(Par Christian Gambotti, Agrégé de l’Université – Président du think tank Afrique & Partage – Président du CERAD)
Lors de son premier mandat, le désintérêt de Trump pour l’Afrique est « assorti d’une ostensible condescendance et d’un mépris confinant à l’insulte », selon Niagalé Bagayoko, présidente de l’ « African Security Sector Network. ». Quelques mois avant la réélection de Donald Trump, le « Projet 2025 », rédigé en novembre 2024 par le think tank ultra-conservateur« Heritage Foundation », ne consacre à l’Afrique que trois paragraphes superficiels centrés sur l’exploitation du potentiel économique d’une « Afrique utile ». Lors de son retour à la Maison Blanche, Trump démantèle l’USAID, ce qui provoque une catastrophe humanitaire sur le continent et il gèle l’AGOA, ce qui met sous pression les exportations africaines vers les Etats-Unis. Pour Niagalé Bagayoko, Trump ne fait qu’aggraver le « “benign neglect” (l’indifférence calculée) qui a toujours caractérisé la politique des présidents américains successifs envers le continent ». Obama, lui-même, avait porté un intérêt limité à l’Afrique, loin de son discours-phare prononcé au Ghana en juillet 2009. L’administration Obama se contente de tenir des discours dont la rhétorique politique diffère de celle de l’administration Bush, sans rien changer sur le fond. L’Afrique reste au second plan des priorités géoéconomiques, géopolitiques et géostratégiques des Etats-Unis, excepté un vague intérêt pour la lutte contre le terrorisme.
Changement de cap avec Trump II
La logique de Trump est cohérente, elle n’est pas erratique, comme le laissent supposer ses multiples volte-face parfois contradictoires. Trump ne se pose qu’une seule question : à quoi ça sert ? A quoi ça sert d’aller en Afrique ? A quoi ça sert de soutenir l’Ukraine ? A quoi ça sert de défendre Taïwan ? A quoi ça sert de frapper massivement l’Iran ? La réponse doit servir les lignes politiques du « MAGA » (Make America Great Again) et de l’« America First ». En répondant à la question « à quoi ça sert ? », voici que l’Afrique apparaît soudain au milieu de l’hyperactivisme de Trump. Le continent figure désormais à son agenda pour deux raisons : les opportunités économiques que représente l’Afrique dans le secteur stratégique des minerais (terres rares) et la nécessité de contrecarrer l’influence chinoise sur le continent. Trump ne s’intéresse pas à la démocratie, aux droits de l’homme et à l’application des principes de bonne gouvernance. Il met en œuvre en Afrique, comme partout dans le monde, une diplomatie transactionnelle dans un cadre bilatéral : appui des Etats-Unis (investissements, sécurité) contre des accords commerciaux, le tout habilement présenté sous les habits du « faiseur de paix ». Le laboratoire de cette stratégie en Afrique a été la République Démocratique du Congo (RDC) dans ses relations conflictuelles avec le Rwanda. Aujourd’hui, Félix Tshisekedi, le président congolais, multiplie les visites à Washington et les émissaires américains se précipitent à Kinshasa. Fin janvier 2026, une liste restreinte de projets miniers a été transmise par Kinshasa à l'administration américaine. Elle doit être examinée par Washington qui va évaluer l'opportunité d'investir en RDC dans le cadre du partenariat sur les minerais stratégiques.
Visite de chefs d’Etat africains à Washington, retour de l’aide humanitaire, dégel de l’AGOA
Visite de chefs d’Etat africains à Washington - Du 9 au 11juillet 2025, Donald Trump a reçu à Washington cinq chefs d’Etat africains dont les pays (Sénégal, Mauritanie, Guinée-Bissau, Gabon et Liberia), qui ne sont pas des poids lourds de l’économie africaine, présentent un intérêt majeur dans le secteur stratégique des minerais. Le président américain veut multiplier les « deals » en Afrique, dans un cadre bilatéral, afin de contrer la forte présence chinoise dans les mines africaines.
Retour de l’aide humanitaire – Il n’y a pas de retour en arrière sur la suppression de l’aide humanitaire américaine en Afrique. Le démantèlement de l’USAID est confirmé. Mais, si la diplomatie philanthropique multilatérale disparaît avec Trump, l’administration américaine relance certains programmes d’aide humanitaire pays par pays en fonction des seuls intérêts américains. L’aide humanitaire relève, là encore, de la diplomatie transactionnelle entre Washington et les Etats africains.
Dégel de l’AGOA – Lancé en 2000 par Washington, sous la présidence du démocrate Bill Clinton, l'African Growth and Opportunity Act (AGOA) est un accord commercial qui permet à de nombreux produits africains d'accéder au marché américain sans droits de douane, A l’automne dernier, sous le mandat Trump, l’AGOA n’avait pas été renouvelé pour deux raisons : une raison technique, les Etats-Unis étaient en pleine paralysie budgétaire et une raison politique qui consiste à vouloir aligner le commerce sur la politique « America first » du président américain, L’objectif étant de résorber l’abyssal déficit budgétaire des Etats-Unis, Trump veut revoir tous les accords commerciaux signés par son pays en faisant des droits de douane un moyen de pression, y compris pour les pays émergents. La réactivation de l'AGOA pour une année, jusqu’en décembre 2026, est évidemment une bonne nouvelle pour une trentaine d’Etats africains. Mais, il ne s’agit pas d’un retour qui viendrait consolider l’AGOA lancé il y a 25 ans, afin d’en faire, de façon définitive, un outil de développement, sur une longue durée, pour les pays émergents. Jamieson Greer, le représentant au commerce de la Maison Blanche, a bien précisé qu’il s’agit de « moderniser » ce programme, afin de l'aligner sur la politique commerciale « America First » de Donald Trump. Cette courte pause doit permettre de mettre en œuvre, sur le long terme, de nouvelles stratégies d’exportation des produits américains en Afrique.
L’intérêt soudain de Trump pour l’Afrique est-il une bonne nouvelle ?
L’intérêt que porte Trump à l’Afrique est une bonne nouvelle, car, parmi la trentaine de pays bénéficiaires du dégel de l’AGOA, chaque Etat, dans un cadre bilatéral, peut à nouveau accéder au marché américain et exporter ses produits sans droits de douane, ce qui représente une bouffée d’oxygène. Mais, il ne faut pas oublier l’arrière-pensée de Trump, qui, à travers les mécanismes de la diplomatie transactionnelle, cherche à offrir dès à présent un meilleur accès au marché africain aux entreprises, aux agriculteurs et aux éleveurs américains.
La bonne nouvelle est plutôt la suivante : face à l’épuisement des partenariats hérités du vieux monde et aux appétits des empires (Chine, Russie, Etats-Unis) qui veulent s’emparer du continent, l’Afrique doit s’engager dans une diversification stratégique de ses partenaires. Trump est le révélateur des dysfonctionnements du monde pré-trumpien qui ont retardé le développement du continent. Obligés de sortir de la paresse intellectuelle qui les a conduits à s’enfermer dans une culture de l’aide (Aide Publique au Développement, endettement, prêts chinois), les dirigeants africains doivent désormais bâtir des stratégies de développement endogène (transformation locale) et développer le commerce intra-africain, ce que ne permet pas encore la ZLECAf.
Christian Gambotti
Agrégé de l’Université – Président du think tank Afrique & Partage – Président du CERAD (Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Afrique de Demain) - Directeur général de la Tigui Foundation (Abidjan) – Chroniqueur, essayiste, politologue. Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
À 12h01 (heure de Beijing) le 31 janvier 2026, sous un ciel dégagé au Centre de lancement de satellites de Jiuquan, la fusée Longue Marche-2C, transportant le satellite de télédétection Algérie-3B, a été lancée avec succès. Peu après, le satellite a atteint sa trajectoire prévue, marquant la réussite complète de la mission de lancement.
(Lancement du satellite de télédétection Algérie-3B, transporté par la fusée Longue Marche-2C. Source : Agence Xinhua)
En réalité, 16 jours plus tôt, à 12h01 le 15 janvier, une fusée du même modèle avait déjà placé avec succès le satellite de télédétection Algérie-3A sur sa trajectoire. Aujourd'hui, la constellation formée par les satellites 3A et 3B a mis en place un système d'observation par télédétection à haute précision couvrant l'ensemble du territoire algérien, injectant une dynamique puissante au développement de ce pays d'Afrique du Nord.
(Lancement du satellite de télédétection Algérie-3B, transporté par la fusée Longue Marche-2C. Source : Agence Xinhua)
Après le lancement, les dirigeants des deux pays ont échangé des messages de félicitations. Le président chinois Xi Jinping a indiqué que ce projet, après le satellite de communication Algérie-1, constituait une nouvelle coopération fructueuse entre la Chine et l'Algérie dans le domaine de l’aérospatial, et une manifestation importante du partenariat stratégique global qui lie les deux pays.
En effet, en remontant le parcours de la coopération aérospatiale sino-algérienne, on constate que la graine de l'amitié a été semée dans l'espace dès 2017. Le 11 décembre de cette année-là, le satellite de communication Algérie-1, développé par la Chine pour l'Algérie, a été lancé avec succès. Il a complètement transformé la situation du réseau de communication algérien, couvrant l'ensemble de son territoire et les régions voisines, jouant un rôle clé dans les domaines de la radiodiffusion et de la télévision, des communications d'urgence, de l'enseignement à distance, etc.. Il permet aux populations de la périphérie du Sahara de bénéficier de services d'information pratiques.
(Lancement du satellite de communication Algérie-1. Source: Agence Xinhua)
Les satellites de télédétection Algérie-3A et 3B lancés récemment seront principalement utilisés pour l'aménagement du territoire et la prévention et atténuation des catastrophes. Avec une résolution panchromatique de 0,5 mètre, atteignant le niveau international avancé, ils revêtent une signification profonde pour l'Algérie, un pays de vaste étendue dont plus des quatre cinquièmes du territoire sont couverts par le désert.
Si l'on devait définir les caractéristiques de la coopération sino-algérienne dans le domaine de l’aérospatial jusqu'à présent, il s'agit du principe constant de «soutien mutuel, égalité et mutualisme». Dès juillet 2023, la China Great Wall Industry Corporation, filiale du China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC), en tant que maître d'œuvre, a signé un contrat avec l'Agence spatiale algérienne, s'engageant à livrer en orbite deux satellites optiques de télédétection, ainsi qu'à fournir un système terrestre complet, une formation technique, etc. — Il ne s'agit pas d'une simple «exportation de satellites», mais d'une capacité d'autonomie profonde, symbolisée par l'expression chinoise «enseigner à un homme à pêcher».
La partie chinoise a non seulement aidé l'Algérie à construire la station de réception terrestre d'Alger, mais aussi formé la première génération d'ingénieurs algériens en télédétection capables d'effectuer indépendamment la planification des missions satellitaires, la réception et le traitement des données. Cela a permis à l'Algérie de réaliser une transition véritable de «l'achat de satellites» à «l'utilisation des satellites et la maîtrise des technologies», brisant le blocus et les contraintes imposés par l'Occident sur les technologies de télédétection à haute résolution.
La présente mission de lancement suit le même principe: aucune condition politique n'a été imposée. La partie chinoise respecte les besoins de développement de l'Algérie, l'aide à développer des capacités aérospatiales autonomes et à parvenir à une maîtrise indépendante des technologies aérospatiales.
Dans le cadre du 15e Plan quinquennal (2026-2030), la Chine inscrit pour la première fois l'objectif de «devenir une puissance aérospatiale» dans un plan quinquennal. Cependant, cette ambition n'est pas axée sur la monopolisation et l'exclusivité. Au contraire, le plan souligne le principe de «coopération ouverte et gagnant-gagnant». L'Agence spatiale chinoise et le Bureau de l'Ingénierie spatiale habitée chinois ont également clairement indiqué qu'ils souhaitaient promouvoir la coopération internationale dans des domaines tels que la station scientifique lunaire et l'exploration de l'espace lointain, partager les ressources de la Station spatiale Tiangong et créer une plateforme pratique de la communauté de destin pour l'humanité dans l'espace.
En tant qu'exemple typique de la vision de coopération aérospatiale, la mission de lancement du satellite de télédétection Algérie-3B est le 629e vol de la série de fusées Longue Marche. Elle témoigne de la maturité et de la stabilité des technologies aérospatiales chinoises, et ouvre une nouvelle voie pour permettre aux pays en développement de réaliser leurs rêves aérospatiaux grâce à une coopération équitable.
Pour la douzième année d’affilée, et la treizième fois en quatorze ans, l’Afrique subsaharienne francophone a globalement affiché en 2025 la croissance économique la plus élevée d’Afrique subsaharienne, tout en demeurant la partie la moins touchée par l’inflation et l’endettement. Cette triple performance devrait de nouveau se répéter en 2026.
À partir des dernières données publiées par la Banque mondiale au mois de janvier, dans le cadre de son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales, l’Afrique subsaharienne francophone a réalisé en 2025 les meilleures performances d’Afrique subsaharienne en matière de croissance, dont elle a été le moteur continental pour la douzième année consécutive et la treizième fois en quatorze ans. Cet ensemble de 22 pays a ainsi enregistré une croissance globale de 4,9 %, tandis que le reste de l’Afrique subsaharienne a enregistré un taux de 3,4 %.
Dans le même temps, et à partir des dernières estimations du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone a continué, comme depuis plusieurs décennies, d’afficher le niveau d’inflation le plus faible avec un taux estimé à seulement 4,0 %, contre 17,4 % pour l’Afrique subsaharienne non francophone. Enfin, et toujours selon les données du FMI, l’Afrique subsaharienne francophone continue à maîtriser son endettement en affichant le niveau le plus faible en la matière en Afrique subsaharienne pour la neuvième année d’affilée, avec une dette publique estimée à 51,6 % du PIB en 2025, creusant ainsi l’écart avec le reste de l’Afrique subsaharienne (64,6 %).
