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Plan d’actions prioritaires et Feuille de route 2023-2027, CSAC : Christian Bosembe sollicite l’implication du Gouvernement et des partenaires extérieurs

Plan d’actions prioritaires et Feuille de route 2023-2027, CSAC : Christian Bosembe sollicite l’implication du Gouvernement et des partenaires extérieurs

Le Conseil supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) dispose, depuis samedi, d’une Feuille de route, pour l’exercice 2023-2027, et d’un Plan d’actions prioritaires. C’est Christian Bosembe, Président de cette instance de régulation, qui a présenté ces deux boussoles devant d’éminentes personnalités et figures de proue de la sphère médiatique congolaise, au cours d’une soirée dite diplomatique organisée au Salon Congo du Pullman Grand Hôtel de Kinshasa. D’après le Président Christian Bosembe, la mise en œuvre de ce Plan d’actions du nouveau bureau du CSAC nécessite une somme colossale de 17 millions de dollars américain. D’où, la sonnette d’alarme tirée à l’attention du Gouvernement et de tous les partenaires extérieurs ‘’pour la matérialisation de ces projets qui participent à l’assainissement de l’espace médiatique mais aussi au développement des médias’’.
Les priorités du Plan d’actions de l’équipe Bosembe tournent autour des plusieurs axes tels que ‘’la formation des connaissances juridiques et administratives essentielles des professionnels des médias ; l’organisation d’un grand forum sur la cohésion nationale intitulé : «Médias citoyens et la cohésion nationale» ; la gestion et le cadrage médiatique de la campagne électorale à venir, avec un accent particulier sur le déploiement des kits de relai ou de diffusion des messages de campagne des candidats à l’élection présidentielle dans l’arrière-pays ; la formalisation de l’appui logistique, technique et substantiel des médias congolais.
S’agissant de la Feuille de route, telle que dévoilée, elle s’articule autour de dix axes essentiels. Il s’agit du ‘’renforcement de la sensibilisation des professionnels des médias sur la nécessité de mieux appréhender le substrat de la liberté et ses limites ; la promotion ou l’encouragement des modèles dans la pratique de la presse, avec un esprit de stimulation pour l’excellence ; la protection des professionnels des médias et de leur liberté d’information qui doit commencer par l’autoprotection des journalistes (eux-mêmes) ; la mise à niveau perpétuelle et le renforcement des connaissances professionnelles des médias sur les instruments juridiques nationaux et internationaux qui organisent et encadrent leur métier ; la formalisation et la systématisation de l’aide gouvernementale indirecte et directe à la presse’’.
La Pros.
DISCOURS DU PRESIDENT DU CONSEIL SUPERIEUR DE L’AUDIOVISUEL ET DE LA COMMUNICATION A L’OCCASION DE LA SOIREE DIPLOMATIQUE DU REGULATEUR
Honorable Président de l’Assemblée Nationale,
Honorable Président du Sénat,
Honorable Députés et Sénateurs
Monsieur le Premier Ministre,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des Missions Diplomatiques et Consulaires ainsi que les Représentants des Organisations Internationales accréditées en RDC,
Distingués Invités,
Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités respectifs,
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, est honoré par votre présence à cette soirée consacrée à la présentation de sa feuille de route stratégique et de son plan d’actions prioritaires dans un moment critique ou nos vaillants militaires sont au front pour défendre l’intégrité territoriale de notre pays dans sa partie Est. Toutes nos pensées vont vers les victimes innocentes et déplacées de cette guerre d’agression. J’estime que cette guerre qui s’impose à tous les Congolais, demande plus de responsabilité et patriotisme du quatrième pouvoir quant au traitement de l’actualité y relative car les vies humaines en dépendent. Il y a des moments ou l’existence d’une nation est menacée comme celui-ci, la presse est appelée à jouer le rôle d’éveilleuse de la conscience collective du peuple, et s’abstenir à faire le relais de la propagande de l’ennemi sous une quelconque forme ni raison que ce soit, car le Congo reste notre dénominateur commun.
En effet, trois mois après son investiture, la nouvelle équipe du CSAC que j’ai le privilège de présider à jugé opportun de partager avec ses principaux partenaires et bailleurs de fonds que vous êtes, sa vision pour le redressement de l’écosystème médiatique en République Démocratique du Congo qui, pour nous, passe par une responsabilisation et une amélioration des capacités opérationnelles des professionnels des médias.
