pays subit dans sa partie Est et des massacres injustifiés de nos concitoyens, nous n’avons pas abdiqué. Sous l’impulsion de SEM Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, Chef de l’État, la stabilité du cadre macroéconomique est assurée grâce à une meilleure coordination des politiques conjoncturelles. Les réformes structurelles avancent et les investissements publics sont redevenus la priorité du Gouvernement. Grâce à cette approbation, 442 millions USD sont décaissés, dont une partie est orientée vers les investissements publics pour la transformation de notre Nation. Sincères félicitations à tous les experts du Gouvernement et de la BCC », a-t-il indiqué.
Réformes sous l’impulsion de Félix Tshisekedi
Le Ministère des Finances souligne que cette décision du FMI atteste de la crédibilité des réformes mises en œuvre sous le leadership du Président de la République, SEM Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et de la résilience de l’économie nationale dans un contexte sécuritaire et budgétaire contraignant. Elle traduit également la confiance renouvelée des partenaires techniques et financiers dans la trajectoire économique du pays.
Les ressources mobilisées dans le cadre de ces appuis budgétaires, dont le montant global est appelé à atteindre 1,8 milliard de dollars américains, permettront d’accélérer la mise en œuvre de projets structurants, notamment le barrage hydroélectrique de Katende, la réhabilitation de la RN7 ainsi que le projet COMPACT, contribuant ainsi à la transformation économique et au développement durable de la République Démocratique du Congo.
En conclusion, le Gouvernement réaffirme sa détermination à préserver la stabilité macroéconomique, à renforcer la gouvernance des finances publiques et à orienter prioritairement les ressources mobilisées vers les investissements structurants et les dépenses sociales, au bénéfice direct de la population, conformément à la vision du Chef de l’État et aux engagements pris dans le cadre des programmes soutenus par le FMI.
Son Excellence Monsieur Louis Watum Kabamba, Ministre des Mines de la République Démocratique du Congo, a accordé ce mardi 16 décembre 2025 une audience à une délégation du Groupe CMOC (China Molybdenum Company), opérateur minier de premier plan en RDC, actif notamment à travers les projets Tenke Fungurume Mining (TFM) et Kisanfu Mining (KFM).
Cette rencontre s’est inscrite dans le cadre des civilités de courtoisie de fin d’année et a permis à la délégation de CMOC de présenter au Ministre le rapport annuel de production de ses opérations en République Démocratique du Congo. À cette occasion, le Groupe CMOC a annoncé avoir atteint une production annuelle d’environ 700 000 tonnes de cuivre, réaffirmant ainsi sa position parmi les principaux acteurs du secteur minier congolais.
Le Groupe a également exprimé sa volonté de porter le volume global de ses investissements en RDC à hauteur de 8 milliards de dollars américains, témoignant de sa confiance dans le potentiel minier du pays et dans l’amélioration continue du climat des affaires.
Par ailleurs, la délégation a évoqué certaines contraintes opérationnelles, notamment le déficit en énergie électrique ainsi que l’envahissement de certains sites miniers par des exploitants artisanaux, appelant à une prise en charge concertée de ces défis.
S’agissant des difficultés soulevées, Son Excellence Monsieur le Ministre a assuré que des solutions concertées et durables seront mises en œuvre, en collaboration avec les différentes parties prenantes, afin de garantir la poursuite sereine, responsable et durable des activités minières sur l’ensemble du territoire national. Il a aussi demandé à CMOC, dont la durée de vie des mines en RDC est estimée à 50 ans, de planifier dès à présent des investissements dans la production locale de l’énergie électrique, sans privilégier l’importation en provenance de la Zambie et de l’Angola. Le Ministre a en outre conseillé à CMOC d’impliquer les communautés locales dans la recherche de solutions durables contre les envahissements et a annoncé des initiatives prises par le Gouvernement, dont certaines sont déjà activées, pour mettre fin à ce phénomène complexe affectant les sites miniers industriels.
Son Excellence Monsieur le Ministre des Mines a félicité le Groupe CMOC pour le travail accompli en République Démocratique du Congo et pour sa contribution significative à l’économie nationale, en termes de production, de recettes publiques, d’emplois et de transfert de compétences. Il a réaffirmé l’engagement du Gouvernement à accompagner et à protéger les investisseurs sérieux, dans le strict respect des lois et règlements de la République.