Une croissance globale de 4,9 % en 2025, portée par de nombreux pays dynamiques
La croissance économique en Afrique subsaharienne francophone a donc connu une légère baisse par rapport à 2024, lorsqu’elle s’était établie à 5,2 %. De son côté, l’Afrique subsaharienne non francophone a observé une hausse de son rythme de croissance, qui était de 2,9 % en 2024.
En zone CFA, qui regroupe 13 des 22 pays francophones (dont la Guinée équatoriale, ancienne colonie espagnole et partiellement francophone), ainsi que la Guinée Bissau (lusophone et ancienne colonie portugaise), et qui rassemble 55 % de la population de l’Afrique francophone subsaharienne (et 44 % de celle de l’ensemble de l’Afrique francophone), la croissance est passée de 5,0 % en 2024 à 4,9 % en 2025. Au sein de cette zone, l’espace UEMOA a continué à se distinguer avec une évolution globale de 6,1 %, comme en 2024, confirmant ainsi son statut de plus vaste zone de forte croissance du continent (avec désormais le reste de l’Afrique de l’Ouest francophone), alors même qu’il n’en est pas la partie la plus pauvre (l’Afrique de l’Est étant la partie la moins développée du continent). Pour sa part, l’espace CEMAC, qui compte notamment trois importants producteurs d’hydrocarbures, a de nouveau fait baisser la moyenne globale de la zone CFA, avec un taux de croissance de 2,9 % (contre 3,0 % en 2024).
Quant à la croissance observée en Afrique subsaharienne hors zone CFA, celle-ci s’est élevée 3,5 %. Un taux une nouvelle fois tiré vers le haut par les pays francophones s’y trouvant, et dont la croissance globale a été de 5,0 %. La partie francophone de l’Afrique de l’Est, qui se situe justement en dehors de la zone CFA, a enregistré une progression globale de son PIB de 3,8 %.
Par ailleurs, six des dix plus fortes croissances réalisées en 2025 l’ont été par des pays francophones (contre sept en 2024), à savoir la Guinée (première du classement avec un taux de 7,5 %), le Bénin (deuxième, avec un taux de 7,3 %), le Niger, classé en cinquième position (6,5 %) et immédiatement suivi par le Sénégal (6,4 %) et la Côte d’Ivoire (6,3 %), et enfin Djibouti (dixième, 6,0 %). Le premier pays non francophone, l’Éthiopie, arrive en troisième position (7,2 %). Il convient là de noter que ce classement n’intègre pas le cas très particulier du Rwanda, qui ne peut plus être pris en compte dans les classements économiques africains étant donné que ses performances officielles (7,0 % en 2025) sont largement faussées par le pillage massif des richesses de la RDC voisine, qui représentent désormais près de 50 % des exportations rwandaises de biens (et régulièrement accompagné de massacres de populations civiles). Un cas unique au monde, permis par une protection des États-Unis… et par le silence de la quasi-totalité des pays africains. Par ailleurs, cette injustice n’empêche pas le Rwanda de demeurer parmi les pays les plus pauvres du continent, avec un PIB par habitant de seulement 1 000 dollars exactement en 2024 (classé 38e en Afrique, selon les dernières données disponibles auprès de la Banque mondiale, après intégration d’une mise à jour concernant le Soudan du Sud, pays le plus pauvre d'Afrique).
Les quatre premières économies de l’Afrique subsaharienne francophone ont continué à enregistrer une croissance économique globalement assez vigoureuse. La Côte d’Ivoire, la RDC, le Cameroun et le Sénégal, ont ainsi affiché, respectivement, un taux de 6,3 %, 5,1 %, 3,7 % et 6,4 %. De leur côté, les quatre premières économies d’Afrique subsaharienne non francophone, à savoir l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Éthiopie et le Kenya, ont respectivement réalisé les performances suivantes : 0,8 %, 4,2 %, 7,2 % et 4,9 %. Le Nigeria a ainsi dépassé la barre des 4 % pour la troisième fois seulement depuis 2015.
Par ailleurs, il convient de préciser que la RDC, souvent présentée comme étant la seconde économie d’Afrique subsaharienne francophone (en termes, donc, de PIB nominal, dont le volume dépend en bonne partie de la taille démographique du pays, plutôt que de son dynamisme économique), est en réalité la première économie de la zone. En effet, son PIB demeure très largement sous-estimé, étant donné que la RDC est l’un des rares pays africains, et même le seul parmi les vingt premières économies du continent, à s’appuyer sur une base de calcul vieille de deux décennies (2005 pour année de référence). Une mise à jour de cette méthode totalement obsolète permettrait donc de presque doubler le PIB du pays, le propulsant ainsi à un niveau comparable à ceux de l’Éthiopie et du Kenya, et permettant également à la RDC de dépasser le Nigeria en matière de PIB par habitant.
Sur la période 2014-2025, la croissance annuelle de l’Afrique subsaharienne francophone s’est donc établie à 4,1 % (et même à 4,4 % hors cas particulier de la Guinée équatoriale), contre seulement 2,1 % pour l’Afrique subsaharienne non francophone. Ce taux a été de 3,9 % pour la zone CFA (4,4 % également hors Guinée équatoriale), et de 2,2 % pour l’Afrique subsaharienne hors zone CFA (dont la partie francophone a connu une croissance annuelle de 4,6 %). Sept des dix plus fortes croissances réalisées sur cette décennie l’ont été par des pays francophones, à savoir la Côte d’Ivoire (6,3 % et deuxième du classement), suivie de la troisième à la huitième place par la Guinée (6,1 %), le Niger (5,8 %), la RDC (5,8 %), le Bénin (5,7 %), Djibouti (5,6 %) et le Sénégal (5,5 %). Les pays non francophones étant l’Éthiopie (première, avec un taux de 7,8 %), la Tanzanie (5,4 %, neuvième) et l’Ouganda (5,0 %). La bonne performance de l’Éthiopie s’explique en bonne partie par le fait qu’elle était encore le deuxième pays le plus pauvre du monde en 2012 et qu’elle demeure aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du continent, avec un PIB par habitant de seulement 1 134 dollars en 2024, la classant ainsi à la 32e place (selon les dernières données disponibles auprès de la Banque mondiale). Ce qui permet d’atteindre facilement des taux de croissance très élevés.
Les quatre premières économies francophones, la Côte d’Ivoire, la RDC, le Cameroun et le Sénégal, ont respectivement enregistré une croissance annuelle de 6,3 %, 5,8 %, 3,7 % et 5,5 %. Pour leur part, l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Éthiopie et le Kenya, ont respectivement connu une progression annuelle de 0,8 %, 1,9 %, 7,8 % et 4,7 %. Pour rappel, l’Angola faisait partie de ces quatre premières économies, avant d’être dépassée par le Kenya et l’Éthiopie en 2016. En effet, ce grand pays pétrolier et important producteur de diamants (deuxième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne et quatrième producteur mondial de diamants), a enregistré une croissance annuelle de seulement 0,9 % sur la période 2014-2025. Ainsi, et malgré ses énormes richesses naturelles, l’Angola a également été dépassée par la Côte d’Ivoire en matière de PIB par habitant, malgré une production pétrolière 31 fois supérieure en 2024 (1,1 million de barils par jour en moyenne, contre près de 37 mille seulement). Par ailleurs, la Côte d’Ivoire vient également de réaliser l’exploit de dépasser la Tanzanie en matière de PIB nominal (qu’elle dépassait déjà depuis longtemps en matière de PIB par habitant), malgré une population deux fois inférieure.
Le Nigeria et l’Afrique du Sud, gros producteurs de matières premières, continuent de souffrir de graves problèmes structurels, aggravés par un niveau élevé de corruption, de détournements de fonds et de criminalité. Ces deux pays se sont même appauvris au cours de la période 2014-2025, ayant affiché des taux de croissance régulièrement inférieurs à leur croissance démographique (1,9 % contre 2,4 % en moyenne annuelle pour le Nigéria, et 0,8 % contre 1,2 % pour l’Afrique du Sud. Cette mauvaise santé économique s’est donc naturellement répercutée sur la valeur de la monnaie nationale, qui a connu une forte dépréciation face au dollar au cours de la période, et en particulier pour le Nigeria (baisses de 36 % et 89 %, respectivement).
Bien que le Nigeria soit le premier producteur africain de pétrole depuis plusieurs décennies, le pays n’est toujours pas parvenu à diversifier son économie, dont les exportations reposent encore à environ 90 % sur les hydrocarbures. Aujourd’hui, et malgré de colossaux revenus pétroliers accumulés depuis son indépendance, le Nigeria affiche le plus faible niveau d’espérance de vie au monde (estimée à 54,5 ans en 2023, selon les dernières données de la Banque mondiale), et le sixième taux le plus élevé en matière de mortalité infantile. Par ailleurs, il est également à noter que le pays demeure très en retard en matière d’électrification, avec un taux d’accès à l’électricité de seulement 61,2 % de la population fin 2023 (selon les critères de la Banque mondiale). Enfin, la valeur de sa monnaie par rapport au dollar a été divisée par près de 2 200 fois depuis sa création en 1973, soit une dépréciation supérieure à 99,9 % (à la date du 01 janvier 2026).
En Afrique du Sud, l’économie demeure fragilisée, entre autres, par un niveau record de criminalité (plus de 26 000 homicides en 2024) ainsi que par d’importants délestages dépassant parfois les dix heures par jour dans les grandes villes du pays. Le pays affiche un taux d’accès à l’électricité de 87,7 % en 2023, contre, par exemple, 100 % au Maghreb (et avec une quasi-absence de délestages). Quant à l’Éthiopie, le pays semble s’être remis de la terrible guerre civile ayant provoqué la mort d’environ 600 000 personnes en seulement deux ans, entre novembre 2020 et novembre 2022 (soit, en si peu de temps, plusieurs fois davantage que le nombre de victimes enregistrées dans la totalité des conflits observés dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne anciennement française sur les 65 dernières années). Enfin, le Kenya a réussi à surmonter une partie de ses graves difficultés économiques post-Covid, qui s’étaient notamment traduites par un effondrement des réserves de change, d’importantes coupes budgétaires et l’incapacité provisoire de payer un certain nombre de fonctionnaires. Toutefois, les tensions sociales et politiques y demeurent assez vives, débouchant régulièrement sur de violentes manifestations, durement réprimées.
En Afrique de l’Ouest francophone
L’Afrique de l’Ouest francophone a affiché une croissance de 6,1 % en 2025, comme en 2024. Pour sa part, la zone UEMOA, qui recouvre les pays francophones de la région à l’exception de la Mauritanie et de la Guinée (et qui est composée de huit pays, dont la lusophone Guinée-Bissau, très francophonophile et très faiblement peuplée), a vu également son PIB augmenter de 6,1 %, après une évolution de 6,1 % également un an plus tôt (les taux indiqués sont identiques, lorsqu’arrondis à une décimale).
Les trois premières économies francophones d’Afrique de l’Ouest, à savoir la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Guinée ont enregistré une progression du PIB de 6,3 %, 6,4 % et 7,5 %, respectivement, en 2025 (contre 6,0 %, 6,1 % et 5,4 % en 2024). Pour sa part, le Bénin, qui connaît une industrialisation à grande vitesse (comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal, qui dépassait déjà le Nigeria dans le dernier classement continental publié par la Banque africaine de développement, fin 2022), a enregistré la plus forte croissance de la zone UEMOA, en affichant un taux de 7,3 %, après une progression de 7,5 % en 2024.
Avec une croissance annuelle de 5,6 % en moyenne sur la période 2014-2025, l’espace UEMOA confirme ainsi son statut de plus vaste zone de forte croissance du continent (avec désormais le reste de l’Afrique de l’Ouest francophone également), en dépit des problèmes sécuritaires observés dans trois pays sahéliens, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Grâce à leur dynamisme économique, et malgré leurs richesses naturelles considérablement inférieures, même proportionnellement à la population, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Bénin et le Togo ont réussi l’exploit de dépasser le Nigeria en termes de PIB par habitant, en affichant respectivement des niveaux de 2 728 dollars, 1 773 dollars, 1 485 et 1 119 dollars en 2024, selon les dernières données disponibles auprès de la Banque mondiale, contre seulement 1 084 dollars pour le Nigeria. Et ce, malgré le fait de ne pas avoir produit la moindre goutte de pétrole en ce qui concerne le Sénégal, le Bénin et le Togo, et malgré une production pétrolière 37 fois inférieure pour la Côte d’Ivoire (près de 37 000 barils par jour en 2024, contre 1,34 million).
La supériorité économique incontestable au niveau continental de la zone UEMOA, qui s’appuie notamment sur le franc CFA (au passage, fabriqué à l’étranger de la même manière que la Guinée, la Mauritanie, le Ghana, l’Éthiopie ou encore la Tanzanie font fabriquer leur monnaie en Angleterre ou en Allemagne), explique probablement le refus systématique, année après année, des pays de la zone dite de l’AES de sortir du franc CFA (« L’Alliance des États du Sahel », regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger). Et ce, alors que la Mauritanie, la Guinée ou encore Madagascar en étaient sortis en seulement une année, il y a déjà quelques décennies (tout comme le Mali en 1962, avant d’y revenir en 1984…).