Honorables,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Messieurs les Ambassadeurs,
Institution d’appui à la démocratie dont l’existence est consacrée par l’article 212 de la Constitution, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication a, au regard de l’article 8 de la Loi Organique n°11/001 du 10 janvier 2011, 4 missions principales, à savoir :
1. Garantir la liberté de la presse, de l’information et de tout autre moyen de communication des masses ;
2. Assurer la protection de la presse ;
3. Veiller au respect de la déontologie en matière d’information,
4. Veiller à l’accès équitable des partis politiques, des associations et de toute autre personne aux moyens officiels et de communication.
C’est donc pour mettre en relief ces missions principales que la feuille de route stratégique de la nouvelle équipe du CSAC s’articule autour de 10 principaux piliers, à savoir :
01. Le renforcement de la sensibilisation des professionnels des médias sur la nécessité de mieux appréhender le substrat de la liberté et ses limites ;
02. La promotion ou l’encouragement des modèles dans la pratique de la presse, avec un esprit de stimulation pour l’excellence ;
03. La protection des professionnels des médias et de leur liberté d’information qui doit commencer par l’autoprotection des journalistes (eux-mêmes) ;
04. La mise à niveau perpétuelle et le renforcement des connaissances professionnelles des médias sur les instruments juridiques nationaux et internationaux qui organisent et encadrent leur métier ;
05. La formalisation et la systématisation de l’aide gouvernementale indirecte et directe à la presse,
06. L’implication des professionnels des médias, leaders religieux, sociaux et culturels pour la production d’un contenu médiatique plus constructif et plus rassembleur autour des valeurs d’éducation de masse notamment sur la promotion de la cohésion sociale et de la citoyenneté, les vrais enjeux géopolitiques qui propulsent la RDC au centre des convoitises internationales jusqu’affecter son équilibre intérieur et sa souveraineté, les enjeux du développement durable et de la mondialisation ;
07. La mobilisation des partenaires au développement et autres bailleurs de fonds extérieurs pour l’appui technique et financier nécessaire à la viabilisation des organes de presse en RDC ;
08. La bonne maitrise et le bon cadrage de la cartographie médiatique en RDC, avec un accent sur les exigences d’accès à la profession médiatique qui impacteraient sur la prolifération des organes de presse, et limiterait la propension au fanatisme, tribalisme, haine ;
09. L’application de la sanction disciplinaire à l’encontre des médias et professionnels des médias réfractaires, afin d’endiguer la délinquance médiatique et la promotion du vice ;
10. La transformation de l’image collective des consultations électorales, qui en somme reste un choix de société collective et signe de vitalité démocratique de nature à susciter une vraie cohésion nationale par la confiance reçue du peuple, et non des motifs des troubles sociaux voire divisions.
L’application de ces 10 piliers de la feuille de route stratégique cadre parfaitement avec les attributions du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, telles que stipulées à l’article 9 de sa Loi Organique, qui charge ce dernier entre autre à promouvoir le développement technique des médias congolais, leur accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication ainsi que leur implantation dans les milieux ruraux.
Honorables,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Distingués invités,
Messieurs les Ambassadeurs,
Conscient de la délicate mission et surtout des grands défis qu’elle est appelée à relever en cette année électorale et au-delà, la nouvelle équipe du CSAC a élaboré un ambitieux plan d’actions prioritaires, extrait de sa feuille de route 2023-2027, avec l’objectif l’implémentation de sa vision stratégique de réajustement de l’écosystème médiatique congolais.
Ces projets du plan d’actions prioritaires sont notamment :
- La formation des connaissances juridiques et administratives essentielles des professionnels des médias,
- L’organisation d’un grand forum sur la cohésion nationale intitulé : «Médias citoyens et la cohésion nationale»,
- La gestion et le cadrage médiatique de la campagne électorale à venir, avec un accent particulier sur le déploiement des kits de relai ou de diffusion des messages de campagne des candidats à l’élection présidentielle dans l’arrière-pays,
- La formalisation de l’appui logistique, technique et substantiel des médias congolais,
- L’amélioration du contenu éditorial des radios communautaires et confessionnelles,
- La protection des enfants contre les méfaits des réseaux,…
L’exécution de ce plan d’actions prioritaires nécessite un budget de 17.000.000 USD (Dix-sept millions de dollars américains). Or à ce jour, le CSAC ne dispose malheureusement pas encore de ce budget. Nous sommes néanmoins déterminés à mobiliser les moyens financiers nécessaires pour y parvenir avec votre concours.
