L’histoire administrative de la République Démocratique du Congo enregistrera, comme un signal fort, l’inauguration de nouveaux bureaux de la Cellule Technique d’Appui et de Coordination de l’Aménagement du Territoire (CTC-AT). Plus qu’une simple cérémonie de coupure de ruban, l’acte posé par le Ministre de l’Aménagement du Territoire, Jean‑Lucien Bussa, marque une rupture assumée, celle de la fin d’une longue précarité matérielle pour un service pourtant chargé de penser et d’ordonner l’espace national, au profit d’une nouvelle ère dominée par l’exigence de performance, de méthode et de résultats.
En présidant personnellement l’inauguration, le patron de l’Aménagement du territoire a voulu corriger ce que d’aucuns qualifient d’anomalie historique : laisser une structure d’élite, une crème d’intellectuels appelée à dessiner le futur spatial du pays travailler sans un cadre adapté à la hauteur de sa mission. Dans son adresse, Jean‑Lucien Bussa a mis les mots sur une réalité que beaucoup taisaient : l’intelligence, même brillante, ne produit pas de miracles dans un environnement pauvre. Elle a besoin d’outils, de conditions et d’un espace qui libère la réflexion des contraintes matérielles.
« Lorsque vous êtes arrivés, vous n’avez pas trouvé les infrastructures qu’il fallait pour le travail que vous deviez faire. Nous avons considéré que la première des priorités pour nous était de pouvoir vous équiper », a-t-il rappelé, soulignant qu’il s’agissait d’abord d’offrir un cadre de travail capable de soutenir l’ambition publique.
Mais l’essentiel du message de Jean‑Lucien Bussa se situait dans l’après-inauguration. Une fois le décor planté, le Ministre a ramené tout le monde au cœur du sujet : la production intellectuelle attendue. Pour l’exercice 2026, la CTC-AT n’est plus appelée à être présente, mais à produire, orienter, influencer la décision publique et sécuriser les options du cabinet par une expertise technique irréprochable.
« Le cadre est là. Deuxièmement, au-delà de ces cadres il faut du contenu dans votre travail. Sans contenu, vous viendrez au bureau s’asseoir et puis rentrer le soir. Et pourtant il y a du travail », a-t-il martelé, posant le principe d’un nouveau contrat moral : le confort ne sera pas un repos, mais un levier d’efficacité.
Dans cette logique, Jean‑Lucien Bussa a désigné la matrice de tout effort : la loi sur l’aménagement du territoire. Il a demandé aux experts de la CTC-AT de décortiquer ce texte, de s’y immerger scrupuleusement, et d’en tirer la matière première des stratégies opérationnelles. Le Ministre a été clair : inutile d’aller chercher ailleurs ce qui doit fonder la réforme. « La matière est là. Il ne faut pas la chercher, non », a-t-il insisté, faisant de la loi à la fois une bible et une boussole.
Derrière cette injonction, se cache l’ambition de donner à ce ministère un contenu nouveau, documenté, défendable, et surtout utile. Chaque étude, chaque note, chaque proposition de la CTC-AT doit, selon cette vision, servir de socle scientifique à l’action du cabinet, afin que l’intérêt national soit guidé par la rigueur technique et la conformité juridique.
Autre axe fort annoncé : la réorganisation interne, avec une exigence de cohérence institutionnelle. Pour Jean‑Lucien Bussa, la CTC-AT doit devenir un centre nerveux où convergent les données, les analyses et le suivi des structures sous tutelle, dans une interaction fluide avec le Secrétariat général.
A cet effet, il a instruit la mise en place, en toute urgence, de pools spécialisés chargés du suivi rigoureux d’entités comme l’ANAT, l’ONAT et le FONAT. L’objectif est double : améliorer la surveillance technique et créer des passerelles fonctionnelles entre les directions administratives, les services spécialisés et le cabinet. « Il faut caler le pool au niveau de la cellule technique à cette réalité-là », a-t-il expliqué, pour que le suivi du Secrétariat général, l’action du cabinet et l’analyse technique avancent avec une seule logique, sans chevauchements ni angles morts.
Le Ministre a aussi insisté sur une condition non négociable : la transparence. La CTC-AT étant une structure en lien direct avec le cabinet, il faut que les demandes d’appui, les travaux et les contributions se fassent de manière claire, traçable, afin que le Gouvernement bénéficie pleinement des intelligences et de l’expérience rassemblée dans cette cellule.
Une CTC-AT requinquée, un coordonnateur rassuré
Le Coordonnateur national, Jean Zoza O’Lipesu, a été publiquement félicité pour la célérité dans l’exécution des instructions de la tutelle. Lui-même a salué le travail réalisé en un temps record : « C’est un moyen pour cloisonner, meubler, mettre du conditionnement derrière. Il y a beaucoup de travail qui a été fait ici en un rien de temps et grâce à votre soutien ». Avant de rassurer : désormais, avec ce cadre, les agents peuvent se concentrer, suivre les orientations et produire.
Ainsi, l’inauguration des nouveaux bureaux de la CTC-AT représente un point de départ. La fin des excuses, le début des résultats. Jean‑Lucien Bussa a donné l’environnement ; il réclame maintenant la substance.
La Pros.