Par ailleurs, il convient de souligner que le statut de zone la plus dynamique du continent constitue une très bonne performance pour l’UEMOA, étant donné que la région la plus pauvre du continent, et qui devrait donc connaître la croissance la plus élevée, est l’Afrique de l’Est. Ainsi, à titre d’exemple, et en dehors de la francophone Djibouti, seul un pays d’Afrique de l’Est continentale affichait au terme de l’année 2024 un PIB par habitant dépassant la barre, pourtant bien basse, des 1 200 dollars, à savoir le Kenya (2 132 dollars, suivi loin derrière par la Tanzanie, 1 187 dollars). Dans le même temps, trois pays francophones de l’espace UEMOA réalisent cette performance, en l’occurrence la Côte d’Ivoire (2 728 dollars), le Sénégal (1 773) et le Bénin (1 485). Et même cinq pays pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest francophone, en tenant compte de la Mauritanie et de la Guinée, aux importantes richesses minières (et auxquels s’ajoutent, pour toute l’Afrique de l’Ouest continentale, le Nigeria pétrolier et le Ghana, important producteur de pétrole et premier producteur africain d’or).
De plus, l’Afrique de l’Est est également la partie la plus instable du continent, puisque l’on y trouve notamment les pays ayant connu les conflits les plus meurtriers de la dernière décennie, proportionnellement à leur population (l’Éthiopie, le Soudan du Sud et le Soudan, actuellement ravagé par une guerre civile ayant déjà fait plus de 160 000 morts en moins de deux ans, soit davantage que le nombre de victimes enregistré dans la totalité des conflits observés dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne anciennement française depuis 1960). Des conflits auxquels s’ajoutent un certain nombre de problèmes sécuritaires (terrorisme islamique en Somalie, dans le nord du Mozambique, en Ouganda…), de tensions interethniques (comme en Éthiopie, où elles avaient déjà provoqué la mort de nombreuses personnes avant même le début de la dernière guerre civile), ou sociales comme Afrique du Sud (plus de 26 000 meurtres enregistrés en 2024).
Par ailleurs, et grâce à une croissance de 6,3 % en moyenne sur la période 2014-2025, la Côte d’Ivoire est sur le point de devenir le premier pays africain disposant d’une production globalement assez modeste en matières premières non renouvelables, à dépasser en richesse un pays d’Amérique hispanique, à savoir le Nicaragua dont le PIB par habitant a atteint 2 847 dollars en 2024 (hors très petits pays africains de moins de 1,5 million d’habitants, majoritairement insulaires et ne pouvant être pris en compte pour de pertinentes comparaisons). Toutefois, la Côte d’Ivoire dépasse déjà plusieurs pays asiatiques, comme la Birmanie, le Bangladesh ou le Pakistan.
Les bonnes performances de l’Afrique de l’Ouest francophone s’expliquent principalement par les nombreuses réformes entreprises par les pays de la région, aussi bien sur le plan économique qu’en matière de bonne gouvernance. Des plans de diversification ont ainsi été mis en place, et un effort particulier a été réalisé afin d’améliorer le climat des affaires. Un effort grâce auquel plusieurs pays ont fait un bon considérable dans les classements internationaux en la matière, comme dans celui que publiait la Banque mondiale jusqu’en 2019 (édition 2020). En effet, et entre les éditions 2012 et 2020 de ce classement, d’importantes progressions avaient notamment été enregistrées par le Togo (passé de la 162e à la 97e place mondiale), la Côte d’Ivoire (de la 167e place à la 110e place), le Sénégal (de la 154e à la 123e) ou encore le Niger (passé de la 173e à la 132e place, talonnant ainsi le Nigeria, 131e). Pays francophone le moins bien classé d’Afrique de l’Ouest, la Guinée était toutefois passée de la 179e à la 156e place sur la même période.
À titre de comparaison, il convient de savoir, par exemple, que le Nigeria, l’Éthiopie et l’Angola (qui faisait partie des quatre premières économies subsahariennes) se classaient à la 131e, 159e et 177e place, respectivement. Par ailleurs, il est à noter que plus aucun pays francophone ne figurait aux six dernières places de ce classement international, alors majoritairement occupées par des pays anglophones. Quant au nouveau classement publié en la matière par la Banque mondiale, depuis 2024 (recouvrant à ce stade la moitié des pays du monde, et se basant sur une méthodologie différente de celle du précédent, qui avait suscité certaines polémiques), celui-ci indique la présence de six pays francophones parmi les dix premiers pays du continent, dont non moins de quatre pays pour la seule Afrique de l’Ouest francophone, à savoir le Togo (4e), le Bénin (5e), le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
Dans un autre registre, et mis à part l’année 2020, particulièrement marquée par la pandémie, il est utile de souligner que la croissance économique de l’Afrique de l’Ouest francophone est globalement et régulièrement deux fois supérieure à sa croissance démographique, contredisant ainsi certaines théories assez médiatisées. Grâce au cadre favorable instauré par les différentes réformes en matière d’économie et de bonne gouvernance, cet essor démographique contribue donc à son tour au dynamisme économique, en permettant notamment au marché intérieur de ces pays d’atteindre une masse critique nécessaire au développement de nombreuses activités. Il convient d’ailleurs de rappeler que la plupart des pays francophones de la région demeurent encore assez faiblement peuplés. À titre d’exemple, la Guinée et le Burkina Faso, légèrement plus étendus que le Royaume-Uni (et non deux à trois fois plus petits comme l’indique la majorité, bien trompeuse, des cartes en circulation dans les médias ou encore dans les établissements publics ou privés), ne comptent respectivement que 15 et 24 millions d’habitants, contre près de 70 millions pour le Royaume-Uni. Quant à la Côte d’Ivoire, un tiers plus étendue mais ne comptant que 31 millions d’habitants, elle abriterait aujourd’hui une population de 92 millions d’habitants si elle était proportionnellement aussi peuplée que le Royaume-Uni.
En Afrique centrale francophone
La croissance globale en Afrique centrale francophone a atteint 3,6 % en 2025, en baisse par rapport au taux de 4,1 % enregistré l’année précédente. Une évolution qui résulte de la mauvaise performance de la Guinée équatoriale, cas très particulier et dont le PIB s’est de nouveau contracté (- 1,6 %).
Au Cameroun, qui dispose de l’économie la plus diversifiée de la région, la croissance s’est établie à 3,7 %, en hausse par rapport à 2024 (3,5 %). Grâce à une progression annuelle de son PIB près de deux fois supérieure à celle du Nigeria voisin au cours des douze dernières années (3,7 % contre 1,9 %), le Cameroun a réussi l’exploit de dépasser ce pays en termes de richesse par habitant, malgré une production pétrolière vingt fois inférieure sur la période 2014-2025. Le Cameroun dépasse même désormais très largement le Nigeria, avec un PIB par habitant de 1 830 dollars en 2024, contre seulement 1 084 dollars.
Pour sa part, la République démocratique du Congo (RDC), première économie d’Afrique centrale francophone, a enregistré une croissance de 5,1 %, en baisse par rapport à 2024 (6,5 %), notamment à cause du pillage des richesses de l’est du pays par le Rwanda. Après une longue période de stagnation, il est à noter que la RDC est désormais engagée dans un vaste processus de réformes administratives, fiscales et juridiques, entamé en 2020 et étant le plus sérieux et ambitieux depuis la chute de Mobutu en 1997, et même, en réalité, depuis les premières années de l’indépendance du pays. Ces réformes, qui commencent à porter leurs fruits (avec, par exemple, l’augmentation de 130 % du montant de la TVA collectée rien qu’en 2021, grâce à l’informatisation de la procédure), devraient aider ce pays, où l’État est encore faiblement présent dans certaines parties du vaste territoire national, à continuer d’enregistrer une croissance robuste dans les prochaines années.
Par ailleurs, il convient de rappeler que le PIB de la RDC demeure très largement sous-estimé, étant donné que celle-ci est l’un des rares pays africains, et même le seul parmi les vingt premières économies du continent, à s’appuyer sur une base de calcul vieille de deux décennies (2005 pour année de référence). Une mise à jour de cette méthode totalement obsolète permettrait donc de presque doubler le PIB de la RDC, le propulsant ainsi à un niveau comparable à ceux de l’Éthiopie et du Kenya, et permettant également au pays de dépasser le Nigeria en matière de PIB par habitant.
En zone CEMAC (dont ne fait pas partie la RDC), la hausse du PIB s’est établie à 2,9 % en 2025, stable par rapport à l’année précédente (3,0 %). Au Gabon, le taux de croissance a atteint 3,1 %, contre 3,4 % un an plus tôt. Grâce aux grandes avancées réalisées au cours de la dernière décennie en matière de diversification, de bonne gouvernance et de facilitation des affaires, ce pays d’Afrique centrale a consolidé son statut de pays le plus riche d’Afrique continentale, avec un PIB de 8 230 dollars par habitant en 2024, devant le Botswana, deuxième producteur mondial de diamants, après la Russie (7 696 dollars).
Si le Gabon et le Cameroun s’emploient à réformer et à diversifier leur économie, force est de constater que pareils efforts n’ont pas encore été réellement entrepris au Congo voisin, qui a connu une longue période de léthargie. Toutefois, le pays semble enfin renouer progressivement avec la croissance, avec une progression du PIB de 2,9 % en 2025 (et 2,6 % en 2024). Le chemin reste néanmoins encore assez long pour ce pays qui demeure le deuxième pays le plus endetté d’Afrique subsaharienne francophone, et le cinquième en Afrique subsaharienne, malgré une importante production pétrolière. Le Congo-Brazzaville gagnerait donc à s’inspirer de certains de ses voisins, et notamment du Gabon avec lequel il partage nombre de points communs (caractéristiques géographiques et climatiques, hydrocarbures, faible population…).
Par ailleurs, et pour revenir à la Guinée équatoriale, ce pays constitue un cas très particulier qu’il convient régulièrement de rappeler afin d’éviter toute fausse interprétation des statistiques régionales depuis presque une décennie. Peuplé de deux millions d’habitants, et un peu moins étendu que la Belgique, ce petit territoire, partiellement francophone et ancienne colonie espagnole, était subitement devenu l’un des principaux producteurs africains de pétrole à la fin des années 1990, avant de voir rapidement sa production commencer à décliner grandement quelques années plus tard. N’étant pas encore parvenu à diversifier suffisamment son économie, il a donc connu une chute presque ininterrompue de son PIB depuis 2015, affichant une croissance annuelle négative de -3,5 % sur la période 2014-2025.
En Afrique de l’Est francophone
La croissance globale de cette partie du continent s’est établie à 3,8 % en 2025, contre 4,4 % l’année précédente. Maurice et les Seychelles, où le secteur touristique occupe une place particulièrement importante, ont enregistré une croissance de 3,0 % et de 3,2 %, respectivement (contre 4,7 % et 2,9 % en 2024). Pour rappel, et ayant la particularité d'être considérés à la fois comme francophones et anglophones (pour avoir connu une double présence française et britannique, successivement), Maurice et les Seychelles sont comptabilisés aussi bien pour le calcul des taux de croissance, d'inflation et d'endettement globaux de l'Afrique subsaharienne francophone que pour ceux du reste de l'Afrique subsaharienne. Toutefois, ceci n’a le plus souvent aucune incidence sur les résultats obtenus (arrondis à une décimale), compte tenu du poids économique extrêmement faible de ces deux pays, qui ne totalisent que 1,4 million d’habitants, au sein des deux ensembles cités.
De son côté, Madagascar, pays le plus peuplé et première économie de la zone (en termes de PIB nominal), a réalisé une croissance de 4,0 % (contre 4,2 % un an plus tôt). Quant au Burundi, ce pays voisin de la RDC semble être enfin sorti d’une longue période de stagnation économique, en ayant pour la première fois depuis 2015 franchi la barre des 4 %, avec un taux de 4,6 % en 2025 (contre 3,9 % un an plus tôt). Une amélioration que l’on observe depuis la fin du régime de Pierre Nkurunziza, en juin 2020, et dont les quinze années passées au pouvoir s’étaient caractérisées par une absence quasi totale de réformes, ainsi que par une gouvernance particulièrement inadaptée.
Afin d’accélérer leur croissance, Madagascar et le Burundi, qui ne manquent pas d’atouts, gagneraient à s’inspirer des nombreux pays francophones du continent ayant réalisé de très importantes avancées en matière de bonne gouvernance, de diversification et d’amélioration du climat des affaires. Des avancées qui permettent notamment à l’Afrique subsaharienne francophone d’être, année après année, le moteur de la croissance africaine.
Toutefois, et malgré leur retard économique incontestable, il convient de rappeler que les PIB de Madagascar et du Burundi sont très largement sous-estimés, étant donné que ceux-ci font partie des rares pays africains à s’appuyer sur une base de calcul vieille de deux décennies (2007 et 2005 pour années de référence, respectivement). Avec les Comores, Madagascar est d’ailleurs le seul pays à être dans ce cas parmi tous les pays africains bordés par l’Océan Indien. Une mise à jour conduirait donc à presque doubler le PIB nominal de Madagascar et du Burundi, et permettrait notamment à la Grande île de sortir de la liste des dix pays les plus pauvres du continent (où sa présence actuelle est purement artificielle), de dépasser largement le Mozambique voisin (dont l’année de référence est 2019), voire d’atteindre un niveau de PIB par habitant comparable à celui, au demeurant assez faible, du Rwanda (classé 38e en Afrique, avec un niveau de 1 000 dollars exactement en 2024, malgré le pillage massif, illégal et violent des richesses de la RDC).
Pour sa part, Djibouti a vu sa croissance s’établir à 6,0 %, comme en 2024. Ce pays de la corne de l’Afrique a ainsi réalisé une progression annuelle de 5,6 % en moyenne sur la période 2014-2025, et ce, en tirant profit de sa situation géographique stratégique qui lui permet de devenir progressivement une plaque tournante du commerce international, grâce notamment à des investissements massifs en provenance de Chine. Pourtant, seule une poignée d’entreprises françaises sont implantées dans ce pays, avec lequel la compagnie aérienne Air France n’assure qu’un seul et unique vol hebdomadaire direct avec Paris. Contraste saisissant avec les nombreux vols directs assurés par Turkish Airlines pour relier Istanbul, ou encore par le groupe Emirates en direction ou en provenance de Dubaï. Cette faible présence économique de la France à Djibouti, tout comme en RDC, premier pays francophone du monde et pour lequel l’Hexagone n’a représenté que 0,4 % du commerce extérieur en 2023 (contre 42,7 % pour la Chine, importations et exportations confondues), en dit long sur la méconnaissance dont souffrent nombre d’acteurs économiques tricolores au sujet du monde francophone, et ce, … au plus grand bénéfice d’autres puissances.
