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Fidélité et droiture

(Par l’Ambassadeur André-Alain Atundu Liongo)

Les élections de 2023 ont connu une victoire raz de marée de l’Union Sacrée de la Nation. Tous les postes de confiance, à quelques exceptions près, ont été confiés aux fidèles du Chef de l’Etat. Ces hommes, réputés comme tels, sont censés être des vecteurs de confiance et de crédibilité devraient prêcher par l’exemple avec à la clé l’efficacité d’action et l’exemption de soupçon à l’instar de la Femme de César.

Pour que la fidélité de ces hommes soit considérée comme une qualité, ceux-ci doivent être caractérisés par la droiture, la franchise, l’intégrité morale et la loyauté dans leur relation avec le Président. Aussi bien dans l’exécution des tâches et missions qui leurs sont confiées que dans le choix et l’appréciation de personnes appelées à accompagner le Président au cours de son mandat.

Et pourtant, dans le casting et dans le cadre des projets emblématiques comme le développement à partir des 145 Territoires, ces Hommes fidèles dits de confiance font, à tort ou à raison, l’objet de tous les soupçons ; monnayage et absence de sincérité dans leurs rapports avec le Président Tshisekedi.

Les conflits d’intérêt sur fond de délit d’initié ou de pratiques mafieuses, en raison de leurs statuts, ne font qu’accréditer une telle supputation.

En l’occurrence, l’incident lors du séjour d’itinérance du Président de la République à Kananga en est une illustration emblématique.

Dans cet ordre d’idées, émerge, depuis quelque temps, une controverse, dans la grande Province de l’Equateur, autour des fonds et des réalisations des ouvrages dans le cadre du développement à partir des 145 Territoires.

Sans entrer dans le fonds du problème, où il y a certainement à boire et à manger, cette situation déplorable est due soit à la méconnaissance par mauvaise foi soit à l’ignorance naïve. Hypothèse difficilement acceptable dans le chef de ceux qui sont censés connaître le mieux le Président Tshisekedi.

Ce qui ruine, non seulement, leur crédibilité dans l’opinion mais aussi celle du Président qu’ils sont censés servir.

Alors que la politique du développement à partir des 145 Territoires devrait revaloriser ces Entités et les acteurs socio-économiques locaux, malheureusement, ceux à la base de ce programme se sont mués comme par enchantement en acteurs socio-économiques au détriment des entreprises locales, annihilant ainsi la volonté affirmée du Président Tshisekedi de justice distributive.

Ce comportement préjudiciable, équivalent à un délit d’initié, occasionne inévitablement des conflits d’intérêts dans le chef de ceux qui deviennent ainsi par la force des choses juge et partie, au point d’exaspérer les populations concernées et les acteurs locaux qui ne savent à qui se vouer pour avoir des éclaircissements ou tout simplement la justice.

Ils affichent, sans vergogne et sans crainte, ce comportement indolent, convaincus que leur fidélité au Président Tshisekedi leur garantit l’impunité.

En tout cas, leur donne le privilège d’être à l’abri et au-dessus des lois grâce aux pieux mensonges débités à longueur de journée dans l’oreille du Président.

Et pourtant le cas d’un Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat, trainé devant la justice, devrait leur servir de référence et d’alerte.

Ces personnages indélicats, sans foi ni loi, devraient être mis hors d’état de nuire pour la crédibilité du Président en tant que Garant de la Nation.

Fait à Kinshasa, le 02/04/2025

Ambassadeur André-Alain Atundu Liongo

 

Fidélité et droiture
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L’Afrique face aux taxes douanières imposées par Donald Trump

(Par Christian Gambotti, Président du Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Afrique de Demain)

 Le continent doit, de toute urgence, produire pour l’Afrique, développer les échanges commerciaux intra-africains et se réorienter vers d’autres puissances commerciales.