Abordant les enjeux géopolitiques et stratégiques actuels, Son Excellence Monsieur le Ministre a tenu à rassurer la délégation que les accords de coopération récemment conclus entre la RDC et les États-Unis d’Amérique ne constituent nullement une menace pour les investisseurs d’autres pays, y compris ceux de la République populaire de Chine, tout comme le partenariat sino-congolais n’a jamais été dirigé contre les intérêts des partenaires occidentaux. Il a réitéré la position de la RDC en faveur d’une coopération ouverte, équilibrée et mutuellement bénéfique avec l’ensemble de ses partenaires.
Dans le cadre de la diplomatie minière, en patriote convaincu et défenseur d’un nationalisme pragmatique, le Ministre a invité les investisseurs chinois à encourager leur pays, à tous les niveaux appropriés, y compris au sein des instances internationales telles que les Nations Unies, à s’engager davantage dans la défense des investissements légitimes en République Démocratique du Congo. Il a appelé à une mobilisation internationale accrue pour condamner publiquement l’insécurité persistante dans l’Est du pays, soutenir les efforts du Gouvernement congolais en matière de sécurisation, et contribuer à la défense de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la stabilité de la RDC
Le forum qui a réuni les décideurs publics et privés, les chercheurs et les investisseurs sur les questions de l’industrie portuaire et de l’économie bleue, du 11 au 13 novembre 2025 à Moncton, au Nouveau-Brunswick, visait essentiellement à faire émerger une nouvelle dynamique de coopération internationale autour de l’industrie portuaire et de l’économie bleue, et notamment de renforcer la connectivité maritime entre le Canada et le continent africain, fondée sur la complémentarité des capacités, la mutualisation des savoir-faire et le partage des expériences et des ressources techniques.
Ce forum, qui en est à sa première édition, s’inscrit justement dans un contexte mondial en pleine mutation, qui exige de nous tous, gouvernants, entrepreneurs et acteurs économiques, de nous adapter et d’avancer au rythme du temps.
Un pari gagné à coup sûr, dans la mesure où les participants sont repartis avec une conviction profonde que le monde portuaire et maritime n’est pas un monde de compétition, mais bien celui d’interdépendance. Que les ports ne sont pas que des infrastructures physiques, mais bien les cœurs battants du commerce international, les carrefours de croissance et de coopération, où se croisent les idées, les cultures, les talents et les innovations. Qu’aucune nation ne peut, à elle seule, bâtir un réseau maritime durable, mais qu’ensemble, nous pouvons renforcer les capacités portuaires africaines notamment en développant des infrastructures bleues intelligentes, en soutenant la formation technique et la mobilité des talents, et en construisant une chaîne logistique transatlantique plus verte, plus sûre et plus inclusive. Que nous sommes dans un monde où chaque port, chaque corridor logistique, chaque terminal, contribue à la fluidité de l’ensemble.
La motivation première du Forum Canada-Afrique est de partager une vision commune de coopération, d’innovation et de solidarité, afin de bâtir des ponts économiques, technologiques et humains fondés sur la confiance mutuelle et la réciprocité, qui constituent des éléments indispensables à la sécurité collective.
En effet, le Canada qui réalise pourtant que l’Afrique est à sept (7) jours seulement de navigation, par l’océan Atlantique, des côtes Est, n’a pas su développer abondamment son commerce avec le continent africain, qui plafonne à environ 16 milliards de dollars, alors que la Chine, l’Union européenne, les États-Unis et l’Inde ont atteint près de 1 000 milliards de dollars US en 2024, veut absolument rattraper ce retard en investissant davantage dans la diversification de ses marchés et de ses sources d’approvisionnement avec les pays du continent.
Saisissant la balle au bond, la République démocratique du Congo doit se positionner comme la première destination de prospective économique du Canada. En effet, il existe de nombreuses similitudes économiques entre les deux pays. La plupart d’importantes ressources naturelles, en particulier l’exploitation minière et forestière, le potentiel énergétique et pétrolier, d’immenses terres agricoles que possède la République démocratique du Congo, sont également au Canada qui a développé une grande expertise et un savoir-faire qui contribuent à la création de richesse et à la prospérité économique du Canada dans le monde.
