«Nous sommes alarmés par le recours généralisé à la violence sexuelle comme une méthode de guerre par l’ensemble des parties au conflit, notamment par le M23, dont le contrôle et la direction de facto sont assurées par les Forces de défense rwandaises », a déclaré Dr Denis Mukwege, acteur politique congolais dans une déclaration qu’il a faite suite à la publication des rapports de Human Rights Watch et Amnesty International RDC. Le Prix Nobel de la paix 2018 a invité la communauté internationale à « mobiliser les ressources pour mettre en place un Tribunal Pénal International pour le Congo, des chambres spécialisées mixtes et la mise en œuvre de tous les outils de la justice transitionnelle en RDC ».
Ci-dessous, sa déclaration dans toute son intégralité.
Déclaration suite à la publication des rapports de Human Rights Watch et Amnesty International
Nous avons pris connaissance des rapports publiés en date du 20 août 2025 par Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International (AI) sur les exactions graves commises dans les Provinces du Nord et du Sud Kivu, en grande partie occupées par l’armée rwandaise dans le cadre d’une énième guerre d’agression.
Nous sommes alarmés par le recours généralisé à la violence sexuelle comme une méthode de guerre par l’ensemble des parties au conflit, notamment par le M23, dont le contrôle et la direction de facto sont assurées par les Forces de défense rwandaises.
Nous tenons également à alerter l’opinion et les décideurs sur les sources crédibles recueillies par HRW et AI de massacres commis à grande échelle en juillet dernier dans le territoire de Rutshuru à l’encontre principalement de civils d’origine hutue. Ces nouvelles sources corroborent celles publiées par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme dans son communiqué du 6 août. C’est à juste titre que Human Rights Watch a déclaré que « le ciblage par le M23 des civils hutus vivant à proximité des bastions des FDLR soulève de graves inquiétudes quant à un éventuel nettoyage ethnique ».
Ces atrocités rappellent les crimes les plus graves commis à l’encontre des Hutus en 1996 et 1997 lors de la 1e guerre du Congo et répertoriés dans le rapport Mapping des Nations Unies. S’ils étaient portés devant un tribunal compétent, ces crimes imprescriptibles restés impunis pourraient être qualifiés de génocide.
Presque 15 ans après la publication du rapport Mapping, les rapports récents de la société civile et des Nations Unies doivent interpeller la communauté internationale qui ne peut plus fermer les yeux sur cette tragédie et a l’obligation morale et juridique de mettre fin à l’impunité pour éviter la répétition de ces crimes les plus graves.
Les États et les institutions qui cherchent à restaurer la paix dans la région des Grands Lacs ne pourront faire l’économie de la justice et nier les millions de victimes congolaises. Nous réitérons notre appel aux Nations Unies, à l’Union européenne et aux États à adopter sans plus tarder des sanctions fortes et coordonnées contre la hiérarchie militaire et politique responsables de la commission de ces crimes les plus graves à l’encontre des populations civiles, et à mobiliser les ressources pour mettre en place un Tribunal Pénal International pour le Congo, des chambres spécialisées mixtes et la mise en œuvre de tous les outils de la justice transitionnelle en RDC.
C’est à 11h22 locales qu’un vol non régulier (V.N.R.) a troué l’espace aérien kabalois, samedi 23 août 2025, brisant du coup une sorte de malédiction. Durant près de deux longues années, les riverains du fleuve Congo — témoins de la déclaration identitaire luba de Simon Kimbangu — avaient presque oublié qu’en plein XXIe siècle l’avion existait, cet outil qui réduit les distances à vol d’oiseau.
En fils indiscutable de Kabalo, le prophète Joseph Mukungubila Mutombo n’a pas lésiné sur les moyens pour s’offrir ce coûteux voyage de retour sur les terres ancestrales.
UNE FOULE EN LIESSE
Sous un soleil de plomb, les Kabaloises et Kabalois n’ont pas hésité à lui rendre la pareille. En masse, ils ont pris d’assaut l’aérogare de l’aérodrome de Kabalo, situé à 7 km du centre de la cité, pour honorer un fils, un père, un épicentre de tous les espoirs.
Car sa longue absence, conséquence de l’exil imposé par l’occupation et l’infiltration rwandaise, n’avait fait qu’aggraver le masque de pauvreté pesant sur chaque citoyen et sur toute la cité. L’atterrissage de cet avion, venu on dirait de nulle part, a donc sonné comme une renaissance et l’élan d’une communion fraternelle et raisonnée vers un essor définitif du développement de Kabalo.