L’Afrique et la guerre commerciale planétaire engagée par Trump : la remise en cause de l’AGOA

Au début du mois de mars, alors qu’il justifiait, devant le Congrès, les coupes massives dans les programmes d’aide destinées aux nations en développement, Trump avait dit, à propos du Lesotho : un pays « dont personne n’a jamais entendu parler ». Pourtant, les exportations vers les Etats-Unis de ce petit pays d’Afrique australe, totalement enclavé dans l’Afrique du Sud, sont désormais frappées de droits de douane de 50%, les plus élevés pour une seule nation en Afrique (1). Le Lesotho, dont l’économie déjà fragile dépend de l’assistance étrangère et des exportations de vêtements vers le marché américain, pourra-t-il surmonter l’impact négatif de cette hausse vertigineuse des droits de douane ?  Ces droits de douane dits « réciproques », qui frappent une vingtaine de pays africains, décidés de façon unilatérale par Trump, remettent en cause l’AGOA (2), l’accord commercial préférentiel avec les Etats-Unis. Quelques rares secteurs seront fortement impactés, mais le volume des relations commerciales avec Washington étant modeste, les effets de la hausse des droits de douane aux Etats-Unis devraient être limités pour le continent africain. La véritable inquiétude concerne la fin de l’aide humanitaire et du soutien à la stabilité, alors que nous assistons, partout en Afrique, à exacerbation des crises.

L’exemple de la RDC montre que Trump s’intéresse à l’Afrique à la manière de Trump

Pour être clair, Trump ne s’intéresse pas à l’Afrique. En revanche, il s’intéresse aux accords commerciaux qu’il peut signer avec chaque pays africain dans des relations bilatérales et selon le principe du « deal », c’est-à-dire le marché, l’arrangement, la transaction passée entre deux pays. Les relations entre les Etats-Unis et la République Démocratique du Congo (RDC) sont le meilleur exemple de la manière dont Trump voit les relations internationales : chaque année, les États-Unis importent 323 millions de dollars par an de la République Démocratique du Congo, mais ils n’exportent que 253 millions de dollars de biens manufacturés vers la RDC. Déficit commercial : 70 millions de dollars. Or, Trump ne regarde que le déficit commercial des Etats-Unis avec chaque pays. A cela s’ajoute le fait que les États-Unis sont le principal donateur bilatéral de la RDC, fournissant un soutien au développement, à la stabilité et une aide humanitaire. Avec Trump, il n’est pas question de multilatéralisme, de soutien au développement et à la stabilité, ni d’aide humanitaire. En revanche, selon le département d’Etat américain, les Etats-Unis sont prêts à discuter d’un partenariat sur les terres rares de la RDC, à l’image de celui en discussions avec l’Ukraine : un accord sur ces minerais (cobalt, lithium, etc.) en échange d’une aide à la sécurité contre les attaques du Rwanda et des rebelles du M23 dans l’Est du pays. De façon caricaturale, on pourrait dire que Donald Trump ne discute pas avec Félix Tshisekedi de géopolitique. Il laisse son Secrétaire d’Etat, Marco Rubio, et son conseiller principal pour l’Afrique, Massad Boulos, nouer un accord commercial avec le ministère des Mines congolais. Le 3 avril,  Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique du Président américain Donald Trump, a rencontré le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi. On sait déjà que seuls les métaux stratégiques africains sont épargnés par ces taxes, ce qui exonère le cuivre et le cobalt de la RDC.

Mais, derrière la déclaration convenue de Massad Boulos, il faut décrypter la réalité de l’intérêt que Trump porte à la RDC : « Nous souhaitons une paix durable qui affirme l'intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC, tout en posant les bases d'une économie régionale florissante. (…) Nous visons à stimuler les investissements du secteur privé américain en RDC, notamment dans le secteur minier, pour contribuer à la prospérité de nos deux pays. » S’agit-il d’un accord gagnant-gagnant, ce que semble proposer le « deal commercial » de type trumpien ou, à nouveau, d’un bradage des ressources minières du pays en échange d'une hypothétique protection sécuritaire américaine (3) ? Si l’on prend le cas de l’Ukraine, Trump ne parvient toujours pas à imposer un accord de paix à la Russie. Il est vrai que Poutine, l’un des bénéficiaires du partage du monde que prévoit Trump, n’est pas Kagamé, le président d’un petit pays africain. Trump pourra-t-il imposer à Kagamé « une paix durable qui affirme l'intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC » dans l’Est du pays ?