S’agissant particulièrement de l’économie bleue, nous pouvons dire brièvement qu’elle englobe la pêche durable, la construction navale, le transport maritime, la recherche océanique, les énergies marines, et représente un levier colossal de croissance économique et de création d’emploi. C’est un thème important qui pose le grand défi de développer le potentiel économique des océans, des mers, des fleuves, des lacs et des rivières tout en assurant la pérennité de ces derniers.
Au Canada, la pêche est une industrie majeure qui implique des activités commerciales, industrielles, récréatives et artisanales. Le pays possède d’abondantes ressources halieutiques sur les côtes atlantique et pacifique. Il possède également de puissants navires frigorifiques de pêche industrielle ayant une capacité de pêche importante. Dans les provinces maritimes notamment, le secteur de la pêche est essentiel à l’économie et génère des revenus importants et la création de nombreux emplois, en particulier dans la pêche commerciale et la transformation des produits de la mer. Cependant, bien qu’elle soit possible toute l’année pour certaines espèces de poissons, la pêche est saisonnière en raison de conditions météorologiques plus froides et des restrictions qui s’appliquent en fonction du type de poissons et de régions.
À contrario, la République démocratique du Congo importe chaque année pour environ 3 milliards de dollars de produits alimentaires, alors que le fleuve Congo offre un potentiel économique inouï de ressources halieutiques, qui est largement sous-exploité, pour ne pas dire inexploité.
Long de 4 700 kilomètres, le fleuve Congo est le deuxième plus long d’Afrique qui abrite au moins 700 espèces de poissons qui, malheureusement, meurent de vieillesse en grand nombre, faute de disposer de chalutiers congélateurs de grande pêche et de navires de pêche industrielle. Et pourtant, une exploitation judicieuse et une gestion durable de ces ressources halieutiques sont essentielles à la consommation humaine et pourraient considérablement améliorer la santé physique et les conditions de vie de millions de Congolais.
Alors, pourquoi la RDC ne peut-elle pas imaginer un partenariat stratégique gagnant-gagnant qui consisterait à conclure un éventuel accord de coopération avec le Canada, qui permettrait de ramener, pendant la période d’hiver, quelques navires canadiens de pêche au large des côtes congolaises. Bien évidemment, un tel partenariat serait bénéfique, à plusieurs égards, dans ce sens qu’il ferait bénéficier aux Congolais les savoirs et les savoir-faire canadiens dans ce domaine, augmenterait de façon considérable les ressources financières de l’État congolais, permettrait de développer ce secteur vital de l’économie nationale et, ultimement, assurerait l’indépendance alimentaire des Congolais.
Nous osons espérer qu’à la prochaine édition, la République démocratique du Congo alignera une délégation importante pour participer aux réflexions stratégiques du Forum Canada-Afrique pour bâtir des ponts non seulement avec le Canada, mais aussi avec d’autres pays africains, en perspective de l’ouverture prochaine du port en eau profonde de Banana.
Le CEO de Pont-Bridge Canada, Monsieur Yaye Peukassa, une firme de relations gouvernementales, de développement des affaires et de promotion des investissements qui œuvre dans le renforcement de la coopération économique entre le Canada et l’Afrique, qui a organisé ce forum avec le soutien du gouvernement du Nouveau-Brunswick, a conclu le forum en ces termes : « Nous avons aujourd’hui la responsabilité et le privilège de bâtir ensemble les ponts du XXIe siècle : des ponts économiques, mais aussi humains, technologiques et culturels. Parce que ce n’est qu’ensemble, en équipe, en réseau, en alliance, que nous pourrons transformer nos ports en moteurs de prospérité durable et nos océans en espaces d’espoir et de coopération ».
De Léon Kengo en 1994 à Félix Tshisekedi en 2025, les promesses d'investissements obtenues des partenaires extérieurs ces 30 dernières années obéissent à la même logique : celle de l'existence d'un ordre institutionnel rassurant !
21 milliards USD pour la RDC, à peine 2 milliards pour le Rwanda : la visite-éclair de l'Émir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani à Kigali le 20 et à Kinshasa le 21 novembre 2025 continue de faire délier les langues dans la Com' de la Fatshisphère. Pourtant, le communiqué final en six points publié à l'issue de l'étape de Kinshasa n'en parle pas. Normal : l'enveloppe est d'un holding privé ayant pour fondateur cheikh Mansour Ben Jabor Ben Jassim Al Thani, membre de la famille royale. Les investissements annonces à l'occasion de son passage à Kinshasa en septembre 2025 visent l’agriculture, les finances, les mines, l’industrie pharmaceutique, les hydrocarbures...