Sur ce, le CSAC, Institution d’appui à la démocratie tire la sonnette d’alarme, et fait appel au sens de responsabilité du gouvernement et la bonne disposition des partenaires au développement pour matérialiser ces projets qui participent à l’assainissement de l’espace médiatique mais aussi au développement des médias. Ces actions de toute évidence contribueront à la préservation de la paix sociale dont les médias constituent les principaux vecteurs.
En outre, elles contribueront à professionnaliser davantage, ces nobles journalistes congolais, nos journalistes de haute facture, très compétitifs qui visent l’excellence au quotidien afin de faire extraordinairement bien leur travail. Car il faudrait le rappeler en passant, d’ailleurs, faudrait-il réellement le rappeler ? Qu’un minimum de respect d’éthique et déontologique journalistique rend forcement éligible à un maximum de liberté de la presse. Nous y travaillons aussi.
Honorables,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Messieurs les Ambassadeurs
Les données statistiques de septembre 2022 en RDC indiquaient un portefeuille médiatique de plus de 570 organes de presse écrite, plus de 650 radios et près de 400 chaines de télévision.
En revanche, cette floraison numérique des médias dissimule mal la précarité socio-économique dans laquelle évoluent la grande majorité de ces médias.
Par ailleurs, il convient de noter que plus de 60% de ces médias fonctionnent sans l’avis de conformité du CSAC alors qu’il s’agit là pourtant d’un préalable à toute production médiatique en RDC.
L’échographie de l’écosystème médiatique en RDC est à plaindre, elle n’est pas du tout reluisante.
En plus d’un nombre très élevé d’organes de presse en situation irrégulière, les politiciens en panne de projet mobilisateur et porteur ont envahi les médias avec un discours sectaire, souvent tribaliste, haineux, régionaliste, voire xénophobe.
Propriétaires voire sponsors selon les cas, les hommes politiques investissent dans les médias sans compter afin de véhiculer les messages dépourvus de paix ni de progrès social.
Que dire de la paupérisation des journalistes qui n’arrivent plus à vivre de leur noble métier, hélas. La publicité n’est plus rémunératrice et pis encore la manne publicitaire devient insignifiante. Cette dépréciation du travail du journaliste fait naitre une forme de presse sans ligne éditoriale claire à cause du phénomène «coupage», qui veut dire droit de passage à l’antenne. L’information, si elle n’est pas truquée, est orientée car le temps d’antenne est généralement payé par l’intervenant pour n’est pas dire l’invité.
A cela, s’ajoute le chantage, le fake news et le militantisme journalistiques. Ce sont des comportements peu recommandables qui noircissent le noble métier du journaliste et mettent à mal son impartialité et sa crédibilité.
Le tout dernier né est le phénomène « biscuit », qui est une forme d’information embouchée, une publicité déguisée voire orientée, une défense des causes socio-politiques intéressées, une campagne de notoriété de certains individus.
La délinquance des réseaux sociaux venait d’amplifier ces quelques phénomènes précités parmi tant d’autres, et portent atteinte à l’intégrité du journaliste vis-à-vis des faits qui dit-on en jargon sont sacrés.
En dépit de ces exemples désolants, il faut souligner l’émergence des quelques médias modèles, j’emploierais le terme des «médias leaders» qui inspirent admiration, et dont le travail forcent respect. Certains représentants de ces médias sont présents dans la salle. Et donc, l’espoir est permis.
L’embellissement et le redressement de ce sombre tableau exige une forte mobilisation, et un dynamisme renforcé de l’instance de régulation que nous sommes.
Aussi, souhaiterions-nous vivement lancer un vibrant appel à la mobilisation, je voulais dire à l’assistance de la presse et contribution de nos partenaires que vous êtes, et au regard des besoins essentiels brièvement énumérés, selon votre convenance, capacités et préférences dans l’un ou l’autre projet présenté et dont les résumés sont repris dans la brochure et le dépliant qui vous sont offerts, afin de permettre au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication de relever ce noble est excitant défi.
Nous voulons œuvrer pour une presse, citoyenne, mature, responsable, libre et prospère en République Démocratique du Congo.
Je vous remercie.
Me. BOSEMBE LOKANDO Christian

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