Sud-Kivu, la Province choyée par Dieu ne doit pas être découpée !

(Par Rynat Mpinga Njabuka)
La Province du Sud-Kivu est limitée au Nord par la Province du Nord-Kivu ; au Sud par la Province du Tanganyika et celle du Maniema ; à l’Est par le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie et ; par la Province du Maniema à l’Ouest. Du haut de ses 69 130km2, de superficie, la Province du Sud-Kivu occupe 3% de la superficie de la République démocratique du Congo.
Elle doit son nom de Sud-Kivu au fait qu’elle se situe au Sud-Ouest du lac Kivu qui lui appartient à 100% depuis la brillante défense de son digne fils Balamage Nkolo Boniface à l’assemblée nationale. Elle partage le lac Kivu avec le Rwanda. La population du Sud-Kivu vit principalement de l’agriculture, de l’élevage et du commerce.
La Province du Sud-Kivu est composée de huit territoires (Fizi, Idjwi, Kabare, Kamituga, Mwenga, Uvira, Shabunda et Walungu) et de quatre villes (Bukavu, son chef-lieu ; Uvira ; Baraka et Kamituga). La ville de Bukavu compte trois communes et onze quartiers. Les huit territoires, quant à eux, sont composés de vingt-trois secteurs/chefferies et cent quatre-vingt-trois groupements.
Le Créateur a doté la Province du Sud-Kivu des richesses de tout genre (climatique, démographique, géographique, minérale, hydraulique, linguistiques, touristiques, culturelles, etc.) afin qu’elle figure parmi les Provinces locomotives de la République démocratique du Congo mais la Province du Sud-Kivu tarde à jouer son rôle. Nous tenterons d’en lister quelques causes et proposer des pistes de solution.
Les raisons du retard de développement de la Province du Sud-Kivu
- L’enclavement de la Province du Sud-Kivu
En Province du Sud-Kivu, les routes sont insuffisantes et celles qui existent sont en état de délabrement très avancé rendant difficile si pas impossible le déplacement des personnes et de leurs biens.
A cela, il faut encore ajouter les ponts qui cèdent aussi bien à cause des fortes pluies diluviennes qu’à cause de leur vétusté ou encore parce qu’ils n’étaient pas de qualité.
En effet, la voie ferroviaire n’existant plus en Province du Sud-Kivu, les routes (de desserte agricoles, routes nationales et celles provinciales) qui devaient faciliter le transport des biens (produits agricoles, produits manufacturés, produits de substitution) et des personnes d’un territoire de production ou de transit vers les territoires (ou autre Province de la RDC) de consommation ou de transit pour l’équilibre des prix sur marché sont remplacées par la voie aérienne qui n’est pas accessible à toutes les bourses. La flambée des prix sur le marché, l’indisponibilité des produits sur le marché, la famine et les carences alimentaires s’observent en Province (et même en RDC) qui aura recours à l’importation alors qu’elle devait exporter le surplus de ses productions.
Par ailleurs, nos agriculteurs ne profitent pas de leur dur labeur ni notre économie de ses productions locales. En effet, les populations de certains pays limitrophes se rendent auprès d’e nos producteurs dans notre territoire x pour s’approvisionner, à vil prix, en produits (périssables ou non) que nous partons acheter chez eux une partie et ils exportent après création, par eux, de la valeur ajoutée.
Nous sommes aussi devenus le débouché des autres pays limitrophes ou des sous régions auxquelles nous avons adhéré. Pour couvrir en plus de leur demande interne, cette demande externe que nous constituons désormais, ils sont obligés de recourir à des productions d’échelle qui créeront à plus ou moins long terme des problème de santé publique dans notre Province en particulier et dans notre pays en général car les produits qu’ils nous vendent ne sont pas bio.
En outre, les lacs Tanganyika et Kivu qui sont poissonneux et constituent les principales voies navigables de la Province nécessitent d’être balisés pour permettre au trafic lacustre pour faciliter l’écoulement des produits agricoles et le développement du trafic lacustre surtout qu’il y a des grandes avancées dans le perfectionnement des constructions des bateaux.
Afin de diminuer ou de stopper l’importation des poissons où l’on applique le formol, impropre à la santé, pour leur conservation, la recours à la pêche industrielle s’impose en Province du Sud-Kivu.
L’enclavement de la Province du Sud-Kivu en particulier et de la République démocratique du Congo en général est une des causes non négligeables de la dépréciation du franc congolais et de l’inflation dans notre pays.
- Le mauvais état de la quasi-totalité des pistes d’atterrissage de l’aéroport de Kavumu et son caractère national
Le mauvais état de la quasi-totalité des pistes de l’aéroport de Kavumu affecte négativement le trafic aérien du point de vue de la qualité (sécurité) et la quantité ( nombre de vol) et ceci va se répercuter sur les recettes que la Province devait récolter à travers à travers cet aéroport, recettes qui renfloue désormais les caisses de sa Province sœur, celle du Nord-Kivu.
