(Par Ange Ngoya Kazadi)
Quatrième Vice-Présidente Nationale chargée des Elections
La date de la journée internationale des droits des femmes, une journée qui a trouvé son origine à la suite de la grève générale et des manifestations des femmes russes, à Petrograd (actuellement Saint- Pétersbourg), le 23 février 1917.
Or, à l'époque, la Russie utilisait le calendrier julien, qui doit son nom à l'empereur romain Jules César. C'est l'occasion pour les femmes de réclamer leurs droits, les meilleures conditions de travail, les droits civils, sociaux, politiques et religieux.
En effet, c'est en 1910 que l'Internationale socialiste, réunie à Copenhague, au Danemark, décida d'instaurer une journée dédiée aux femmes pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour favoriser l'obtention du suffrage universel.
Quel est le but de la Journée Internationale des droits des femmes ?
Cette journée, issue de l'histoire des luttes féministes menées sur plusieurs fronts, notamment l'interdiction faite aux femmes de prendre la parole en public, n'a pour seul but que la recherche de l'obtention de l'égalité des droits pour les femmes.
Traditionnellement, les groupes et associations de femmes militantes préparent des événements partout dans le monde pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, améliorer leurs conditions.
Pourquoi parle-t-on des droits des femmes ?
L'histoire des droits des femmes est celle des droits reconnus aux femmes afin de mettre fin aux discriminations dont elles sont victimes et d'établir l'égalité des sexes.
Certes, la situation des femmes congolaises face à leurs droits n'a pas totalement évolué.
Dotée d'une population de près de cent vingt (120) millions d'habitants dont 52 % sont des femmes, la République Démocratique du Congo s'illustre par plusieurs discriminations à l'endroit des femmes dont on ne cesserait de soulever pour une amélioration meilleure, entre autres, « Les méfaits et l’exploitation du capitalisme à l’endroit des femmes congolaises. »
Considéré comme l'une des sources principales de détérioration du système économique de la RD Congo, le capitalisme qui est basé sur la propriété privée des moyens de production et structuré en vue de maximiser les profits, a toujours exploité les femmes congolaises, victimes de nombreuses discriminations.
Il s'oppose au socialisme et, plus encore, au communisme.
Ce système, le capitalisme, exerce des violences contre les femmes congolaises, surtout sur le front institutionnel, car étant une source de violence aussi intense, ne pourrait pas être perpétré avec une relative impunité par ses actions.
Ce que le capitalisme fait aux femmes congolaises
Le capitalisme dans son développement a multiplié des maux à l’égard de la femme congolaise qui renforce son malheur. Notamment:
- L’oppression des femmes : très ancienne bien sûr qui préexiste au capitalisme qui est aussi un système d’oppression mais plus global. Cette oppression que les femmes subissent en tant que femmes de la part des hommes, se produit de multiples façons au-delà de l’aspect strictement économique : par le langage, la filiation, les stéréotypes, les religions, la culture… Cette oppression prend des formes très différentes selon le milieu où elle est développée en RD Congo, en milieu urbain ou en milieu rural.
- La domination des femmes : elle se caractérise par une méconnaissance totale ou partielle des droits des femmes. Les femmes mariées par exemple, en RD Congo, ne jouissent quasiment pas de leurs droits malgré l'existence du Code de la famille. Une fois mariée, l’homme et la société marchent sur les droits de la femme.
- La violence : la domination s’accompagne toujours d’une violence, qu’elle soit physique ou morale. La violence physique, ce sont les violences conjugales, le viol, les mutilations génitales, etc. Cette violence peut aller jusqu’au meurtre. Les violences morales ou psychologiques, ce sont les insultes, les humiliations ou les violences inscrites dans les représentations (les mythes, les discours, etc.). Par exemple, chez certaines tribus, la femme n’a aucune valeur. Elle n’est pas considérée comme une partenaire au développement, mais plutôt comme un objet de reproduction et de plaisir ou de satisfaction sexuelle.
- Le discours qui fait passer les inégalités sociales pour les données naturelles : les rapports de domination s’accompagnent le plus souvent d’un discours qui vise à faire passer les inégalités sociales pour des données naturelles. L’effet de ce discours, c’est de faire admettre ces inégalités comme un destin incontournable : ce qui relève de la nature, ne peut pas être changé.