Une inflation maîtrisée en Afrique subsaharienne francophone
Comme chaque année, depuis plusieurs décennies, l’Afrique subsaharienne francophone a de nouveau affiché en 2025, et de loin, le niveau d’inflation le plus faible d’Afrique subsaharienne. Ainsi, et selon les dernières prévisions du FMI, publiées au mois d’octobre, le taux d’inflation y a été estimée à 4,0 % (en baisse par rapport à un taux de 5,8 % en 2024), tandis que le reste de l’Afrique subsaharienne affichait une inflation de 17,4 % (contre 39,5 % en 2024, année record). De son côté, la zone CFA a enregistré une hausse de 2,4 %, contre 3,5 % l'année précédente. Pour rappel, la détermination du taux d’inflation global d’un groupe de pays s’obtient par la prise en compte du PIB de chaque pays calculé sur la base de la parité de pouvoir d’achat (PPA).
Par ailleurs, il convient de préciser que les taux obtenus tiennent compte de la Mauritanie, du Soudan, de la Somalie et de Djibouti. En effet, et contrairement à la Banque mondiale, ces quatre pays ne sont pas considérés par le FMI comme faisant partie de l’Afrique subsaharienne, alors qu’ils sont bel et bien subsahariens (une « exclusion » qui s’explique par des raisons « culturelles », et en particulier linguistiques…).
Les quatre premières économies de l’Afrique subsaharienne francophone, à savoir la Côte d’Ivoire, la RDC, le Cameroun et le Sénégal, affichent pour l’année 2025 une inflation de 1,0 %, 8,8 %, 3,7 % et 2,0 %, respectivement. De leur côté, les quatre premières économies du reste de l’Afrique subsaharienne, à savoir l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Éthiopie et le Kenya, ont des taux estimés à 3,4 %, 23,0 %, 13,0 % et 4,0 %. Par ailleurs, plusieurs pays anglophones continuent à afficher des niveaux d’inflation particulièrement élevés, et en particulier le Soudan du Sud (97,5 %), le Zimbabwe (89 %) et le Soudan (87,2 %), qui occupent les trois premières places du classement africain des pays les plus touchés par l’inflation.
Sur la période de douze années 2014-2025, le taux d’inflation annuel s’établit donc à 4,2 % pour l’Afrique subsaharienne francophone (et à seulement 2,3 % en zone CFA), alors qu’il atteint un niveau de 19,8 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne. La Côte d’Ivoire, la RDC, le Cameroun et le Sénégal affichent respectivement un taux annuel de 2,1 %, 12,1 %, 3,0 % et 2,2 %. Quant à l’Afrique du Sud, au Nigeria, à l’Éthiopie et au Kenya, l’inflation s’établit à 5,0 %, 16,6 %, 17,1 % et 6,1 %.
Au cours des douze dernières années, l’Afrique francophone subsaharienne a donc réussi à afficher le niveau d’inflation le plus faible tout au long de la période, tout en ayant chaque année le taux de croissance économique le plus élevé. En réalisant cette double performance, l’Afrique francophone subsaharienne est ainsi parvenue à donner clairement tort à certains commentateurs, qui considèrent qu’une faible inflation - historiquement spécifique à l’Afrique francophone - constitue un frein à la croissance économique.
Un endettement globalement maîtrisé en Afrique subsaharienne francophone
Selon les dernières estimations du FMI, la dette publique continue à être globalement maîtrisée en Afrique subsaharienne francophone, qui demeure la partie la moins endettée du continent, pour la neuvième année consécutive, depuis 2017. Seuls trois pays francophones font partie des dix pays subsahariens les plus endettés en 2025, à savoir le Sénégal (troisième avec une dette publique estimée à 122,9 % du PIB, avant le dernier rebasage du PIB, finalisé en novembre dernier et ayant légèrement fait baisser le taux), le Congo (septième avec un taux de 93,1 %) et Maurice (huitième avec 88,1 %). Le classement continental demeure dominé par le Soudan (221,5 %) et l’Érythrée (>150 % - données imprécises).
Globalement, le taux d’endettement de l’Afrique subsaharienne francophone s’établit à 51,6 % du PIB pour l’année 2025, en baisse par rapport à 2024 (55,0 %), contre 64,6 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne, niveau stable par rapport à l’année précédente (64,7 %). L’écart continue donc de se creuser pour atteindre désormais un niveau historique de non moins de 13 points de pourcentage, contre 9,7 % un an plus tôt.
Au cours de la dernière décennie, l’Afrique subsaharienne francophone a donc affiché le plus faible niveau d’endettement tout au long des neuf dernières années (graphique 12). Cette assez bonne maîtrise de la dette, globalement, résulte notamment du dynamisme économique que connaissent la plupart des pays francophones subsahariens, et découlant lui-même des importantes avancées réalisées en matière d’amélioration du climat des affaires, de diversification et de bonne gouvernance. Dans l'ensemble, l’Afrique francophone continue donc à être mieux armée pour faire face aux crises majeures secouant le monde, et financer, si besoin, le redémarrage de l’activité économique.
Des perspectives globalement encourageantes pour 2026
Même s’il convient de toujours faire preuve de prudence au sujet des prévisions établies en début d’année, l’Afrique subsaharienne francophone devrait une nouvelle fois être le moteur de la croissance africaine en 2025, pour la treizième année consécutive, avec une progression estimée à 5,0 % selon les données de la Banque mondiale, contre 3,9 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne. Et ce, tout en demeurant la partie la moins touchée par l’inflation, comme depuis plusieurs décennies, ainsi que la partie la moins endettée du continent, pour la dixième année d’affilée. Les douze dernières années ont d’ailleurs démontré, globalement, la capacité de l’Afrique francophone subsaharienne à résister aux évolutions défavorables de l’environnement économique et politique international, et notamment à leurs implications sur l’évolution des prix des matières premières et des denrées alimentaires. Une capacité permise, globalement, par une meilleure gouvernance ainsi que par une meilleure maîtrise de l’endettement (même s’il convient de noter un certain nombre de dérives récemment observées dans les trois pays sahéliens dirigées par des juntes militaires, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger).
Par ailleurs, le continent africain devrait voir la poursuite de la mise en place progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), entamée le 1er janvier 2021 et qui constitue un élément favorable à la croissance. Du moins d’un point de vue théorique, puisque qu’il convient de rappeler que la hausse des échanges entre pays ne dépend pas seulement de la réduction significative des barrières douanières entre ces mêmes pays, mais également et surtout de la capacité de ces derniers à produire des biens, grâce à la mise en place préalable d’un environnement national favorable à l’investissement (cadres juridique, réglementaire et fiscal, infrastructures et formation, devant permettre à la fois de produire et d’être compétitif). L’évolution assez faible des échanges au sein des ensembles régionaux ayant déjà abaissé ou supprimé les taxes douanières est là pour le démontrer.
Il en va d’ailleurs de même pour la monnaie unique, à l’instar de l’Eco que les pays d’Afrique de l’Ouest, membres de la CEDEAO, semblent souhaiter prochainement mettre en place. Ainsi, force est de constater que les échanges n’ont toujours pas atteint un niveau satisfaisant entre les pays de la zone UEMOA, qui bénéficient déjà, et depuis longtemps, d’une vaste zone de libre-échange doublée d’une monnaie unique. Autre exemple intéressant, la part de la zone euro dans le commerce extérieur de la France a baissé depuis la mise en place de cette monnaie unique, suite à une augmentation plus importante des échanges entre la France et le reste du monde qu’avec les pays de la zone euro. Ce qui permet, d’ailleurs, de constater que les flux commerciaux entre la France et les autres pays de la zone monétaire étaient déjà très importants avant l’adoption d’une monnaie unique…
Dans ce cadre, il est à noter que les reports répétés de la création d’une monnaie unique ouest-africaine constitue plutôt une nouvelle rassurante pour les pays de la région. En effet, l’économie de ces derniers connaîtrait de grandes difficultés en adhérant à une zone monétaire incluant le Nigeria, dont la stagnation économique, combinée au poids démographique du pays, tirerait vers le bas l’ensemble des autres pays de la région, qu’ils soient francophones, anglophones ou lusophones. À titre de comparaison, un tel problème ne se poserait pas avec l’intégration d’autres pays, comme le Ghana, dont les difficultés économiques sont assez aisément absorbables compte tenu de son poids démographique « raisonnable », par rapport aux pays voisins.
Il convient, en effet, de rappeler que le Nigeria connaît de graves problèmes structurels depuis de nombreuses années, et se traduisant notamment par une faible croissance économique (et de surcroît, souvent inférieure à sa croissance démographique), une inflation à deux chiffres, et une monnaie ayant perdu 89 % de sa valeur face au dollar sur la période 2014-2025 (et plus de 99,9 % de sa valeur depuis sa création en 1973). Ainsi, et tant que le Nigeria n’aura pas résolu ses lourds problèmes structurels, l’adhésion du pays à une monnaie ouest-africaine est de nature à déstabiliser profondément les économies de tous les autres pays qui partageraient cette même monnaie, à travers une importante perte de valeur de celle-ci.
Les pays de l’UEMOA, qui sont largement en avance en matière de discipline budgétaire et de bonne gouvernance par rapport aux autres pays de la région, et qui forment la zone la plus dynamique d’Afrique de l’Ouest et la plus vaste zone de forte croissance du continent, verraient ainsi leur croissance baisser significativement, tout en voyant leur niveau d’inflation fortement augmenter. Par ailleurs, une éventuelle poursuite du déclin économique du Nigeria serait de nature, à terme, à accroître considérablement l’émigration de Nigérians vers les pays francophones voisins, qui pourraient alors faire face à un certain nombre de difficultés en cas d’immigration incontrôlée et de grande ampleur.
Le Conseil d'administration de l'Université Panafricaine du Congo a organisé une conférence-débat sur la géopolitique, le jeudi 29 janvier 2026 sur son campus. Deux intervenants ont pris la parole à cette occasion. Il s'agit de l'Ambassadeur de la République Islamique d'Iran, Son Excellence Monsieur Amir Hossein, et le Président National de l'Union des Démocrates Socialistes, UDS, et Coordonnateur National de l’Internationale Antifasciste RD Congo, Monsieur Crispin Kabasele Tshimanga Babanya Kabudi. Ci-dessous le texte intégral de la conférence de Monsieur Kabasele Tshimanga B. K.
La déstabilisation de l’Iran par les Etats-Unis, un véritable cas d’ingérence étrangère
(Par Crispin Kabasele Tshimanga Babanya Kabudi, Président National de l’Union des Démocrates Socialistes & Coordonnateur National de l’Internationale Antifasciste RD Congo)
A la lumière des récents événements regrettables du Venezuela et des menaces américaines contre la Colombie, le Cuba, le Nicaragua et la République Islamique d’Iran qui risquent de plonger notre planète dans la barbarie et la sauvagerie d’antan, le sort de l’ordre international mis en place le 26 Juin 1945 à San Francisco (Etats-Unis d’Amérique) après la Deuxième Guerre Mondiale semble remis en cause.
L’ignoble enlèvement du Président Constitutionnel de la République Bolivarienne du Venezuela, Monsieur Nicolas Maduro Moros, et de son épouse, Madame Cilia Flores, le 3 Janvier 2026 dernier, 36 ans après le kidnapping malheureux d’un autre Président latino-américain, le Général Manuela Noriega du Panama, dans les mêmes circonstances, a violé la Charte des Nations-Unies et le droit international, fondements de la stabilité mondiale.
Un pas en arrière. En juin 2025, l’Etat sioniste d’Israël s’est illustré, à son tour, par l’attaque de la République Islamique d’Iran donnant ainsi lieu à la « Guerre de 12 jours », avec l’autorisation et l’appui des Etats-Unis d’Amérique qui ont même bombardé des sites nucléaires iraniens.
De décembre 1989 avec l’invasion du Panama à ce jour, les Etats-Unis d’Amérique ont violé, à plusieurs reprises, la Charte des Nations-Unies et le droit international. Sans aucune réaction de l’ONU. Des cas de la Guerre du Golfe, de l’expédition américaine en Afghanistan, de la Libye,… sont des exemples de la folie des autorités américaines, toutes tendances confondues, de ne pas œuvrer en faveur de la paix et de la sécurité internationales.
Tout récemment, en ce début de janvier 2026, les Etats-Unis d’Amérique ont mené, avec le concours d’Israël, de la Grande-Bretagne et d’autres alliés, une opération de déstabilisation de la République Islamique d’Iran dans le but de renverser le pouvoir iranien. Cette action de déstabilisation est un véritable cas d’école en matière d’ingérence étrangère.
L’ingérence étrangère se définit comme une activité secrète, trompeuse ou coercitive menée par un Etat étranger pour influencer indûment un autre Etat, ses institutions, sa population, ses processus démocratiques au détriment de ses intérêts nationaux pour porter atteinte à la sécurité nationale, la souveraineté, la cohésion sociale ou la prospérité.
Dans le cas des « manifestations » du début de janvier 2026, la République Islamique d’Iran a été effectivement l’objet d’une grande conspiration étrangère marquée par une nuisible campagne de désinformation. Les Américains ont menti le monde entier sur toute la ligne en prétextant que les citoyens Iraniens manifestaient à cause de la vie chère oubliant que la détérioration de la situation est consécutive à des sanctions inhumaines et illégales décrétées par les Américains eux-mêmes à l’égard du régime iranien depuis la Révolution Islamique. Le comportement des Américains ressemblerait à l’hôpital qui se fout de la charité.