Le caractère national de l’aéroport de Kavumu ne favorise pas la célérité de l’industrialisation de la Province par des investisseurs aussi bien nationaux qu’internationaux qui devaient lui permettre de pas réduire durablement son taux de chômage grâce à la création des usines et autres entreprises dans le processus de création de la valeur ajoutée. Il ne permet pas non plus à la Province ni à la RDC de renflouer ses caisses par l’exploitation de ses sites touristiques.
- Les guerres à répétition et l’insécurité
Les guerres à répétition et l’insécurité ont créé des problèmes sociaux (l’exode rural, l’abandon des activités champêtres et autres par la population active et sa conversion en auto défenseur de leur territoire, la ville nourrit désormais le territoire au lieu de l’inverse, l’augmentation du taux de chômage, de l’effectif des veuves, orphelins et enfants de la rue) qui amèneront la Province à désaffecter les fonds qui devaient être affecté à l’investissement pour le développement de la Province pour augmenter ses fonds secrets de recherche.
L’insécurité et les guerres à répétition à l’Est de la RDC profitent aussi à certains pays limitrophes qui viennent, entre autres, louer nos terres et reviennent nous revendre les produits finis qu’ils ont créés chez eux.
- La politisation de l’Administration
L’Administration qui devait être apolitique est politisée avec comme corollaire les services attendus de l’Administration sont soit pas rendus soit pas bien rendus à la population du Sud-Kivu étant donné que les politiciens ont affecté leurs frères, amis, connaissances, « les fous du rois » et fanatiques qui ne sont pas des personnes qu’il fallait pour occuper ces postes d’une part, soit que ces personnes qu’ils ont affectés à l’Administration ont la carrure mais n’ont pas le temps matériel à consacrer à l’accomplissement de leurs devoirs pour la simple raison qu’ils occupent simultanément plusieurs autres postes dans différents services de l’Administration tant provinciale que nationale.
La politisation de l’Administration accentue le chômage en Province, crée des problèmes sociaux à la Province (enfants de la rue, voleurs diurnes et nocturnes, etc.), favorise la violation des textes par ceux qui devaient la protéger en l’appliquant scrupuleusement puisque sachant qu’ils ne subiront pas la rigueur de la loi car, protégés par leurs mentors politiques , détériore la climat de travail (présence au sein de l’administration des privilégiés qui jouissent de tous les avantages d’un côté et des marginalisés qi sont complètement oubliés de l’autre) qui va impacter négativement sur le rendement de l’Administration crée des problèmes, fait perdre à l’agent public son éthique et la déontologie qui devait le caractériser ( il se livre à la corruption, la concussion, etc.).
La politisation qui gangrène l’Administration rend cette dernière pléthorique sans production marginale avec comme danger à plus ou moins long terme la cessation des paiements (des salaires de son personnel ou de ses dettes envers ses partenaires). Une administration politisée cède facilement au trafic d’influence, l’incivisme fiscal et ferme les yeux à l’évasion fiscale.
- La politisation de la population Sud-kivutienne
La population de la Province du Sud-Kivu est devenue politicienne. Ce qui n’est pas sans conséquence sur l’économie provinciale. En effet, pendant que certains employeurs ont fermé leurs entreprises plus soucieux de financer leurs campagnes électorales et entretenir leurs carrières politiques (conquérir et fidéliser l’électorat) que des manques à gagner qu’ils infligent à la Province, d’autres sont dans la politique pour s’enrichir et protéger leurs biens actuels et futurs par les « exonérations » et « exemptions » non régulières ni légales.
Les entrepreneurs apolitiques sont les seuls à supporter le poids de la Fiscalité au point de ne plus rester compétitifs ce qui les amènera à déposer les bilans.
La jeunesse perd le goût de l’entrepreneuriat pour se convertir en politicien idem pour les investisseurs potentiels de la Province.
- La Gestion non tournante de la Province du Sud-Kivu par les ressortissants des huit territoires qui la
- La non valorisation des services intervenant dans la chaîne des recettes insinue :
- La non rétrocession de 10% aux services ayant mobilisés les recettes (impôts, droits, redevances et taxes) ;
- Le manque de sécurisation du travail du Personnel (Absence de la Fonction publique en Province fait que les recrues de la DPMER/SK et du CPIF-SK de 2012 demeurent des nouvelles unités dix ans après leur recrutement) ;
- L’absence d’un syndicat en sein du CPIF-SK et de la DPMER/SK pour défendre et revendiquer les droits des travailleurs ;
- L’absence de salaire du personnel des services décentralisés
Le concept prime qu’utilise chaque année le budget provincial pour nommer ce que la Province est tenu de reverser mensuellement à son personnel et qui , en plus ne pas être régulier, n’est pas actualisé au meilleur des cas au taux (parité dollars –franc congolais) de perception des droits, taxes, impôts et redevances et au pire des cas au taux budgétaire en lieu et place de salaire a-t-il été choisi à dessein pour éviter à la Province de reverser à son personnel tous les éléments constitutifs d’un salaire sachant que la prime est une partie du salaire? Nul n’est point besoin de rappeler que le salaire comprend le salaire de base, les primes (de performance, d’ancienneté, de risque), les avantages en nature, contribution de l’employeur à un régime de retraite et à un plan d’épargne salariale, commissions, les gratifications, indemnités et remboursement (des frais de transport), les avantages sociaux (assurance-maladie, allocations familiale ;
- La gestion subjective de carrière au sein des services décentralisés
En effet, rien n’explique, même pas au nom de la libre administration des Provinces que pendant que certaines personnes bénéficient des montées spectaculaires de grades qui ne respectent pas la règlementation en la matière , d’autres gardent le même grade depuis l’opérationnalisation des services décentralisés malgré le fait que ce grade ne correspond pas, pour certains, au grade pour lequel ils avaient postulé aussi bien à la DPMER/SK qu’au CPIF-SK. Il est certes vrai que les contraintes budgétaires l’expliquaient au début, dix ans après ces injustices et irrégularités devaient déjà avoir été corrigées. Quelques personnes ont été dégradées ;
- La non opérationnalisation de certains services provinciaux en Province du Sud-Kivu
La Direction provinciale de contrôle marché publics en Province du Sud-Kivu est mise à l’écart des marchés publics attribués par la Province et dont elle devait pourtant s’occuper.