Trump s’était désintéressé de l’Afrique lors de son premier mandat (2017-2021). La destination choisie pour ce premier déplacement sur le continent, mais surtout le programme dicté par la doctrine de l’« America first »,  indiquent l’importance accordée par le président Trump au dossier congolais. Il ne s’agit pas d’une soudaine compréhension de l’importance de l’Afrique dans le nouvel ordre mondial. Trump maintient la réduction drastique de l’aide au développement et de l’aide humanitaire en Afrique, ce qui aggrave l’instabilité politique du continent.

Merci Trump

L’Afrique ne doit pas s’étonner de la politique de Trump que résume le slogan MAGA (« Make America Great Again »), slogan utilisé par Ronald Reagan dans sa campagne électorale de 1979 et popularisé par Donald Trump à partir de 2016, lors des primaires du parti Républicain. Qui peut reprocher à Trump de vouloir rééquilibrer la balance commerciale des Etats-Unis et résorber le déficit abyssal de l’Etat fédéral ? Il le fait de façon brutale et unilatérale, sans vouloir distinguer entre alliés historiques et ennemis politiques des Etats-Unis. Pour Trump, la politique se réduit à l’économie. Depuis l’élection de Trump, le monde est entré dans une nouvelle ère, symbolisée par la scénarisation des dizaines de décrets signés à la hâte devant les télévisions. Le réveil est d’autant plus brutal que le langage de Trump ne s’encombre pas de la politesse hypocrite de la vieille diplomatie du vieux monde. C’est finalement une bonne chose. Les Etats africains doivent désormais ouvrir les yeux et appliquer la réciprocité avec les puissances étrangères et les multinationales qui veulent exploiter leur sol et leur sous-sol. Ce n’est pas une revanche d’un continent en développement sur les pays riches qu’il faut mettre en œuvre. L’Afrique doit créer les conditions qui vont permettre aux Etats africains de : 1) produire pour l’Afrique 2) développer les échanges intra-africains 3) nouer des partenariats stratégiques « gagnant-gagnant » 4) se réorienter vers d’autres puissances commerciales.

Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. Déjà, en 1848, dans son Discours à la Chambre des Communes du Royaume-Uni, Henry John Temple avait dit : « We have no eternal allies, and we have no perpetual enemies. Our interests are eternal and perpetual, and those interests it is our duty to follow. » (L’Angleterre n’a pas d’amis ou d’ennemis permanents ; elle n’a que des intérêts permanents et ces intérêts sont la seule obligation que nous devons suivre.)

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  • Une vingtaine de pays africains sont concernés par ces droits de douane dits « réciproques » : Lesotho: 50 %, Madagascar : 47 %, Maurice : 40 %, Botswana : 37 %, Libye :31 %, Afrique du Sud : 30 %, Algérie : 30 %, Tunisie : 28 %, etc. La Côte d’Ivoire voit son cacao frappé par une taxe de 21%.
  • AGOA : l'African Growth and Opportunity Act (AGOA), adopté en mai 2 000 par le Congrès des États-Unis et signée par le président Bill Clinton, prolongé en 2015 par Barack Obama, concerne 39 pays africains. L’AGOA constitue la « pierre angulaire » des relations commerciales entre les États-Unis et l'Afrique. Les conditions d’accès au programme de l’AGOA favorisent les Etats-Unis, même si ce programme constitue une aide pour soutenir les exportations des pays africains vers Etats-Unis.
  • Le catastrophique contrat commercial du siècle entre la RDC et les entreprises chinoises conclu en 2008 « minerais contre infrastructures », s’était traduit par un déséquilibre manifeste, les entreprises chinoises ayant généré 10 milliards de dollars américains de profits, la RDC n’ayant reçu, en retour, que 822 millions de dollars sous forme d'infrastructures.