L’administration américaine a recruté des mercenaires et des terroristes étrangers ainsi que des opposants iraniens qui ont été infiltrés dans le pays pour fomenter des troubles et déclencher des émeutes.
Ces agents à la solde des Américains ont été présentés à la face du monde comme de « paisibles citoyens » ou de « pacifiques manifestants ». Drôles des manifestants qui étaient munis malheureusement des armes et qui s’en étaient froidement pris aux forces de sécurité. Ces « agents » des Américains avaient massacré beaucoup d’éléments des forces iraniennes de sécurité. Leur chef de bande, Donald Trump l’Américain, avait même eu l’outrecuidance de menacer des représailles les dirigeants iraniens.
Des financements avaient été également accordés aux « agents » opérant sur le terrain en Iran. Comble d’ingérence, ces derniers avaient été pourvus des moyens de télécommunications sophistiqués clandestinement introduits en Iran. Les « parrains » américains avaient aussi engagé la presse et certaines ONGs pour relayer des contre-vérités et brouiller des messages des autorités iraniennes.
Les terroristes avaient été recrutés à l’étranger et infiltrés à partir du Pakistan, de l’Irak, de l’Azerbaïdjan et des Emirats Arabes Unis.
Tous les ingrédients utilisés en vue de réussir cette maléfique opération d’ingérence étaient hélas réunis. Dans ce sens que les objectifs étaient de porter atteinte à la sécurité iranienne en s’attaquant violemment aux forces iraniennes de sécurité, en incendiant des édifices publics, en créant le désordre et en portant un coup à l’économie nationale.
L’ingérence américaine, donc l’ingérence étrangère, interdite par la Charte des Nations-Unies constitue une violation flagrante du principe sacro-saint de non-ingérence qui préserve la souveraineté des Etats. L’ingérence, faut-il le rappeler, n’a aucun fondement en droit international.
Car, le droit international en tant qu’ensemble de règles qui régissent les relations entre Etats et les rapports entre privés, a pour buts le maintien de la paix, de la sécurité et de la coopération du fait qu’il s’appuie sur des traités, des conventions, des coutumes internationales et des principes généraux du droit.
L’ensemble des actes d’agression posés par les Américains avec le soutien de l’Israël, de la Grande-Bretagne et d’autres alliés contre la République Islamique d’Iran n’a pas été conforme aux pertinentes dispositions de la Charte des Nations-Unis ni à l’arsenal du droit international.
La volonté de Dieu étant insondable, cette opération de déstabilisation a été admirablement déjouée. Le patriotisme du peuple iranien a triomphé de ses adversaires. Le bilan positif de la Révolution Islamique a parlé de lui-même en faveur du régime iranien. Car, la gouvernance précédente de la dynastie des Pahlavi portée à bout des bras par les Etats-Unis d’Amérique avait été une catastrophe et anti-peuple.
En plus du soutien populaire interne, la République Islamique d’Iran a compté sur des Etats amis comme la Russie et la Chine. Grâce à leur coopération, le réseau Starlink a été mis hors d’état de nuire. D’ailleurs, la paralysie de Starlink a fait capoter tout le plan de Trump et a permis le démantèlement des réseaux terroristes.
Au regard des actes odieux commis par les Etats-Unis d’Amérique et alliés en Iran, il y a lieu de militer désormais en faveur de l’avènement du nouvel ordre mondial multipolaire en lieu et place de l’unipolarité actuelle pilotée par les Américains, synonyme du désordre mondial. Cette unipolarité c’est aussi le retour à la barbarie, à la sauvagerie, à la loi de la jungle. Personne n’en veut.
Je vous remercie.
Fait à Kinshasa, le 27 Janvier 2026
Crispin KABASELE TSHIMANGA BABANYA KABUDI
Président National de l’Union des Démocrates Socialistes
Coordonnateur National de l’Internationale Antifasciste RD Congo
Cette année marque le 80e anniversaire de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste. C'est dans ce contexte que la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a déclaré qu'une « situation d’urgence à Taïwan » pourrait constituer une « menace pour la survie » du Japon, lui permettant d'exercer son droit de légitime défense collective. Ces propos suggèrent une possible intervention militaire du Japon dans le détroit de Taïwan.
La Chine a réagi sans délai et sur plusieurs fronts, le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Défense et le Bureau des affaires de Taïwan du Conseil des Affaires d'Etat ayant tous pris position à ce sujet. Les avertissements sont passés d'un appel initial exhortant la partie japonaise « à cesser immédiatement d'interférer dans les affaires intérieures de la Chine » à une mise en garde ferme : ne pas s’engager davantage sur la mauvaise voie « sinon, toutes les conséquences devront être assumées par le Japon ».
Pourquoi une telle colère de la part de la Chine ?
Premièrement, sur le plan émotionnel, les déclarations de la Première ministre Sanae Takaichi ont profondément blessé les sentiments du peuple chinois. En tant que victime de la guerre, la Chine a une perception plus aiguë et éprouve une douleur profonde à l'occasion du 80e anniversaire de la victoire, tandis que le Japon, en tant qu'agresseur, se doit de faire preuve de prudence et de retenue.
Or, loin de toute introspection, les forces de droite japonaises ont non seulement multiplié les visites au sanctuaire de Yasukuni, falsifié l'histoire et embelli l'agression, mais ont aussi tenu des propos provocateurs sur la question de Taïwan. L'absurdité de ce comportement est comparable à un scénario où l'Allemagne, lors de la Journée commémorative de l'Holocauste, déclarerait publiquement son intention de violer à nouveau la souveraineté territoriale de la Pologne.
Deuxièmement, d'un point de vue juridique, Taïwan appartient à la Chine, un statut confirmé par l'histoire et le droit, rendant toute ingérence japonaise inacceptable. Des documents de droit international datant de plus de 80 ans, tels que la Déclaration du Caire, la Déclaration de Potsdam et l'Acte de capitulation du Japon, ont clairement établi la position juridique de Taïwan. En substance, ces textes affirment deux points : la Chine détient la souveraineté sur Taïwan, et le Japon doit restituer à la Chine le territoire de Taïwan qu'il a volé.
Troisièmement, concernant les relations bilatérales, les remarques erronées de Takaichi constituent une destruction malveillante du principe d'une seule Chine et de l'amitié sino-japonaise.
Compte tenu de la dette de sang contractée par le Japon envers la Chine, l'établissement de leurs relations diplomatiques relevait du défi. Leur pérennité malgré les turbulences tient aux quatre documents politiques qui en forment la clé de voûte.
1972 : Déclaration conjointe du gouvernement de la République populaire de Chine et du gouvernement du Japon. Le Japon y a reconnu que le gouvernement de la RPC est le seul gouvernement légal de la Chine et a déclaré qu'il « comprenait et respectait pleinement » la position du gouvernement chinois selon laquelle « Taïwan est une partie inaliénable du territoire de la République populaire de Chine ». Ce document a ouvert la voie à la normalisation des relations.
1978 : Traité de paix et d'amitié entre la Chine et le Japon. Il a réaffirmé la Déclaration conjointe comme la pierre angulaire des relations bilatérales, stipulant que « les divers principes énoncés dans la Déclaration conjointe devront être strictement respectés ».
1998 : Déclaration conjointe entre la Chine et le Japon sur l'établissement d'un partenariat d'amitié et de coopération pour la paix et le développement. La partie japonaise a réitéré son adhésion au principe d'une seule Chine et sa position établie sur Taïwan.
2008 : Communiqué conjoint entre la Chine et le Japon sur la promotion complète de relations stratégiques et mutuellement bénéfiques. Signée à Tokyo, elle a solennellement proclamé que la Déclaration conjointe de 1972, le Traité de paix et d'amitié de 1978 et la Déclaration conjointe de 1998 constituent un gage de stabilité pour les relations sino-japonaises, les deux parties se considérant comme « partenaires de coopération et ne constituant pas une menace l'une pour l'autre ».
En conséquence, le gouvernement et le peuple chinois ressentent un profond sentiment d’indignation. Face aux propos de Sanae Takaichi, tous les amoureux de la paix sont en droit de se demander : le Japon a-t-il totalement oublié les leçons de l'histoire d'après-guerre ? Cherche-t-il à reprendre la vieille voie du militarisme agressif ? Les actions de réarmement du Japon cachent-elles une ambition stratégique excessive ?
Nous attendons du gouvernement japonais une réponse à la hauteur de ses responsabilités.
La parole citoyenne n’a jamais été aussi libre, ni aussi fragile. À force de s’exprimer partout, elle semble s’être vidée de son sens. Des foules connectées protestent à coups de hashtags, des peuples s’indignent par vagues virales, des débats planétaires s’épuisent en 280 caractères.
Dans cette ère du « tout dire », les démocraties trébuchent sur un paradoxe vertigineux : plus on parle, moins on s’écoute.
Des États-Unis à l’Europe, de Montréal à Paris, une même lassitude s’installe, celle d’un monde saturé de mots, mais orphelin d’écoute.
C’est dans ce contexte que la France, terre de révolutions et d’idées, surprend en renouant avec un geste aussi ancien que subversif : écrire. Avec Ma Lettre à Macron, l’entrepreneur Mathieu Burthey propose une forme d’expression citoyenne à contre-courant du tumulte numérique. Pour un euro symbolique, chacun peut envoyer une carte postale imprimée et expédiée à l’Élysée.
Ni pétition ni revendication, mais une correspondance démocratique, où la lenteur du mot remplace la rapidité du clic et où l’acte d’écrire redevient un moyen de faire bouger les lignes.
Quand tout le monde parle, mais que plus personne n’écoute
Jamais la société contemporaine n’a autant communiqué.
Les réseaux sociaux bruissent, les débats s’enchaînent, les opinions s’entrechoquent.
Et pourtant, le sentiment d’impuissance grandit.
De la France au Canada, de la Belgique aux États-Unis, une même impression s’impose : la démocratie bruisse, mais n’écoute plus.
C’est dans ce climat de saturation que Mathieu Burthey, entrepreneur français, a conçu Ma Lettre à Macron.
"La gravité de la situation en France m’inquiète profondément. Personne ne comprend plus vraiment ce qui se passe. J’ai voulu créer un outil simple, à la portée de tous, pour permettre à chacun de dire ce qu’il a à dire."
Ici, pas de manifeste politique, pas de pétition collective : une seule carte, un seul message, une voix à la fois.
Ce que l’on envoie n’est pas un simple courrier, mais une présence physique, une parole qui retrouve son poids.
Une carte, un euro, un symbole
Le principe est d’une limpidité rare : sur le site www.ma-lettre-a-macron.fr, chaque citoyen rédige un message, règle un euro symbolique, et la plateforme se charge d’imprimer et d’expédier la carte à l’Élysée.
Chaque envoi est unique, signé, affranchi, et adressé.
Ce n’est pas une réaction en ligne, mais une démarche réfléchie, volontaire, assumée.
Ce coût symbolique ancre l’acte dans la réalité.
Loin de la gratuité impulsive du numérique, l’euro versé redonne de la valeur à la parole.
Il transforme l’expression en engagement concret.
Ce geste, à la fois intime et collectif, rappelle que la démocratie repose sur une idée simple : la participation.
Mais ici, elle prend une forme inattendue, celle d’une correspondance civique.
Redonner chair à la parole
Le projet s’appuie sur une technologie maîtrisée.
Ma Lettre à Macron utilise la solution Eazypostcard.com, développée par le fondateur lui-même.
Initialement pensée pour les entreprises souhaitant automatiser leurs envois postaux, la plateforme a été réorientée vers un objectif civique : transformer le numérique en relais, et non en barrière.
« J’ai voulu transformer la technologie en outil d’expression », explique Mathieu Burthey.
Chaque message transite ainsi du virtuel au tangible : un clic devient une carte, une idée devient un objet. L’encre remplace le pixel, le silence remplace le bruit.
Une manière poétique, mais profondément politique, de redonner sens au mot communication.
Une initiative sans drapeau, mais pas sans convictions
Ma Lettre à Macron se veut totalement indépendante.
Aucune affiliation politique, aucune orientation partisane : le projet appartient à ceux qui s’en emparent.
Chacun écrit ce qu’il veut, avec ses mots, ses émotions, ses convictions.
Certains expriment la colère, d’autres la reconnaissance ou la lassitude.
Tous participent à un même mouvement : réhabiliter la parole libre.
«Je ne revendique rien», précise Mathieu Burthey. «Je souhaite simplement encourager chacun à faire sa part, si modeste soit-elle, pour contribuer à retrouver notre belle France.»
Cette liberté absolue est l’essence même du projet.
Elle fait écho à une aspiration universelle : retrouver un espace d’expression directe, sans médiation, sans censure, sans slogan.
Et, par-delà les frontières, l’idée trouve un écho familier : celui d’un besoin mondial de réhumaniser la parole politique.
Du cri collectif à la voix singulière : un nouvel angle démocratique
Le projet n’est pas né d’une colère, mais d’un constat.
La société semble avoir épuisé ses modes d’expression traditionnels : les manifestations, les débats télévisés, les réseaux sociaux.
À force de crier ensemble, la parole individuelle s’est dissoute.
Ma Lettre à Macron propose l’inverse : faire de la voix de chacun une matière commune, lente, lisible, authentique.
Un projet français à portée internationale
Si le concept est né en France, il s’inscrit dans une dynamique universelle.
L’idée de Ma Lettre à Macron touche à des questions qui dépassent largement le cadre hexagonal : la représentation, la parole citoyenne, la confiance dans les institutions.
À l’heure où les mouvements sociaux se multiplient à Londres, à New York ou à Montréal, la démarche française attire l’attention pour sa singularité : plutôt qu’une manifestation, une correspondance.