- La surexploitation des femmes : les femmes sont « surexploitées » sur leur lieu de travail et elles fournissent en plus, de longues heures de travail domestique mais ces dernières n’ont pas le même statut que les heures de travail salarié. Sur le plan international, les statistiques montrent que si on prend en compte le travail professionnel des femmes qui est rémunéré, plus le travail domestique, le groupe des femmes produit un « surtravail » par rapport à celui des hommes. Cette non-mixité dans les tâches et les responsabilités familiales est la face visible (grâce aux féministes) d’un ordre social fondé sur la division sexuelle du travail, c’est à dire sur une répartition des tâches entre les hommes et les femmes, suivant laquelle les femmes seraient censées se consacrer prioritairement et « tout naturellement » à l’espace domestique et privé tandis que les hommes se consacrent à l’activité productive et publique. Cette répartition loin d’être « complémentaire » définit une hiérarchie entre les activités « masculines » (valorisées) et les activités « féminines » (dévalorisées). Elle n’a jamais correspondu, dans les faits, à une égalité. La grande majorité des femmes a toujours cumulé une activité productive (au sens large du terme) et l’entretien du groupe domestique.
- L’exclusion d'une certaine catégorie des allocations sociales : en ce moment des crises dans un système capitaliste, il est mis en place des plans d’austérité qui excluent les femmes des allocations sociales.
Comment définir les droits des femmes ?
Les droits des femmes sont des droits humains. Ils comprennent :
- Le droit de vivre libre de toute violence et discrimination,
- Le droit au meilleur état de santé physique et mentale susceptible d'être atteint,
- Le droit à l'éducation,
- Le droit à la propriété,
- Le droit de voter &
- Le droit à un salaire égal.
Pourquoi définir les droits des femmes ?
En premier lieu, il est important de comprendre que les violences faites aux femmes sont devenues monnaie courante. Cela se reproduit en plusieurs milieux à la fois. L'exploitation des femmes est devenue l'apanage de tous.
Aujourd'hui, la majorité des ‘‘FEMMES’’ congolaises fait partie de la main-d'œuvre mal rémunérée, les restantes sont exposées aux travaux domestiques mal payés, aux travaux dont les sources des revenus, les moyens de production et d'échange n'appartiennent pas à elles-mêmes qui les mettent en œuvre par leur dur et propre travail, plutôt orienté vers l'enrichissement d'une petite minorité.
On remarque qu’il y a aussi des entreprises au Congo qui pratiquent la logique du profit, qui ne tiennent pas compte de la moralité, de la sécurité et de la santé même de certaines femmes. Dans certaines entreprises, les femmes travailleuses sont victimes des plans d’austérité en réduisant des dépenses pour augmenter leurs profits en commençant par les salaires et en diminuant les effectifs. Les femmes, en premier lieu, sont les principales victimes de cette persécution, puisque ce sont elles qui sont les plus paupérisées par la capitalisation de la vie économique tandis que la régulation de leur sexualité et de leurs capacités de reproduction est condition de la construction de formes plus strictes de contrôle social.
Quelle en est la raison ?
Le taux d'analphabétisme chez les femmes est le plus élevé. La prostitution est une œuvre qui ramène des grossesses indésirables, les mariages précoces, la pauvreté qui bat son plein, la concentration des femmes dans les secteurs moins rémunérateurs qui expliquent l'inégalité salariale entre les sexes.
Que peut-on faire pour y remédier ?
- Insister sur les causes principales de la création des situations insatisfaisantes de la femme congolaise ;
- Marteler sur l'absence d'initiative du gouvernement congolais pour remédier à la situation ;
- Appeler la femme à hausser son niveau de réflexion à travers des formations ;
- Amener la femme à avoir un esprit ouvert et conscient. Ayant confiance en elle, elle est capable de faire plus et mieux que les hommes, d'atteindre le niveau supérieur et de dissiper le doute en elle ;
- Élever la voix devant des violences sexuelles, morales et de toutes formes. Que ça soit dans des milieux scolaires ou institutionnels ;
- Dénoncer tous ces acteurs du capitalisme. Les ONG et les partis politiques doivent organiser des séminaires à propos du rôle des femmes dans la construction nationale ;
- Le gouvernement doit revoir les salaires des femmes et les encourager, même pour l'accès à des prêts bancaires pour la tenue de leurs propres business, qui luttera contre le chômage et la pauvreté féminine.
Quel est le message à retenir de la lutte contre les méfaits du capitalisme à l’endroit des femmes en quelques lignes ?
Le message le plus important à retenir est : l'égalité des genres est une idée simple. C'est la conviction que les femmes méritent les mêmes droits, les mêmes opportunités et les mêmes connaissances que les hommes. C'est aussi la conviction que les femmes apportent autant à la société que les hommes.
Être féministe, c’est prendre donc conscience de cette oppression et de travailler à la détruire pour favoriser l’émancipation des femmes.
Les femmes ne doivent pas cesser de toujours lutter collectivement pour revendiquer leurs droits.
Fait à Kinshasa, le 08 Mars 2025.