 

L’Afrique face aux taxes douanières imposées par Donald Trump
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Il est temps pour qu’une nouvelle génération d’hommes politiques crédibles, des figures emblématiques émerge en RDC pour gérer le pays

(Par le Professeur Florent Gabati)

Avec la guerre à l’est du pays et la présence d’une classe politique de charognards qui érigent un système complexe de détournement, de corruption, jamais dans l’histoire de la RDC la présidence, les ministères de Transport, des Finances et de la Défense n’ont été aussi imbriqués dans les questions de détournements de grande ampleur. Si les congolais sont des laissés pour compte, notre responsabilité nous incombe en tant que congolais de la nouvelle génération politique de nous mobiliser contre l’injustice, le pillage et de combattre tous ces pachydermes politiques congolais, ces caciques qui continuent de détruire notre pays. Notre volonté est celle de nous approprier davantage l’appel du pape François à l’occasion de la messe du dimanche des Rameaux 25 mars 2018aux jeunes délégués des conférences épiscopales de tous les continents participant aux travaux du pré- synode de ne pas rester silencieux, mais de « crier » contre le népotisme, le clientélisme, la pauvreté, la corruption. Cet appel est marqué par des temps forts notamment la réponse de Jésus-Christ aux pharisiens d’hier et de tous les temps. Ce qui apparaît comme interrogation aujourd’hui, est ce que les jeunes congolais ou les acteurs congolais de la nouvelle génération politique rompant radicalement avec les états d’esprit des dinosaures de la classe politique congolaise, pourront-il saisir ce cadre de pensée et d’action pour s’émanciper et s’assumer ?

Dans la situation actuelle où les dirigeants montrent leurs limites et dévoilent au grand jour leur gloutonnerie, le message du pape arrive à point nommé. Si les jeunes congolais et les acteurs de la nouvelle génération politique restent silencieux, « les pierres crieront ». Il nous est impérieux d’entendre la réponse de Jésus-Christ aux pharisiens d’hier et de tous les temps (Luc 19,40). Les Congolais de la nouvelle ère devront s’assumer dès maintenant en criant, eux qui souffrent de la pauvreté, du népotisme, de la mafia en dénonçant les voleurs (Miyibi en lingala) de la république. Des faits d’une gravité sans pareille ne peuvent pas passer sous silence en l’occurrence ce détournement de 722 millions de dollars révélé par un rapport confidentiel (source Club-k.net) sur la Rdc. Cette expertise décrit un réseau de sociétés écran et de paiement offshore vers des juridictions installées au Qatar, les Emirats arabes unis, la Turquie et le Liban. L’enquête a également identifié des transferts financiers d’une valeur de plus de 218 millions de dollars vers des sociétés offshores dont Kalua Holding, Al Watan Trading & Logistics, Belmaco Investment Group… Ce même rapport révèle que des personnalités importantes sont impliquées dans la coordination de ces contrats frauduleux et dans la gestion opaque des fonds de la défense. Si Luanda a mis fin à son rôle de médiateur en se recentrant sur d’autres priorités continentales, c’est une façon de dénigrer le manque de maturité politique du président congolais et surtout sa duplicité. D’ailleurs le double jeu des personnalités politiques congolaises est pointé dans leurs accointances avec de groupes rebelles ou Forces armées étrangères et le manque d’engagement réel en faveur des efforts de paix dans la région. Nous l’avions toujours dit : l’Angola demeure l’une des plus grandes puissances militaires d’Afrique et à ce juste titre aucune force armée nationale dans région de l’Afrique centrale détient le même rapport de force.

C’est dans ce contexte de la ploutocratie, faut-il contredire le républicain Ronny Jackson quand il délivre des vérités sur l’état des lieux de la Rdc ? Son rapport décrié par certains révèle des facettes machiavéliques du régime actuel. Il faut être un étourdi pour réfuter la part de vérité sur le pillage systématique des deniers publics par la classe politique mafieuse notamment par le président et sa famille ainsi que ses amis qui s’enrichissent comme à la jungle.