Dans les pays francophones comme la Belgique, la Suisse ou le Québec, l’initiative résonne déjà comme un écho familier : celui d’une société qui cherche à réinventer le dialogue.
Et dans les sphères anglophones, elle intrigue : une France réputée pour ses révoltes de rue choisit désormais l’écriture comme moyen d’expression civique.
Là réside sa puissance symbolique : Ma Lettre à Macron devient le miroir d’un monde où écrire est redevenu un acte politique.
Le parcours d’un entrepreneur au service du civisme
Derrière cette idée, un profil singulier : celui d’un entrepreneur habitué aux crises.
Depuis quinze ans, Mathieu Burthey dirige un cabinet de conseil pour les entreprises en difficulté. Son expérience l’a confronté à la perte de dialogue, à la méfiance, à la désunion. Il en a tiré une conviction : quand la communication s’effondre, tout vacille. C’est ce constat qui l’a poussé à créer une passerelle entre l’entreprise et la citoyenneté.
Ses deux autres projets, Eazypostcard.com et Flypool.me, témoignent du même ADN : faire du numérique un outil d’action, non de distraction.
Avec Ma Lettre à Macron, il applique cette philosophie à la sphère civique : la technologie au service du lien, la simplicité au service du sens.
Sans subvention, sans réseau politique, sans sponsor : un projet indépendant, autofinancé, bâti sur la conviction que les citoyens peuvent, par un simple geste, réinventer la participation démocratique.
Mathieu Burthey Téléphone : +33781429552 Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Une avancée dans l'accord RDC-Etats-Unis autour des minerais congolais. Une liste restreinte de projets miniers a été transmise il y a quelques jours par Kinshasa à l'administration américaine. Elle doit être examinée par Washington qui va évaluer l'opportunité d'y investir dans le cadre du partenariat sur les minerais stratégiques.
Dans la liste des actifs proposée aux investisseurs américains dans le cadre du partenariat sur les minerais stratégiques, se trouvent des licences de manganèse et d’or dans la cité minière de Kisenge au sud du pays. Ces dernières années, des partenariats avaient été noués avec des Tanzaniens notamment, mais sans obtenir les résultats escomptés.
Dans cette liste on trouve aussi le projet cuivre-cobalt de Mutoshi exploité par Chemaf, une mine proche de Kolwezi que la Gécamines, une société publique, veut reprendre et donc proposer aux Américains.
Ne pas « se contenter de résidus »
La plateforme d'organisations de la société civile Casmia-G alerte, ce mercredi 21 janvier, sur la nécessité pour l'État congolais de ne pas « céder les mines aux grandes puissances pour se contenter de résidus ». La liste compte également quatre permis aurifères de la Sokimo au nord-est du pays, des licences de lithium de la Cominière, du côté de la province du Tanganyika
On y trouve aussi des actifs de la Sakima, société aurifère du Kivu et du Maniema. Il s'agit là d'or, de coltan et de wolframite, un dérivé du manganèse. De quels gisements s'agit-il précisément ? Dans la zone des Kivu, certaines mines, dont celles de Rubaya sont toujours contrôlées par l'AFC/M23.
Au cours des deux dernières semaines, ce qui s'est passé en Iran a commencé par un déclencheur clair et traçable : les protestations économiques. Le point de départ a été le Bazar de Téhéran. Dès le début, des traces de mouvements violents ont été observées dans ces manifestations, où un groupe de commerçants s'est rassemblé en réaction à la cherté de la vie, à l'instabilité des prix, aux fluctuations extrêmes et à la dévaluation de la monnaie.
Ce modèle s'est poursuivi avec un axe similaire (pression sur les moyens de subsistance et inquiétude quant à l'avenir économique) dans plusieurs autres villes.
Dans la phase initiale, la réponse officielle à ces rassemblements s'inscrivait principalement dans le cadre de la « gestion de l'ordre public » : la présence de la police et des forces de l'ordre visait essentiellement à contrôler l'environnement, à prévenir les affrontements et à assurer la sécurité des citoyens et des manifestants eux-mêmes, afin que les protestations ne dévient pas de leur trajectoire. Simultanément, des signes d'efforts du gouvernement pour entendre les revendications et créer des voies de dialogue étaient visibles, afin de maintenir la crise au niveau socio-économique et d'éviter qu'elle ne se transforme en crise sécuritaire.
Cependant, parallèlement à la poursuite des protestations économiques, une autre couche importante s'est activée : la compétition narrative et la provocation extérieure. Dans le paysage médiatique et les réseaux sociaux, des courants hors d'Iran ont tenté d'orienter les protestations économiques vers le « chaos de rue » et un « projet de changement de régime ». Ces médias ont déployé tous leurs efforts dans l'espace numérique pour porter le mécontentement digital à son paroxysme et, à travers des opérations médiatiques et une symbolique virtuelle, pousser ces protestations vers la confrontation et la violence de rue.
Dans ce cadre, certains médias proches d'Israël ont mis l'accent, directement ou indirectement, sur l'escalade des tensions et la déstabilisation.
Notre évaluation est que le corps principal des manifestants économiques, dans les premiers jours, n'était généralement pas aligné sur de tels appels et continuait à définir sa revendication principale dans le domaine du coût de la vie et de l'économie. À ce stade, une distinction clé s'est formée, devenue déterminante pour comprendre l'évolution des événements : la différence entre la protestation civile (axée sur les revendications) et l'action chaotique (axée sur la violence).
Le tournant s'est produit lorsque des appels programmés à la présence dans les rues pendant les heures nocturnes — y compris l'appel de Reza Pahlavi — ont été mis en avant sur les réseaux. Le Premier ministre, le ministère des Affaires étrangères, le ministre des Sciences et le ministre de la Diaspora ne sont que quelques-uns des responsables officiels du régime israélien ayant soutenu le chaos et l'émeute dans les rues d'Iran.
À partir de ce moment, le modèle des événements a changé : aux côtés de rassemblements qui pouvaient encore être interprétés comme des protestations économiques, des groupes sont entrés en scène dont le comportement ne correspondait pas au modèle de la protestation civile. Ce changement de modèle a coïncidé avec l'intensification du « soutien médiatique et des opérations psychologiques » de l'extérieur ; notamment par des réseaux et des acteurs soutenus par des courants subversifs (affiliés ou proches de Pahlavi), ainsi que par des médias ou des comptes attribués au régime sioniste et aux États-Unis. À tel point que Donald Trump, président des États-Unis d'Amérique, a déclaré sur le réseau social Truth Social son soutien à la violence en Iran. Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a également souligné le soutien des États-Unis à la violence en Iran.
Les rapports de terrain et les images publiées dans certaines zones témoignaient d'une destruction organisée des biens publics et d'une escalade de la violence : incendies de véhicules de transport public, de motos et de voitures, dommages aux voies publiques et dégâts infligés au marché et aux lieux de culte.
Simultanément, des rapports faisant état de victimes civiles et de blessés — incluant des enfants — ont été publiés. Il a également été avancé que dans certaines régions, des éléments entraînés et même armés ont fait usage d'armes à feu, élevant le niveau de risque de la « tension de rue » à une « menace sécuritaire et opération terroriste ». Dans ce cadre, jusqu'aux environs du jeudi 8 janvier (18 Dey), les forces de sécurité et de police ont généralement maintenu une approche de retenue, avec des restrictions strictes et l'interdiction de faire usage d'armes à feu. Mais, avec l'apparition de victimes parmi les forces de l'ordre et l'augmentation des attaques directes contre elles, la situation est entrée, du point de vue du pouvoir, dans la phase de « menace pour la sécurité nationale ».
À partir de là, une partie de ce qui s'est produit a pratiquement étouffé la voix de la protestation économique sous l'ombre de la violence, évoluant vers ce que la littérature sécuritaire appelle le « chaos organisé » ou même l'« action terroriste urbaine ».
La logique de cette affirmation est la suivante : lorsque la destruction aveugle, l'attaque contre les forces de l'ordre, la création d'une terreur publique et la menace directe contre la vie des citoyens sont à l'ordre du jour, l'événement n'est plus simplement une protestation économique ; c'est une tentative de produire de l'insécurité et de briser la cohésion sociale ; surtout si des signes de coordination en réseau, de commandement sur le terrain et d'utilisation de tactiques violentes sont observés. La concomitance de ce modèle avec la vague de soutiens médiatico-psychologiques et certains signes de guidage extérieur renforce l'éventualité qu'une partie des violences ait dépassé la « capacité interne de protestation » pour s'analyser comme un projet de déstabilisation soutenu par le terrorisme (notamment des réseaux alignés sur Israël, les États-Unis et les courants subversifs basés à l'étranger).
Au cours de cette même phase, des restrictions sur Internet ont également été appliquées. Malgré les coûts sociaux et économiques de cette mesure, la limitation d'Internet a été mise en œuvre pour réduire la capacité de coordination en réseau des noyaux d'émeutiers ; des noyaux capables d'utiliser les messageries et les réseaux sociaux pour organiser des mouvements nocturnes, déplacer des forces et intensifier la violence. Parallèlement, selon cette narration, des efforts ont été faits pour ne pas couper totalement les « nécessités de la vie quotidienne », maintenant actifs autant que possible certains services essentiels comme les paiements en ligne, les applications de transport, les plateformes de vidéo à la demande, les sites web internes et les services de base, afin que la vie publique ne s'arrête pas.
Les nuits des 8 et 9 janvier, ces actions terroristes ont atteint leur paroxysme, entraînant des dommages humains et financiers considérables dans différentes villes d'Iran. Cet enchaînement a conduit au maintien de la coupure d'Internet jusqu'à la stabilisation de l'environnement sécuritaire. À la suite de ces événements, le 12 janvier, plusieurs villes du pays ont été le théâtre de grands rassemblements populaires condamnant les actions destructrices des terroristes armés.
Cette narration s'inscrit également dans un cadre stratégique plus large. Au cours des dernières décennies, l'Iran a été à la fois victime du terrorisme et se considère comme un acteur ayant fait face aux menaces terroristes ; il est donc naturel qu'en observant des signes de violence organisée, l'appareil de gouvernance ne perçoive pas la question comme purement sociale, mais la considère comme sécuritaire.
De plus, la stabilité de l'Iran d'un point de vue géopolitique n'est pas seulement une question interne : l'Iran souligne, dans sa narration de la politique régionale, son rôle de « facteur de stabilité » — de l'expérience de la lutte contre Daech au soutien apporté à certains pays de la région lors de périodes de pressions extérieures (par exemple, le soutien au Qatar pendant la période des restrictions régionales).
Dans cette même continuité, l'Iran se considère comme l'un des principaux obstacles à l'expansion de l'influence et des menaces du régime sioniste dans la région et soutient que l'affaiblissement de l'Iran pourrait modifier l'équilibre de la dissuasion au détriment de la sécurité régionale.
Sur le plan intérieur, on estime que l'image d'une « chute immédiate après quelques vagues de protestation » relève davantage d'une imagerie psychologique que d'une analyse, car la République islamique dispose de réseaux institutionnels et de capacités de gouvernance étendus, et les évolutions sociales progressent généralement de manière plus complexe que les récits médiatiques manichéens.
Enfin, une autre préoccupation sécuritaire existe dans cette narration : le fait que certains courants émeutiers ou leurs soutiens extérieurs puissent chercher, au-delà de la pression politique, à briser l'unité nationale et à encourager des projets séparatistes ; un scénario dont le coût serait extrêmement lourd pour l'Iran et l'ensemble de la région.
Notre évaluation est la suivante : les récents événements ont commencé par une protestation économique et auraient pu suivre le chemin naturel de la contestation civile et des mécanismes de dialogue ; mais à un moment donné, avec l'entrée d'acteurs prônant la violence et l'intensification des provocations et soutiens terroristes extérieurs, une partie du terrain a basculé vers l'insécurité et le chaos organisé, occultant pratiquement la voix des revendications économiques du peuple. En réalité, la voix du peuple a été volée par ces terroristes.
Dans ce cadre, ce qui a dépassé le seuil de la « protestation » peut être analysé dans la littérature sécuritaire sous le terme d'« action violente organisée-terrorisme urbain » ; surtout lorsque les indices témoignent d'une coordination en réseau et de tactiques visant à créer l'effroi public.
La société se trouve actuellement dans un état d'attente et d'usure : les revendications économiques demeurent, mais le retour à la sécurité et à la vie quotidienne est aussi une nécessité urgente pour la majorité de la population ; et ces deux objectifs ne parviendront pas à un résultat durable sans une distinction claire entre « protestation » et « violence terroriste organisée ». D'un point de vue stratégique, notre évaluation est que l'Iran a l'expérience de la confrontation avec le terrorisme et a été l'une des composantes clés de l'équilibre sécuritaire dans la région ; par conséquent, une déstabilisation interne — si elle est orientée vers des scénarios radicaux et séparatistes — pourrait engendrer des coûts bien au-delà des frontières de l'Iran et modifier l'équilibre de la dissuasion régionale au détriment de la sécurité collective.
De même, l'exagération du récit de la « chute immédiate » doit être comprise davantage comme une opération psychologique et un outil de recrutement pour intensifier le chaos, plutôt que comme une évaluation réaliste de la pérennité de la structure de gouvernance.
Pour la 36e année consécutive, l'Afrique reçoit la première visite à l'étranger du ministre chinois des Affaires étrangères. Symbole marquant de la diplomatie sino-africaine, cette tournée annuelle du chef de la diplomatie chinoise témoigne de l'importance des liens entre les deux parties. Cette année, du 7 au 12 janvier, le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, se rend respectivement en Éthiopie, en Somalie, en Tanzanie et au Lesotho.