- L’injustice et la disparité des rémunérations en Province du Sud-Kivu
D’une part, ceux qui occupent les postes politiques reçoivent des rémunérations de très loin supérieures à ceux du Personnel la régie financière provinciale qui peinent à mobiliser les recettes pour la Province et, d’autre part, il y a disparité des salaires entre les grades ;
- L’exigence de la pratique des engagements locaux dans certains territoires en lieu et place de la géopolitique provinciale ou nationale.
- Les raisons du retard de développement de la Province du Sud-Kivu
A ces raisons qui retardent le développement de la Province du Sud-Kivu, nous proposerons quelques pistes de solution.
Quelques pistes de solution
Pour permettre à la Province du Sud-Kivu de bien jouer son rôle pour le développement de la RDC, nous proposons ce qui suit :
- Que la Province du Sud-Kivu soit désenclavée afin de permettre à la population (de la Province et de la RDC) d’avoir accès facile et direct à la production (provinciale ou nationale) avant de recourir à l’importation et d’exporter le surplus des productions. La nécessité de baliser les lacs Tanganyika et Kivu pour développer le trafic lacustre sur toute l’année et développer la production issues de la pêche en instaurant la pêche industrielle ;
- Que les pistes d’atterrissage de l’aéroport de Kavumu soient réhabilitées pour faire exploser le trafic aérien provincial et que l’aéroport de Kavumu soit internationalisé afin de favoriser l’industrialisation et le développement du tourisme en
Que cette internationalisation de l’aéroport de Kavumu, telle que nos notables ont commencé à y penser, devienne une réalité ;
- Mettre un terme à l’insécurité et conjuguer avec le pouvoir central pour juguler la guerre à l’Est ;
- La dépolitisation de l’Administration ;
- Que l’Assemblée (provinciale et/ou nationale) vote des lois pour interdire aux politiciens de faire les affaires ni par eux-mêmes ni par personne interposée et que les biens des politiciens imposables en paient normalement tous les droits de la Province pour renflouer les caisses de la Province et que la loi électorale interdisent aux entrepreneurs de postuler à tous les niveaux d’une part et limite, d’autre part, le nombre de mandat de député (provincial et national), Sénateur et autres afin de permettre aux anciens politiciens de faire les affaires ;
- Que la gestion à la tête de la Province soit rotative selon les territoires qui la composent afin de diminuer les frustrations et que la Constitution fixe le nombre minimum et maximum de Provinces compte que doit compter la RDC et renchérisse, tout en précisant qu’une province déjà issue du démantèlement ne puisse pas subir de démantèlement ;
- Que le service de l’anti-fraude soit incorporé à la Division de l’Inspection de la DPMER-SK et que la nomenclature du Pouvoir central, de la Province, de la mairie, de la commune soit une fois de plus visitée pour favoriser l’entrepreneuriat ;
- Que les services intervenant dans la chaîne des recettes et autres services relevant de la Province soient valorisés ;
- Que la disparité des rémunérations au sein des services décentralisés et entre services décentralisés et les postes politiques soient réduites en Province du Sud-Kivu ;
- Que le recours à la géopolitique soit applicable dans tous les territoires de Province du Sud-Kivu.
Il ressort de ce qui précède que pour que notre Province du Sud-Kivu soit développée et qu’elle participe au développement de la RDC à la hauteur de ses potentialités, il sied qu’elle reste une et indivisible afin que ses fils et filles puissent unir leurs efforts et regarder ensemble dans la même direction pour le bien du Sud-Kivutien, en particulier, et du Congolais, en général.
Il est temps que la Province du Sud-Kivu issue du démembrement de l’ancienne Province du Kivu qui a eu lieu en 1988 ne soit plus jamais découpée, à son tour mais, que l’on y travaille pour connaître son essor économique. Car, elle a assez traîné les pas.
Fait à Bukavu, le 09/06/2024
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