L’ACCUEIL OFFICIEL
Accueilli au bas de l’avion par l’Administrateur du territoire intérimaire, fleuri par trois jeunes filles et honoré par une haie d’honneur du Conseil de sécurité du territoire, Sa Grande Majesté le Prophète Mukungubila Mutombo Joseph a ensuite été présenté aux notabilités officielles, traditionnelles et coutumières. Avant même de prendre un bain de foule, il s’est offert un court moment de répit sous l’auvent du petit bâtiment de la RVA. Mais, prenant la parole pour remercier les Kabalois de la chaleur touchante réservée à la famille royale, le Grand Roi Divin a, comme à son habitude, transporté son public vers une vision :
la standardisation de Kabalo en passage obligé vers Kisaala,
une cité qu’il construit seul, sans aucun appui bancaire,
appelée à devenir l’unique destination de pèlerinage de toute l’humanité, ainsi que Dieu le lui a indiqué par une visitation angélique.
LE RECUEILLEMENT ET LA SYMBOLIQUE
Ce voyage avait aussi pour but de s’incliner sur la tombe de son père biologique, Isiasa Mutombo Makusa, qui avait tant souhaité lui parler avant de s’éteindre. Ainsi, les Kabalois ont assisté à un nouveau paradigme où le spirituel divin s’est agréablement allié au spirituel ancestral, ouvrant la voie vers un spirituel politique auquel le Congo et son peuple se dirigent indubitablement.
UNE PROCESSION HISTORIQUE
Frénétiquement applaudi par la foule et les officiels, le cortège de l’Étoile de Kabalo a pris la direction du centre de la cité. Un arrêt décisif à Kamaza a marqué la journée : Sa Grande Majesté a accepté de quitter son bus pour monter sur le typoy traditionnel, renouant ainsi avec la communion populaire et ancestrale. La procession, quasi surnaturelle, avançait au rythme des hurlements de joie, des larmes sur les visages et des sonorités de la fanfare kimbanguiste, peinant à dompter la furie des masques et des danseurs traditionnels Mbudje.
L’APOTHÉOSE
Après deux heures d’ambiance festive, la procession a atteint la résidence de Sa Grande Majesté, déjà envahie par une foule encore plus nombreuse, impatiente de communier avec lui. Ce retour triomphal marque une renaissance historique pour Kabalo, entre mémoire, tradition et espoir d’un avenir spirituel et politique nouveau.
Rien ne va entre la ministre de l’Enseignement Supérieur et l’Ordre des médecins (CNOM). Marie-Thérèse Sombo, ministre de l’ESU dénie à ce dernier le droit de décider des conditions d’accès aux facultés de médecine. C’est dans un communiqué publié la semaine dernière que le CNOM dispensait certaines facultés de médecine du test préalable à l’inscription. Selon la ministre, cette décision est “illégale” et elle en exige le retrait immédiat.
Pour justifier cette prise position, la patronne de l’ESU affirme que seul son ministère jouit de la prérogative d’évaluer la viabilité des facultés de médecine et les conditions d’accès à ces formations. Elle considère donc que le CNOM a outrepassé ses compétences en prenant une telle décision.
"Dès lors, il est exigé au CNOM de s’en tenir à ses missions telles que définies par les textes qui le régissent, notamment l’Ordonnance-Loi n°68/070 du 1er mars 1968 créant l’Ordre des Médecins et l’Ordonnance n°70/158 du 30 avril 1970 déterminant les règles de la déontologie médicale", renseigne ce communiqué.
En attendant, elle a appelé la communauté universitaire et l’opinion publique au calme, soulignant que seul un dialogue constructif pourra résoudre ce conflit de compétences.
Echanges chaleureux et stratégiques. Moment chargé de responsabilité et d’initiatives. Elan réaliste de mise en place des mécanismes concertés. A la veille de l’ouverture de la session budgétaire et au lendemain de l’entrée en fonction du nouveau Gouvernement, le Président de l’Assemblée Nationale, le Professeur Vital Kamerhe, accompagné de la Questeure Chimène Polipoli, a reçu le samedi 23 août 2025 au Palais du Peuple le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, Adolphe Muzito Mfumusi ainsi que le Vice-ministre du Budget, Elysé Bokumuana.
Leurs échanges ont porté sur la préparation du Projet de loi de Finances pour l’exercice 2026, en tenant compte des grands défis auxquels la République Démocratique du Congo et sa population font face.
La rencontre a également permis d’aborder les questions liées à la collaboration entre l’Assemblée Nationale et le Gouvernement, dans un contexte où le Pays s’oriente résolument vers la voie de la paix et de la stabilité.