Lors de son séjour en Éthiopie, il va prendre part à la cérémonie de lancement officiel de l'Année sino-africaine des échanges humains et culturels au siège de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba. À l'unanimité, la Chine et l'Afrique ont décidé de faire de 2026 une année charnière dans la promotion des échanges humains et culturels. Plusieurs activités seront organisées tout au long de l'année pour mettre en avant les richesses culturelles des deux parties et renforcer la volonté commune de compréhension mutuelle. Mieux se connaître pour avancer ensemble, tel est le leitmotiv de cette année des échanges humains et culturels.
Que dire des quatre étapes du déplacement du ministre chinois des Affaires étrangères en Afrique? L'Éthiopie est un exemple concret du dynamisme de la coopération sino-africaine. Vieille de 55 ans, la coopération bilatérale entre la Chine et l'Éthiopie se distingue par des initiatives phares de développement dans divers secteurs. Elle embrasse plusieurs domaines que sont l'économie, le commerce, l'industrie, l'exploitation minière, la communication, l'intelligence artificielle et les infrastructures. Dans le secteur des infrastructures, les réalisations chinoises en Éthiopie incluent chemins de fer (la ligne ferroviaire Addis-Abeba-Djibouti), routes, zones industrielles et télécommunications avec à la clé des milliers d'emplois pour la population éthiopienne. Dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route», l'Éthiopie est un partenaire clé de la Chine. Lorsque le Premier ministre chinois Li Qiang a rencontré son homologue éthiopien Abiy Ahmed l'an dernier à Rio de Janeiro au Brésil lors du sommet des BRICS, ils ont réaffirmé la volonté de promouvoir le développement durable du chemin de fer Addis-Abeba-Djibouti, d'accroître les échanges commerciaux et les investissements bilatéraux.
La Somalie, qui est la deuxième étape de la visite de Wang Yi, entretient une coopération bilatérale avec la Chine depuis le 14 décembre 1960. Depuis lors, les liens économiques et techniques se sont développés. La Chine a réalisé de nombreuses infrastructures au profit de la Somalie dans le secteur culturel (le Théâtre national de Somalie), de l'assainissement (le projet d'adduction d'eau de Hargeisa), de la santé (l'hôpital pédiatrique de Benadir), du sport (le stade de Mogadiscio) et bien d'autres. En 2024, le volume des échanges bilatéraux entre la Chine et la Somalie ont été estimés à 972 millions de dollars. Lors de son séjour en août 2025 en Chine, le Premier ministre somalien, Hamza Abdi Barre, a évoqué avec les autorités chinoises la nécessité de renforcer la coopération dans les domaines de l'agriculture, des technologies, des infrastructures et du commerce.
La Tanzanie est la troisième étape de la tournée du ministre chinois des Affaires étrangères. Les Chine et la Tanzanie entretiennent des relations bilatérales depuis le 26 avril 1964. La coopération entre les deux pays connaît un développement stable et dynamique dans des secteurs comme la santé, l'éducation, les TIC, le commerce et les infrastructures. En mai 2025, la Chine et la Tanzanie ont signé deux accords d'aide de 69,3 millions de dollars au profit du développement du secteur de la santé et d'un programme de coopération économique et technique. Dans le domaine des infrastructures, la Chine a financé la construction du chemin de fer entre la Tanzanie et la Zambie. Lors du sommet du FOCAC en 2024, les deux parties ont signé des documents dans les domaines de la connectivité et du commerce agricole.
Le Lesotho, dernière étape du périple de Wang Yi, a rétabli sa coopération bilatérale avec la Chine depuis le 12 janvier 1994. Les deux pays entretiennent une relation fructueuse dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la culture et du commerce. Le volume des échanges commerciaux a atteint 150 millions de dollars en 2024. La coopération dans le secteur de la santé avec le Lesotho se développe bien avec l'envoi régulier depuis 1997 d'équipes médicales chinoises dans le pays. À ce jour, 18 équipes médicales chinoises se sont succédé dans le pays d'Afrique australe. Dans le domaine du tourisme, le Lesotho est une destination bien appréciée des Chinois.
La tournée annuelle du ministre chinois des Affaires étrangères en Afrique, plus qu'une tradition, dénote de la solidité de la coopération stratégique sino-africaine. Partenaires de longue date, la Chine et l'Afrique entretiennent des relations bâties sur le respect mutuel et la prise en compte des intérêts respectifs de chaque partie. Sur les chantiers du développement, la Chine se présente comme un partenaire stratégique et fiable dans la modernisation du continent. Au cours de ses entretiens avec ses hôtes, Wang Yi pourrait évaluer la mise en œuvre des dix actions de partenariat proposées par la Chine lors du dernier sommet du FOCAC. Dans un contexte international où la paix et la stabilité sont menacées, les deux parties devront renforcer leur solidarité pour promouvoir des relations internationales plus inclusives et respectueuses du droit international. À l'occasion de sa tournée, Wang Yi, va également souligner l'impératif de promouvoir l'initiative pour la gouvernance mondiale proposée par la Chine. Ladite initiative prône le respect de la souveraineté, le respect du droit international, le multilatéralisme, l'Homme au cœur de la gouvernance et l'action dans la gouvernance mondiale.
En octobre 2025, le 4e plénum du XXe Comité central du Parti communiste chinois (PCC) s'est tenu à Beijing. Les participants ont examiné et adopté les Propositions du Comité central du Parti communiste chinois sur l'élaboration du XVe Plan quinquennal de développement économique et social, qui représente une conception de haut niveau et une planification stratégique pour le développement de la Chine dans les 5 prochaines années. L’élaboration scientifique et la mise en œuvre inlassable des plans quinquennaux constituent une expérience précieuse pour le PCC dans la gouvernance du pays et un atout politique majeur du socialisme aux caractéristiques chinoises.
Des plans qui incarnent une vision à long terme
« Créer une feuille de route pour bien préparer l’avenir ». Depuis le 14e plan quinquennal, l'objectif constant a été de faire de la Chine un pays socialiste moderne. Du 1er au 5e plan quinquennal, la Chine nouvelle a mise en place un tissu industriel et un système économique national indépendants et relativement complets. Du 6e au 13e plan quinquennal, la Chine a réalisé avec succès la transition historique vers une économie de marché socialiste, l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, atteignant ainsi l’objectif du premier centenaire. Et visant l’objectif du deuxième centenaire, la Chine se prépare en deux étapes: d’abord réaliser par 3 plans quinquennaux l’essentiel de l’objectif de la modernisation socialiste en 2035, ensuite accéder, moyennant 3 plans quinquennaux supplémentaires, au rang d’une puissance socialiste moderne au milieu du 21e siècle.
« Exécuter les plans l’un après l’autre ». En Chine, un plan quinquennal précédent jète la base solide pour le plan suivant, et les différents plans se lient de manière harmonieuse, constituant ainsi un effort continu et un avantage important de long terme. Durant la période du 7e plan quinquennal, par exemple, la Chine a fondamentalement résolu le problème de subsistance pour la population; Durant le 9e plan quinquennal, la vie du peuple chinois dans son ensemble a atteint le niveau de moyenne aisance; Durant le 11e plan quinquennal, la Chine est entrée au rang des pays à revenu moyen, et devenue la deuxième économie mondiale ainsi que le premier pays producteur-manufacturier; et durant le 14e plan quinquennal, la Chine a vu sa performance économique, scientifique et technologique et sa puissance nationale globale de la Chine accéder à un nouveau palier.
Avantages des plans quinquennaux chinois
« Mobiliser toutes les ressources pour mener à bien des projets importants ». Les plans quinquennaux, en jouant un rôle de coordination générale, constitue la clé des succès obtenus dans le développement de la Chine. Prenons l’exemple de la bataille décisive pour éradiquer la pauvreté extrême : durant les 13e et 14e plans quinquennaux, toutes les politiques centrales, provinciales et locales, qu’elles soient en matière de finances, de foncier, de transports, de gestion de l’eau, d’éducation ou de soins médicaux, étaient orientées vers 832 districts défavorisés. Les investissements ciblés des fonds spéciaux de lutte contre la pauvreté avoisinent 1 600 milliards de yuans. De 2016 à 2020, plus de 10 millions de personnes sont sorties de la pauvreté chaque année. L'objectif de réduction de la pauvreté du Programme de développement durable à l'horizon 2030 des Nations Unies se sont réalisé avec 10 ans d'avance.
« Un marché effectif en synergie avec un gouvernement dynamique ». Dans une économie de marché socialiste, les plans quinquennaux sont des plans favorables au marché qui permettent d'améliorer l'efficacité de l'État et de pallier les défaillances du marché. Premièrement, en optimisant l'allocation des ressources publiques, les plans orientent les ressources sociales pour créer une synergie conforme aux objectifs déterminés. Deuxièmement, ils remédient aux inconvénients de la prise de décision décentralisée par les entreprises, en élaborant des programmes globaux selon des informations portant sur le développement à long terme et le bien-être de la population. Troisièmement, le système de planification national conçoit de manière systématique les politiques industrielles, met en place les infrastructures de façon proactive et planifie le développement industriel à long terme, créant ainsi un écosystème industriel propice à la croissance des entreprises.
« Les fruits du développement doivent être partagés par tout le peuple ». Les plans quinquennaux prennent systématiquement « les aspirations du peuple à une vie meilleure » comme point de départ et objectif ultime, et se basent sur le sentiment de satisfaction, de bonheur et de sécurité du peuple pour évaluer les progrès accomplis. Prenons l'exemple du 14e plan quinquennal : premièrement, il accorde une importance primordiale au peuple lors de la définition des indicateurs ; deuxièmement, il prend en compte les difficultés rencontrées par le peuple lors de l'élaboration des politiques ; troisièmement, il intègre le ressenti du peuple dans l'évaluation des résultats ; et quatrièmement, il garantit l'équité du partage des fruits du développement pour le peuple.
III. Rédaction des plans quinquennaux
« Concilier la conception de haut niveau et la consultation publique ». L’élaboration d’un plan quinquennal illustre parfaitement la démocratie du peuple dans tout le processus. D’une part, on adopte une approche dite « de haut au bas » pour assumer une vision globale. Les services de rédaction et différents groupes de recherche ont mené des enquêtes et des études approfondies, consulté des experts et renforcé l’argumentation scientifique en veillant à concilier les objectifs stratégiques nationaux et les besoins concrets de la population et tenant compte des intérêts particuliers et nationaux. D’autre part, on s’appuie sur une approche dite «de bas en haut » favorisant la participation publique. Lors de la rédaction du 15e Plan quinquennal, plus de 3,113 millions de suggestions ont été recueillies auprès du public moyenant l’internet, jetant ainsi la base populaire pour la mise en œuvre efficace du plan.
IV. Mise en œuvredes plans quinquennaux
« S’en tenir à une approche de coordination nationale ». La Chine est un pays vaste présentant d'importantes disparités territoriales, ce qui exige de prendre en compte à la fois la situation globale et les spécificités locales. D'une part, la Chine a mis en place un dispositif national de planification axé sur des plans quinquennaux et complété par de plans aux niveaux national, provincial, municipal et de district. Ces plans permettent d'éviter les constructions redondantes et la concurrence inutile entre différentes régions, tout en coordonnant les politiques budgétaires et monétaires. D'autre part, les plans quinquennaux accordent une grande importance à l’aménagement économique territorial, encourageant les collectivités territoriales à valoriser ses atouts pour parvenir à un développement différencié et coordonné, remédiant ainsi au problème du développement inégal et insuffisant.
« Les discours creux compromettent l’État et seule l’action concrète contribue à sa prospérité ». Un bon plan nécessite une forte capacité d’exécution pour assurer sa mise en œuvre solide. Le Parti communiste chinois joue pleinement son rôle de pilotage général et de coordination sur tous les plans, en intégrant la direction du Parti dans tous les domaines et tout au long des processus. Il assume une garantie puissante pour la l’exécution efficace des plans quinquennaux en clarifiant la répartition des tâches et responsabilités et en renforçant l’évaluation et la supervision.
« Maintenir l’orientation générale, ajuster les objectifs mineurs, mais pas toucher les lignes rouges ». Il existe un mécanisme d’ajustement dynamique des plans quinquennaux qui renforce la flexibilité de la gouvernance nationale. A priori les indicateurs « durs » concernant le bien-être du peuple, la sécurité et la protection de l’environnement ne doivent pas être revus à la baisse. Pourtant, les objectifs qui s’avèrent irréalisables en raison de l’évolution technologique, l’impact externe ou la contrainte financière peuvent être abaissés ou remplacés par les procédures pré-établies. Quant aux projets majeurs, qui subissent des changements importants dans l’exécution, ils pourraient être retirés, remplacés ou complétés.
« Combiner la pplanification à long terme et les ajustementsconjoncturels ». Les plans quinquennaux prévoient une réserve de projets qui donne les moyens nécessaires au macro-contrôle, permettant de déterminer l’intensité et le rythme de celui-ci selon la mutation de la situation économique, de diriger l’allocation transcyclique des ressources et de réduire les fluctuations macroéconomiques. Par exemple, face à une pression de ralentissement économique au deuxième et troisième trimestres de 2024, la Chine a accéléré l’implémentation de certaines mesures du 14e plan quinquennal, et a réussi à atteindre la croissance économique programmée.
(Note de l'éditeur : Cet article représente le point de vue de l'auteur Karim Badolo et pas nécessairement celui de CGTN.)
Lors du Sommet du Forum sur la coopération sino-africaine en 2024 à Beijing, les deux parties avaient décidé que 2026 sera l'année des échanges humains et culturels. Depuis l'aube de l'humanité, les peuples éparpillés sur la planète ont toujours interagi. Par les migrations, les échanges commerciaux et les voyages, les hommes ont toujours éprouvé le besoin de se rencontrer, d'échanger et de partager ce qu'ils ont en commun et de différent. L'Afrique et la Chine ont établi des liens d'amitié aux racines profondes qui remontent dans le temps. Les hommes et les cultures des deux parties se sont nourris mutuellement dans divers domaines. Par le biais des routes de la soie, l'Afrique et la Chine ont communiqué et créé des liens qui se sont développés jusqu'à nos jours.