Deux initiatives distinctes
Or, les 6 Protocoles d'Entente (pas encore Accords formels) signés lors de la visite de l'Émir du Qatar concernent :
1. Le domaine des ports entre Qatar Ports Management Company “Mwani Qatar“ de l’État du Qatar et l’Office National des Transports (ONATRA SA) ;
2. Le domaine juridique entre le ministère de la justice de l’État du Qatar et le ministère de la justice de la RDC ;
3. L’exemption des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et passeports spéciaux de la RDC et de l’État du Qatar ;
4. Le mémorandum d’entente entre le Fonds du Qatar pour le développement dans l’État du Qatar et le ministère des Affaires sociales, action humanitaire, etc. ;
5. La coopération dans les domaines de la jeunesse et du sport entre les deux États ; et,
6. L’établissement des consultations politiques sur des questions d’intérêt mutuel entre les ministères des Affaires étrangères de la RDC et du Qatar.
On ne voit pas, à l'analyse de ces protocoles, où sont intégrés les 21 milliards annoncés !
Preuve qu'il n'y a rien à voir ni à avoir entre l'initiative du holding de cheikh Mansour Ben Jabor Ben Jassim Al Thani et la visite de l'Émir Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani.
Il s'agit de deux initiatives distinctes.
...Sur le terrain, pas grand-chose.
LE POTENTIEL (encore !) a visiblement perçu les risques de la confusion en ce que, dans sa livraison de ce mardi 25 novembre 2025 avec pour titré "Qatar-RDC : Une diplomatie des milliards sans investissements réels", il fait ce constat : "L’absence totale de précisions financières confirme que l’annonce relève davantage du souhait que de l’engagement. Aucun document ne mentionne une allocation du fonds souverain qatari, aucune structure de financement n’a été dévoilée, aucun calendrier n’a été fixé, aucun projet n’a été défini, aucun consortium industriel n’a été identifié. Tout ce qui aurait donné un début de crédibilité économique à cette annonce manque. Ce qui reste est une image diplomatique, une phrase lourde de chiffres mais vide de contenu opérationnel. Le Qatar n’a pas engagé 21 milliards. Il a simplement inscrit la RDC sur la longue liste des pays avec lesquels il entretient une relation de façade qui lui coûte peu et lui rapporte beaucoup en visibilité stratégique".
La Communication officielle doit avoir le courage de l'honnêteté.
Et pour cause !
Jusqu'à la veille de son entrée au Gouvernement le 8 août 2025, Adolphe Muzito jurait, la main sur le cœur, qu'aucun investisseur sérieux ne pouvait engager son argent dans un pays où le système politique n'est pas rassurant. C'était en 2019. Probablement qu'il a changé d'avis.
Mais, sur le terrain, la réalité n'a pas varié. En témoigne le nombre insignifiant d'investissements extérieurs opérés dans les 7 zones économiques spéciales installées au pays. Celle de Maluku, par exemple, peine à les attirer malgré toutes les facilités que leur offre l'État congolais dans le cadre de l'amélioration du climat des affaires.
Au cours des 6 dernières années, que d'audiences Félix Tshisekedi et les membres du Gouvernement n'ont-ils pas accordées à des investisseurs extérieurs ici au pays et à l'étranger, en référence à tout ce que rapporte la Com' de Julien Paluku dans le groupe WhatsApp CAJPK !
Pourtant, sur le terrain, pas grand-chose.
Probablement qu'on entend voir...
Sécurisation politique, juridique et judiciaire
Au fait, il n'y a rien d'étonnant ni de nouveau dans le volet Investissements économiques étrangers sur le territoire congolais quand on sait que les derniers à avoir été entrepris par États-Unis en particulier, les Occidentaux en général, remontent aux années 1970-1985 avec, entre autres, le CIS (Consortium Inga-Shaba), Midema, Goodyear, General Motors etc.
Depuis une quarantaine d'années, rien. Plus rien. Ou tout au moins, il y a eu en 2006 TFM (Tenke Fugurume Mining) revendue aux Chinois en 2016.
Au cours des années de la longue Transition (1990-2006), les Occidentaux semblent avoir mis la RDC en jachères dans l'objectif soit de susciter son implosion (balkanisation), soit de lui priver de toute capacité de leadership dans la région Afrique Centrale et dans toutes les sous-régions dont le pays est membre : CEEAC, SADC, EAC, CIRGL...
