«Hommage aux victimes du 30 décembre 2013 » : la vérité ne meurt jamais, Mémoire, vérité et réhabilitation

«Hommage aux victimes du 30 décembre 2013 » : la vérité ne meurt jamais, Mémoire, vérité et réhabilitation

(Par Par Mingiedi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé)

Tribune commémorative

Chaque 30 décembre, la conscience congolaise devrait s’arrêter.

S’arrêter pour se souvenir.

S’arrêter pour comprendre.

S’arrêter pour ne plus jamais accepter le mensonge comme récit officiel.

Car le 30 décembre 2013 n’est pas une date ordinaire dans l’histoire récente de la République démocratique du Congo.

C’est une cicatrice nationale, un jour où la vérité fut violemment réprimée, et où des civils sans armes furent fauchés pour avoir choisi de rester du bon côté de l’Histoire, en refusant de se soumettre au régime d’occupation.

Ce qui s’est réellement passé

Contrairement à ce qui fut martelé à l’époque, le 30 décembre 2013 n’a jamais été une tentative de coup d’État.

Il s’agissait d’une répression sanglante consécutive à deux lettres ouvertes publiées les 5 et 28 décembre 2013 par Sa Majesté le Prophète Joseph Mukungubila Mutombo.

Dans ses lettres ouvertes, le Prophète posait une question simple mais explosive :

« Jusques à quand le peuple congolais va-t-il devoir payer en versant son sang pour ce pays ? »

Ces mots interpellaient la conscience nationale et dénonçaient l’occupation déguisée du territoire congolais.

Pour avoir dénoncé l’infiltration étrangère, la colonisation de peuplement à l’Est, l’imposture au sommet de l’État et la compromission de certaines élites, le Prophète Mukungubila fut désigné comme cible à abattre.

Un massacre, pas une opération de sécurité

Le 30 décembre 2013, sa résidence de Lubumbashi, au quartier Golf-Kabulameshi, fut encerclée par des forces lourdement armées.

Sans sommation, le feu fut ouvert.

Des hommes, des femmes, des fidèles réunis pour des prières de fin d’année, furent tués à bout portant.

Ce jour-là, l’État congolais n’a pas protégé ses citoyens.

Il s’est retourné contre eux.

La longue nuit : prisons et exil

À la suite de ce massacre :

  • des disciples furent arrêtés et détenus arbitrairement ;
  • d’autres disparurent sans laisser de traces ;
  • l’Église de Dieu fut fermée ;
  • un mandat d’arrêt international fut lancé contre le Prophète.

Pris pour cible par un dispositif de persécution méthodiquement organisé en vue de son élimination physique, Joseph Mukungubila fut contraint à un exil forcé, mais la justice sud-africaine, saisie du dossier, établira par la suite son innocence et rejettera toute demande d’extradition.

Pendant près de dix années, ses disciples croupiront dans les geôles de la République, dans un silence assourdissant.

Quand l’Histoire commence à réparer

Le temps est le meilleur juge.

  • Le 16 octobre 2023, une ordonnance présidentielle met fin à cette injustice : les disciples du Prophète Mukungubila sont libérés.
  • Le 7 juillet 2024, après plus de dix ans d’exil forcé, Sa majesté, le Prophète Joseph Mukungubila rentre au pays de ses ancêtres, par l’aéroport international de N’djili.

Ce retour n’est pas un détail.

Il est une réhabilitation morale et historique.

La restitution des martyrs et l’impact sur les familles

Aujourd’hui, nous réclamons la restitution des corps des martyrs afin qu’ils puissent être enterrés dans la dignité, selon nos us et coutumes. Les familles de toutes les victimes du 30 décembre 2013 ont le droit de faire leur deuil. Qu’on nous montre l’emplacement des fosses communes où nos sœurs et frères ont été enterrés, parfois même vivants.

Le 30 décembre 2013, il n’y a pas eu seulement des morts, mais aussi de nombreux portés disparus.

Des parents tombés ce jour-là ont laissé derrière eux des orphelins, ou des enfants venus au monde sans connaître leurs pères.

D’autres familles ont perdu des jeunes diplômés et étudiants prometteurs, qui auraient pu apporter un plus à la République et à leurs proches.

Tous ces Congolais furent sauvagement massacrés par la main d’un bourreau, qui aujourd’hui a choisi de soutenir le mouvement criminel AFC-M23, je cite : alias Joseph Kabila et son allié, le tout-puissant gouverneur du Katanga : Moïse Katumbi Chapwe Soriano.

Nous demandons à la CNDH (Commission Nationale des Droits de l'Homme, présidée aujourd’hui par monsieur Paul Nsapu, qui fut l’un des rédacteurs et enquêteurs du rapport sur ce carnage, de réouvrir ce dossier, afin que les familles des victimes puissent être rétablies dans leurs droits naturels.

Une date comparable au 4 janvier 1959

Tout comme nos pères de l’indépendance sont tombés pour l’indépendance contre les colons, les partisans du Prophète Joseph Mukungubila sont également tombés le 30 décembre 2013 pour la libération de leur pays contre les envahisseurs.

Le sens du 30 décembre, aujourd’hui

Commémorer le 30 décembre, ce n’est pas raviver la haine.

C’est refuser l’effacement de la mémoire.

C’est reconnaître que des Congolais sont morts non pas pour un coup d’État, mais pour avoir été témoins et porteurs d’une vérité dérangeante.

C’est rappeler que la vérité finit toujours par revenir, même après l’exil, même après les prisons.

Pour que cela ne se reproduise plus

Un peuple qui oublie ses martyrs prépare les massacres de demain.

Un peuple qui commémore se protège.

Le 30 décembre doit demeurer :

  • un jour de mémoire nationale,
  • un temps de recueillement,
  • un appel à la vigilance patriotique

Car la paix durable ne se construit ni sur le mensonge, ni sur l’amnésie, mais sur la vérité reconnue et assumée.

Honneur aux victimes du 30 décembre 2013.

Mémoire aux martyrs de la vérité.

Et que l’Histoire ne se taise plus.

Par Mingiedi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé

Activiste, Penseur et Notable de Madimba

 

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