L’émergence de nouveaux acteurs politiques congolais ne se fera pas par un coup de baguette magique, il faut entrer en compétition en ayant des grandes ambitions en demeurant iconoclaste, s’appuyer sur la société civile et créer des plateformes politiques. Il faut aussi transformer la culture de la peur par des sentiments de patriotisme, de nationalisme et d’union nationale. In fine, comment les congolais peuvent-ils encore s’appuyer sur des voleurs de la république, des caciques arc-boutés sur des idées archaïques dont d’une part le dénominateur commun reste la prévarication et d’autre côté la politique a souvent rimé avec les magouilles, la mafia, le pillage, la corruption ? Ne nous laissons pas inféoder par des médiocres, des gens sans substrats intellectuels, des repris de la justice ou CPI, de la racaille qui fait souffrir le peuple. Nous exhortons les congolais de prendre dès maintenant leur destin en main afin que notre pays ne bascule pas dans la destruction totale.

Il est temps pour qu’une nouvelle génération d’hommes politiques crédibles, des figures emblématiques émerge en RDC pour gérer le pays
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Une glorieuse apocalypse

(Par le Professeur Patience Kabamba)

 

Deux amis d'âge identique étudiaient au même collège jésuite. Chaque fin de semaine, Nzomputu et Nzomvuama, deux amis, se rendaient à la ferme du père de Nzomvuana pour y passer du bon temps. Ainsi, chaque samedi soir après leurs tâches à la ferme, Nzomputu recevait une importante somme d'argent de la part du père de Nzomvuama en guise de remerciement pour son aide à la ferme. Au début, Nzomputu exprimait son indignation en affirmant qu'il agissait par loyauté envers son ami Nzomvuama. Après avoir terminé leurs études secondaires avec succès, les deux garçons ont brillé. Ils avaient tous deux choisi de ne pas intégrer l'université tout de suite, préférant consacrer une année à se préparer pour faire un choix plus éclairé.

Au cours de cette année, Nzomputu sollicita le père de Nzomvuama pour qu'il œuvre constamment dans sa ferme en attendant que ce dernier finalise son inscription à l'université de Kinshasa l'année prochaine. Le père de Nzomvuama a consenti à lui donner un poste parmi ses ouvriers tout en léguant à son fils Nzomvuama l'ensemble de ses possessions.

Il se voit donc attribuer la propriété légale des biens de son père. Nzomvuama a reçu en héritage plusieurs milliers de dollars de son père. Tous les travailleurs lui témoignaient beaucoup de respect. Nzomputu était dans l'incertitude sur la manière de continuer son amitié avec celui qui a hérité de la ferme de son père, la même ferme où il exerçait en tant que travailleur. Une séparation a commencé à s'établir entre les deux amis.

Nzomvuama est désormais un patron de la bourgeoisie locale, tandis que Nzomputu, l'ouvrier, se retrouve dans la classe prolétarienne. L'écart entre Nzomvuama et Nzomputu s'est considérablement élargi, entraînant une transformation notable de leur relation amicale. Nzomvuama fait son entrée dans le cercle bourgeois.

Toutefois, Nzomputu se retrouve entouré de prolétaires synonymes de pauvreté et de difficulté. Le prolétariat aspire à l'abolition de la monnaie, du travail salarié et de l'Etat. La discussion sur la révolte contre la classe bourgeoise se tient parmi les prolétaires, y compris Nzomputu.

Au départ, Nzomputu se souciait des rémunérations modestes versées aux travailleurs employés chez Nzomvuama. Il parvenait à lui démontrer les écarts inacceptables entre la production de l'entreprise et les salaires que percevaient les ouvriers. Durant leurs moments de loisir, ils discutaient principalement des calculs liés aux échanges de valeur entre l'incarnation symbolique du capitaliste et la multitude sans cesse grandissante de ses travailleurs.