Dans le cadre de la coopération sino-africaine, l'Afrique et la Chine ont tracé les sillons d'échanges mutuels et enrichissants. Les deux parties ont formulé des initiatives qui favorisent la compréhension mutuelle et le renforcement des liens d'amitié séculaires. À travers un dialogue dynamique des cultures, l'Afrique et la Chine écrivent chaque jour les pages d'une humanité qui discute en tout égalité et en toute fraternité pour affronter les défis communs. En décrétant 2026, année des échanges humains et culturels, les deux parties ont pris le pari d'innerver leur coopération par une interaction humaine et culturelle prodigieuse. Les défis du développement ne sauraient être surmontés que dans une perspective où les cultures dialoguent en permanence. L'échange et l'ouverture apparaissent comme les piliers fondamentaux d'une coopération fructueuse et mutuellement bénéfique.
L'année 2026 sera l'occasion pour l'Afrique et la Chine d'apprécier le chemin parcouru ensemble, non seulement en termes de promotion des échanges humains et culturels, mais aussi un nouveau chapitre pour renforcer le dialogue des cultures dans un contexte où le règne de l'arbitraire et le repli sur soi sont en train de vouloir cloisonner le monde. Déjà, il faut se réjouir des nombreuses initiatives qui ont vu le jour dans le cadre de la coopération sino-africaine pour bâtir des ponts solides entre les deux parties. Grâce à des plates-formes d'échanges dynamiques, l'Afrique et la Chine se découvrent chaque jour dans divers secteurs et promeuvent le développement. À titre illustratif, des plateformes comme l'Exposition économique et commerciale Chine-Afrique et l'Exposition internationale d'importation de Chine (CIIE) ont permis aux produits agricoles et artisanaux africains d'intégrer le marché chinois et d'être appropriés par les Chinois. De nos jours, les ananas du Bénin, le café éthiopien, le piment du Rwanda, les fleurs du Kenya, le beurre de karité africain et bien d'autres articles artisanaux africains sont visibles sur le marché chinois. Dans l'autre sens, les produits chinois circulent en Afrique à la satisfaction des populations. Aujourd'hui, la Chine est, depuis 16 années consécutives, le premier partenaire économique et commercial de l'Afrique. Ces biens de consommation, qui circulent de part et d'autre, traduisent avec éloquence la richesse des échanges entre les deux parties.
Dans un autre registre, des décisions politiques contribuent énormément au renforcement des passerelles d'échanges humains et culturels entre les pays africains et la Chine. Depuis l'année dernière, la Chine a décidé de supprimer les droits de douane sur les produits de 53 pays africains. Cette mesure, qui vise à stimuler les exportations africaines et à réduire la balance commerciale largement déficitaire, participe à élargir les perspectives des échanges commerciaux entre les deux parties. Les diverses sessions de séminaires organisées par la partie chinoise au profit des africains dans divers domaines leur permettent d'avoir une meilleure compréhension de la Chine, de son histoire, de sa culture, de son développement et des enjeux de la coopération sino-africaine. En même temps, ces sessions de formations aident à déconstruire les préjugés éculés longtemps entretenus par certains pour entraver un véritable rapprochement des peuples africains et chinois. Par le biais de ces occasions d'échanges et de partage, les stéréotypes biaisés font de plus en plus place à une meilleure connaissance et compréhension de l'autre.
Dans le contexte actuel du monde où l'incertitude est permanente et la paix en sursis, la Chine et l'Afrique ont intérêt à saisir l'opportunité de cette année particulière pour ériger des remparts contre le mépris magistral infligé à la cohabitation entre les peuples. Dans ce sens, il importe pour les deux parties de dynamiser les échanges dans les domaines de l'éducation, de la culture, du tourisme, de l'édition, des sports, des sciences et technologies, des moyens de subsistance des populations, du développement vert et autres. Face à l'arbitraire et au piétinement du droit international, il faut mettre en avant le dialogue des cultures qui prône des valeurs communes comme l'égalité, la solidarité, le respect des droits de l'homme, l'ouverture, la tolérance et la responsabilité commune.
Promouvoir les échanges humains et culturels, c'est prendre un pari pour avenir pacifique, un monde respectueux des intérêts des autres et offrir une diversité de possibles aux générations futures. Le dialogue des cultures est une dimension essentielle dans la promotion des échanges humains et culturels. Il doit servir de bouclier contre ceux qui veulent instaurer la loi de la jungle dans la marche du monde. L'avènement d'un monde de paix et de cohésion sociale passe impérativement par un dialogue des civilisations fondé sur la compréhension mutuelle, l'égale dignité des cultures et le respect mutuel. L'Afrique et la Chine ont une occasion en or, en cette année qu'elles ont désignée année des échanges humains et culturels, pour montrer au reste du monde que les instincts de prédation sont anachroniques et aux antipodes des valeurs de démocratie.
Face à la résurgence d'un monde de bafouement de la dignité des autres, il faut renforcer l'alternative d'un dialogue fraternel entre les hommes. Comme l'a prévenu Albert Camus, « tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. » Vivement que dans le programme d'activités de cette année spéciale, l'Afrique et la Chine fassent véritablement front commun pour préserver les acquis d'une cohabitation pacifique et harmonieuse entre les différentes cultures qui, par leur diversité, enrichissent le monde.
Dans une déclaration lue par Madame Rosemary A. DiCarlo, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, devant le Conseil de sécurité ce lundi 5 janvier 2026, le Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres, s’est dit «profondément préoccupé par l'éventuelle aggravation de l'instabilité dans le pays, son impact potentiel sur la région et le précédent qu'elle pourrait créer quant à la conduite des relations entre les États». Profitant de l’occasion, il a invité les États membres au plein respect «du droit international, notamment de la Charte des Nations Unies, qui constitue le fondement du maintien de la paix et de la sécurité internationales». Il a invité, par ailleurs, tous les acteurs vénézuéliens à s'engager dans un dialogue démocratique inclusif où tous les secteurs de la société pourront décider de leur avenir.
Ci-dessous, l’allocution dans son intégralité.
Allocution du Secrétaire général au Conseil de sécurité – sur le Venezuela
Lu par Mme Rosemary A. DiCarlo, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Nous nous réunissons dans un contexte grave, suite à l'intervention militaire américaine du 3 janvier en République bolivarienne du Venezuela.
Les grandes lignes des événements de samedi ont été largement rapportées.
Tôt ce jour-là, les forces américaines étaient actives à Caracas et dans les États du nord de Miranda, d'Aragua et de La Guaira.
Le nombre de victimes de ces actions reste indéterminé.
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux samedi, le président Donald Trump a annoncé une « frappe de grande envergure contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolás Maduro ».
Lors d'une conférence de presse samedi, le président Trump a déclaré : « Nous allons diriger le pays jusqu'à ce qu'une transition sûre, appropriée et judicieuse soit possible. »
Le gouvernement vénézuélien a qualifié l'action des États-Unis d'agression militaire perpétrée dans des zones civiles et militaires, et de violation flagrante de la Charte, constituant une menace pour la paix et la sécurité internationales et régionales.
À l'heure où je vous parle, le président Maduro est détenu à New York, accusé par les autorités américaines, ainsi que son épouse Cilia Flores, de graves infractions pénales.
L'avenir immédiat du Venezuela est, quant à lui, plus incertain.
Je suis profondément préoccupé par l'éventuelle aggravation de l'instabilité dans le pays, son impact potentiel sur la région et le précédent qu'elle pourrait créer quant à la conduite des relations entre les États.
Monsieur le Président,
La situation au Venezuela est une source de préoccupation régionale et internationale depuis de nombreuses années.
L'attention portée au pays s'est accrue suite aux élections présidentielles contestées de juillet 2024.
Le groupe d'experts électoraux que j'ai nommé à la demande du gouvernement vénézuélien pour accompagner les élections a mis en lumière de graves problèmes.
Nous avons constamment réclamé une transparence totale et la publication intégrale des résultats des élections.
Comme nous l'avons indiqué au Conseil le 23 décembre, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme a recensé de graves violations.
Le 3 janvier, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a décrété l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire national, conférant ainsi des pouvoirs de sécurité supplémentaires au gouvernement.
Monsieur le Président,
Ces derniers développements font suite à une période de tensions accrues, amorcée à la mi-août, comme nous l'avons évoqué à deux reprises au sein de ce Conseil.
J'ai toujours insisté sur l'impératif du plein respect, par tous, du droit international, notamment de la Charte des Nations Unies, qui constitue le fondement du maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Je demeure profondément préoccupée par le non-respect des règles du droit international lors de l'intervention militaire du 3 janvier.
La Charte consacre l'interdiction de recourir à la menace ou à l'emploi de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État.
Le maintien de la paix et de la sécurité internationales repose sur l'engagement constant de tous les États Membres à respecter l'ensemble des dispositions de la Charte.
Monsieur le Président,
Le Venezuela traverse depuis des décennies une instabilité intérieure et des troubles socio-économiques. La démocratie est mise à mal. Des millions de Vénézuéliens ont fui le pays.
La situation est critique, mais il est encore possible d'éviter une escalade plus large et plus destructrice.
J'appelle tous les acteurs vénézuéliens à s'engager dans un dialogue démocratique inclusif où tous les secteurs de la société pourront décider de leur avenir.
Cela implique le plein respect des droits humains, de l'État de droit et de la souveraineté du peuple vénézuélien.
J'exhorte également les pays voisins du Venezuela, et la communauté internationale plus largement, à agir dans un esprit de solidarité et dans le respect des principes, des lois et des règles établis pour promouvoir la coexistence pacifique.
Je salue et suis prêt à soutenir tous les efforts visant à aider les Vénézuéliens à trouver une voie pacifique pour l'avenir.
Monsieur le Président, Excellences,
Dans des situations aussi confuses et complexes que celle que nous traversons actuellement, il est important de rester fidèle à ses principes.
Respect de la Charte des Nations Unies et de tous les autres cadres juridiques applicables pour la sauvegarde de la paix et de la sécurité.
Respect des principes de souveraineté, d'indépendance politique et d'intégrité territoriale des États.
Interdiction de la menace ou de l'emploi de la force.
La force du droit doit prévaloir.
Le droit international offre des outils pour traiter des problèmes tels que le trafic illicite de stupéfiants, les différends relatifs aux ressources et les violations des droits humains.
Le Hanfu, incarne avec élégance l’esprit d’une civilisation de rites et de traditions.
Ici, au musée du Jardin chinois, chaque pavillon, chaque plante et chaque détail, murmure l’histoire d’une culture millénaire.
Dans l’harmonie et la poésie des espaces qu’il dessine, le jardin chinois est un écrin parfait pour ce costume traditionnel.
Je vous invite à un voyage dans le temps où nature et culture se mêlent avec délicatesse.
Comme dans un tableau qui prend vie, laissons-nous porter par la danse gracieuse des manches du Hanfu.
Voici une robe quju, inspirée des styles vestimentaires populaires sous les dynasties Qin et Han.
Fait historique fascinant : la plus ancienne trace de quju remonte à la découverte, dans une tombe vieille de plus de 2 200 ans, d'une robe confectionnée en soie brute, longue de 160 cm, avec des manches de 195 cm.
Pesant à peine 48 grammes, c’est un véritable chef-d'œuvre du textile ancien, qui témoigne du raffinement extrême de l'artisanat de cette époque.
Cette tenue s’inspire d'une brique peinte représentant une scène de « Récolte de feuilles de mûrier »... une œuvre découverte dans la province du Gansu, dans l'ouest de la Chine, il y a plus de 1 600 ans.
La jeune fille représentée porte trois couches de hauts superposés, et une jupe bicolore rouge et blanche, très à la mode à l'époque.
Elle tient un panier en bambou pour cueillir les feuilles de mûrier.
Les jupes traditionnelles du Hanfu étaient drapées autour de la taille et fixées avec des rubans.
Bienvenue à l'époque des Tang, une dynastie particulièrement florissante qui a duré plus de trois siècles.
Ce style féminin s'inspire des fresques de Dunhuang, un site considéré comme le plus grand musée de peintures murales au monde.
Les femmes portaient des jupes montant à la poitrine, ornaient leur visage de motifs décoratifs, et s'enveloppaient dans des châles fluides appelés « pibo ».
Quant aux hommes, ils arboraient des tuniques richement décorées.
Voici une robe Hanfu à col rond, ornée de motifs perlés et floraux, typiques de la mode masculine sous les Tang.
En 960, la Chine entre dans la dynastie des Song.
Préparer le thé, contempler des peintures, brûler de l'encens et composer des arrangements floraux étaient les « quatre arts de l’élégance » chers aux lettrés des Song.
Leur quête de beauté se reflétait dans leurs tenues où ils valorisaient la simplicité, la légèreté et les superpositions harmonieuses.
Les hommes, quel que soit leur âge, ornaient même leurs cheveux de fleurs... Un détail précieux, symbole de raffinement.
Les femmes, elles, aimaient porter un bustier sous un vêtement plus long et ample et détaché à la taille.
Sur une jupe plissée, aérienne, leur silhouette dessinait une grâce décontractée.
Il y a plus de 600 ans, sous la dynastie des Ming, la Chine exportait abondamment sa soie et sa porcelaine. Portés par la Route maritime de la Soie, ces trésors ont stimulé le commerce et les échanges culturels à travers le monde.
Les vêtements de l’époque se distinguaient par leurs silhouettes volumineuses, leurs manches larges et leurs tissus somptueux.
La jupe « Mamian » est l'un des symboles les plus connus du Hanfu féminin des Ming.
Une précision s’impose : « Mamian », littéralement « visage de cheval » ne fait en réalité pas référence à l’animal. Le nom évoque la forme d’une structure d’architecture défensive que l’on trouvait sur les anciennes murailles chinoises.