Au nom des concepts comme les Droits de l'Homme, l'État de droit et la Démocratie appliqués en double standard (condescendance à l'égard de certains régimes africains comme le Rwanda), fermeté à l'égard de la RDC), les Occidentaux avaient cru se complaire dans le désinvestissement.
Il a fallu l'entrée de la Chine dans l'exploitation minière via le contrat sino-congolais pour qu'on assiste au ressaisissement en cours.
Mais, au-delà de cette forme de rattrapage, il y a l'exigence incontournable de la sécurisation politique, juridique et judiciaire pour tous les investisseurs étrangers et même nationaux. Une sécurisation qui ne se discute pas. Elle s'impose.
On a en référence la tentative on ne peut plus suicidaire de Jules Angelete de préconiser la dissolution ou la nationalisation de la SICOMINES SA.
"Qui finance commande"
Ce qui se passe aujourd'hui a de quoi rappeler la première conférence de presse de Léon Kengo, redevenu Premier ministre en 1994 dans le cadre de la mise en place de la 3ème voie (ni Cns, ni CpK). Il avait averti les Zaïrois de ne rien espérer de l'étranger dès lors que le modus operandi adopté par les forces politiques et sociales était la destruction des investissements au nom de la prétendue lutte contre la fameuse dictature d'un certain Mobutu, aujourd'hui remis à la page aux musées nationaux au point d''y inviter l'Émir du Qatar !
Ironie du sort : le parti qui faisait fuir les investisseurs avec des initiatives du genre "Journées Ville Morte" est aujourd'hui au pouvoir. Il peine à les faire venir ou revenir au pays.
La morale à en tirer est que les 21 milliards de dollars promis à la RDC ne seront disponibles que lorsque la sécurité politique, juridique et judiciaire sera consolidée.
Entre-temps, le Rwanda disposera de ses 2 maigres milliards et en fera l'usage qu'il en fera, et cela pour avoir instauré la sécurité politique, juridique et judiciaire !
Comme pour dire de la RDC que son enveloppe à elle est soumise à d'autres considérations. Dont, sans doute et hélas ! La caution de Washington !
Omer Nsongo die Lema
@omernsongo
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Sous la direction du Président de l’Assemblée Nationale, Aimé Boji Sangara, la plénière de ce mardi 18 Novembre 2025 a été marquée par la présentation de l’économie du Projet de Loi de Finances 2026 par la Première Ministre Judith Suminwa. Ce budget, évalué à 59.021 milliards de francs congolais, connaît une progression de 16 % par rapport à 2025 et est présenté en équilibre, en recettes comme en dépenses.
En prenant la parole, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a salué l’élection du Président Aimé Boji et a rendu hommage aux FARDC et aux Wazalendo, soulignant la détermination du Gouvernement à récupérer toute portion du territoire encore sous occupation des groupes armés.
Elle a également relevé que, malgré la baisse des recettes dans l’Est, le taux de change s’est stabilisé autour de 2 300 FC pour 1 dollar, contre 2 800 précédemment.
Le budget 2026 repose sur cinq priorités majeures :
- Sécurité et défense : 11.896 milliards FC
- Développement économique, agriculture, industrie et infrastructures : 11.972 milliards FC
- Éducation, avec la poursuite de la gratuité scolaire : 6.657 milliards FC
- Santé Universelle : 5.579 milliards FC
- Protection sociale : 1.211 milliards FC
La Première Ministre a également précisé la structure du budget :
- Budget général : 53.654 milliards FC
- Budgets annexes : 962 milliards FC
- Comptes spéciaux : 4.404 milliards FC
Le Président Aimé Boji a ensuite donné la suite de la procédure parlementaire, ouvrant l’étape de l’examen détaillé de ce projet de loi qui engage les priorités politiques, sécuritaires et sociales du pays pour l’année 2026. Durant plus de 4heures, les élus du peuple continus à débattre en posant des questions pour comprendre tous les contours de ce Budget.
Le débat se poursuit au sein de l’hémicycle, en attendant les conclusions des élus. Le projet de loi pourrait ensuite être transmis à la Commission Économique et Financière (Écofin) pour un examen approfondi, en vue d’une éventuelle adoption.