Au fil du temps, ces discussions se faisaient de plus en plus rares entre les deux amis, chacun approfondissant ses liens avec sa classe sociale. Nzomputu envisageait désormais la société capitaliste dans sa globalité, englobant même son ami. Dans notre contexte, les rapports entre les deux se transforment en relations de classes sociales et prennent une certaine forme.

Après un certain temps, la théorie de l'entreprise industrielle et celle de la société bourgeoise historique ne préoccupaient plus l'esprit de Nzomputu. Il a commencé à envisager la théorie de la société communiste à venir. Il commence de plus en plus à réaliser que le feu de la critique ne pouvait plus être déclenché uniquement par des mots, mais également par des armes. Il lance le camp du parti révolutionnaire.

Nzomputu mène donc une bataille révolutionnaire contre la bourgeoisie, c'est-à-dire contre la classe sociale de son ami Nzomvuama. Nzomputu mène une lutte sociale pour démanteler la structure inhumaine de l'ordre marchand actuel, choisissant de s'opposer à toute politique liée à la logique marchande.

Par le biais de la métaphore illustrant l'amitié entre Nzomvuama et Nzomputu, le MDW a cherché à mettre en évidence les trois étapes du processus d'implantation du capitalisme dans son parcours relationnel. Initialement, nous avons focalisé notre attention sur le calcul brut de l'économie d'entreprise qui emploie des salariés.

Ensuite, nous avons approfondi la perspective historique de la société bourgeoise et son existence sur le dos du prolétariat. Nzomputu mène une lutte sociale pour démanteler la structure inhumaine de l'ordre marchand actuel, choisissant de s'opposer à toute politique liée à la logique marchande.

Par le biais de la métaphore illustrant l'amitié entre Nzomvuama et Nzomputu, le MDW a cherché à mettre en évidence les trois étapes du processus d'implantation du capitalisme dans son parcours relationnel.

Initialement, nous avons focalisé notre attention sur le calcul brut de l'économie d'entreprise qui emploie des salariés. Ensuite, nous avons approfondi la perspective historique de la société bourgeoise et son existence sur le dos du prolétariat.

En définitive, c'est par la lutte révolutionnaire que se dessine le véritable objectif : anéantir le capitalisme qui déshumanise les individus en ruinant ce qui est le plus précieux chez nous, nos relations humaines, amicales et intersubjectives.

Karl Marx s'est penché sur l'éventualité de crises sociales dans la mesure où leur manifestation lui donne la possibilité d'esquisser la vision selon laquelle survient la fin du capitalisme. Quel serait l'équivalent de la classe bourgeoise en République Démocratique du Congo ? En effet, la classe politique au Congo est une infamie, marquée par la vulgarité du mensonge. C'est une vérité contraire à l'authenticité.

Nos parents associaient déjà la politique au mensonge. La lutte des classes au Congo impliquera de révéler et de déconstruire le mensonge constant des politiques qui donnent l'illusion d'une force productive de vie réelle. Aujourd'hui, au Congo comme partout ailleurs, l'argent a atteint un état de totalitarisme pur et dur, dont la voix de l'Etat résonne avec les échos du procès des 100 jours (500 millions de dollars détournés), des jeux de la francophonie (400 millions débloqués mais 75 millions dépensés tandis que le reste s'est volatilisé), du projet Tshilejelu dont les fonds ont tout simplement disparu, du RAM qui visait à exploiter le petit peuple et finalement des sommes amassées sous prétexte d'effort de guerre qui se sont mystérieusement dirigées vers des comptes bancaires personnels (?).

Pour des résultats déjà déterminés, les élections de 2023 ont englouti des milliards de dollars américains provenant des fonds publics congolais.

Pour Nzomputu, il est nécessaire de renverser, de luttez contre et de substituer cette économie politique de l'aliénation par une économie démocratique qui améliorerait le niveau de vie de tous les Congolais, et pas seulement celui des familles politiques.

Nous parviendrons donc à la glorieuse apocalyptique où Nzomvuama et Nzomputu regagneront leurs sourires complices de leur jeunesse dévoyée à cause du dragon du capital.

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