Le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, pour qui il s’agissait de sa première prise de contact officielle avec l’Institution budgétaire, s’est dit satisfait de ces échanges. Il a pris l’engagement de maintenir un cadre permanent de concertation entre son cabinet et l’Assemblée Nationale, afin de garantir l’intégration des suggestions des Elus Nationaux dans le Projet de loi de Finances 2026 qui sera prochainement déposé.
Un motif de satisfaction pour le Speaker de la Chambre basse du Parlement Vital Kamerhe, qui annonce une session budgétaire décisive et se dit déterminé à faire de ce rendez-vous un moment clé pour le Pays.
La République Démocratique du Congo a été désignée pour accueillir l'édition 2025 du Forum africain sur la Justice Transitionnelle, une plateforme continentale d’envergure organisée chaque année par la Commission de l’Union Africaine. Cette annonce a été faite, le vendredi 22 août 2025, par le Ministre des Droits Humains, Samuel Mbemba Kabuya, dans sa note d’information, lors de la 55ème réunion du Conseil des Ministres, témoignant de la reconnaissance internationale accordée à l’expertise du pays.
Depuis 2017, ce forum réunit diplomates, experts gouvernementaux, acteurs de la société civile, praticiens du droit et défenseurs des droits humains pour échanger sur les enjeux de la justice transitionnelle. La sélection de la RDC, parmi plusieurs pays candidats de l'Afrique Centrale, a été officiellement confirmée par une note verbale de la Commission de l’Union Africaine datée du 23 juillet 2025.
L’organisation de cet événement, qui se tiendra du 30 septembre au 2 octobre 2025, est perçue comme un signe de confiance de l’Union Africaine envers la RDC pour sa significative expérience dans le domaine. Le thème de l'édition 2025 sera : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations ».
Par ailleurs, dans la même note d’information, le Ministre Samuel Mbemba a souligné l’importance de la promotion des droits de l’homme à travers des activités de renforcement des capacités pour divers secteurs, étatiques, privés et associatifs. Il a également abordé le processus d’adoption par le Parlement d’une résolution de reconnaissance du GENOCOST, une démarche cruciale faisant suite aux instructions du Chef de l’Etat. Le Conseil des Ministres a pris acte de cette note d’information, marquant un pas important vers la promotion des droits humains et la justice transitionnelle en RDC.
Washington prêt pour les sanctions sévères sur la République Démocratique du Congo, le Rwanda et l’AFC/M23 au cas où les accords ne sont pas respectés. Un message de fermeté qui résulte de la réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU. Les Etats-Unis menace d’infliger de lourdes sanctions internationales à la partie qui se n’inscrira pas à la dynamique de paix à l’Est de la RDC.
C’est l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU, Dorothy Shea, qui a sonné l’alarme au nom de Washington. Dressant un tableau sombre de la situation dans l’Est de la RDC, elle a dénoncé « les tueries horribles du M23, soutenu par le Rwanda », affirmant que son gouvernement dispose de preuves confirmant l’implication de militaires rwandais dans les combats notamment, au Sud-Kivu.
Si Kigali et le M23 ont été pointés du doigt, l’armée congolaise n’a pas été épargnée : « certains de ses membres sont accusés de collusion avec des groupes armés », a souligné la diplomate. Washington s’est également dit préoccupé par la montée en puissance de Daech, auteur de récentes attaques meurtrières contre des chrétiens en RDC.
Les Etats-Unis exigent le retrait des forces rwandaises conformément à l’Accord bilatéral RDC-Rwanda du 27 juin, ainsi que le respect du cessez-le-feu permanent prévu dans la Déclaration de Doha entre Kinshasa et le M23. « La poursuite des hostilités va à l’encontre des accords signés. Les fauteurs de troubles devront rendre des comptes », a martelé Dorothy Shea.
Washington a rappelé avoir sanctionné, dès le 12 août dernier, quatre entreprises impliquées dans le commerce illicite de minerais issus des zones de conflit. « Les promesses non tenues auront un prix», a averti l’ambassadrice.
Tout en durcissant le ton, les Etats-Unis disent soutenir les initiatives en cours notamment, les pourparlers de Doha menés par le Qatar, la médiation de l’Union africaine sous l’égide du président togolais, les actions du CICR et les travaux du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JSCM). Washington se dit également disposé à investir dans l’intégration économique régionale, mais à une condition : « que l’administration de la région revienne effectivement au gouvernement congolais, au bénéfice des populations locales ».
En conclusion, l’ambassadrice américaine a exhorté la Communauté Internationale à tenir responsables Daech, les groupes armés et tous les acteurs qui déstabilisent la région. Pour Washington, la paix dans les Kivu est un passage obligé vers la stabilité de toute l’Afrique centrale. Un signal fort : le temps des excuses est terminé, place à l’action.
En mission d’itinérance à Bandundu-ville, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a lancé le lundi 25 août 2025, la campagne de vulgarisation des textes sur les comités de sécurité. Cette initiative, qui fait du Kwilu la septième province pilote, vise à impliquer tous les acteurs locaux dans la restauration de la paix et renforcement de l’autorité de l’Etat, tout en préparant la province à accueillir un évènement national majeur.
L’objectif de cette démarche est de promouvoir une gouvernance sécuritaire participative. Il s’agit de permettre aux acteurs étatiques, aux organisations non-étatiques ainsi qu’à l’ensemble de la population de s’approprier les mécanismes de sécurité à la base. Cette appropriation collective est jugée essentielle pour contribuer efficacement à la restauration et au renforcement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire.
Dans son allocution, Jacquemain Shabani a tenu à rendre un hommage appuyé au Président de la République Félix Tshisekedi, pour son engagement constant en faveur de la consolidation de la paix, de la sécurité et de l’unité nationale. Le VPM de l’Intérieur a insisté sur le respect scrupuleux de nouvelles dispositions, qui prévoient la tenue de réunions hebdomadaires restreintes élargies, ainsi que l’obligation de transmettre les comptes rendus dans les délais impartis pour un suivi efficace.
En amont de cette cérémonie, un atelier de formation a été organisé pour renforcer les capacités des membres du comité provincial et des comités locaux de sécurité du Kwilu. Cette session de formation s’inscrit dans un programme national qui a déjà permis de former et d’outiller près de 3 000 acteurs en gouvernance sécurité à travers le pays.
Un itinéraire à double enjeu
L’arrivée du Vice-Premier Ministre au Kwilu s’inscrit dans le cadre d’une itinérance sécuritaire plus large. Dès le dimanche dernier, il avait présidé la réunion du Conseil provincial de sécurité. Cette rencontre cruciale, dont le compte rendu a été présenté par le Gouverneur Philippe Akamituna, a été consacrée à une évaluation approfondie de la situation sécuritaire dans la province et à l’adoption de mesures pour y faire face.
Par ailleurs, le séjour du chef de la territoriale a également une portée logistique et politique de premier plan. En prévision de la 13ème session de la Conférence des Gouverneurs, prévue au mois de décembre prochain, le VPM a profité de sa présence pour évaluer la capacité d’accueil de la province. Cette inspection vise à assurer que toutes les conditions sont réunies pour la réussite de ce grand rendez-vous national qui rassemblera les plus hautes autorités du pays.
Une atmosphère d'initiative a embrasé, du jeudi 21 au samedi 23 août 2025, la salle Kabe de lux, située non loin du rond-point Huileries, à Kinshasa, à l'occasion d'un atelier de formation portant sur la couverture des problématiques humanitaires.
Organisée par la Croix-Rouge de la RDC, avec l'appui du Comité international de la Croix-Rouge ( CICR), à l'intention des journalistes, cette session a constitué un moment fort de renforcement des capacités, offrant une compréhension plus nourrie des enjeux humanitaires au plan national.
‘’Notre objectif est de former un noyau de journalistes qui pourront faciliter la visibilité de l'engagement de la Croix-Rouge. Nous agissons beaucoup, mais il existe peut-être encore des lacunes dans la compréhension de nos actions par le public. Nous savons que le rôle des journalistes est crucial et très important pour nous. C'est pourquoi nous avons organisé cette formation de trois jours : pour échanger avec eux sur toutes ces thématiques et, par la même occasion, redynamiser le Club des journalistes amis de la Croix-Rouge. Ce club existait déjà, mais nous avons constaté une certaine démotivation avec le temps. Nous avons donc voulu former un nouveau groupe, en espérant que cela marquera un nouveau départ pour le meilleur. J'ai négocié pendant trois ans pour que cette formation ait lieu, et je n'avais jamais trouvé l'opportunité. La tenir aujourd'hui est une immense joie pour moi et pour l'ensemble du mouvement. Les journalistes représentent un public très important pour nous ; ils nous facilitent beaucoup de choses. Échanger avec eux est toujours très apprécié par nos autorités et par nous-mêmes, qui servons d'interface entre les médias et la Croix-Rouge’’, a expliqué, au terme du rendez-vous, Kally Maluku Mankatu, Directeur de communication de la Croix-Rouge de la RDC.
Lors de la session, le Club de Journalistes Amis de la Croix-Rouge s’est restructuré avec la mise en place d’une Coordination. Cette avancée constitue un point essentiel qui vise à poser les jalons d’une pratique journalistique responsable et sécurisée dans le secteur humanitaire, en soutien aux activités de la Croix-Rouge de la RDC, dirigée par Grégoire Mateso.
La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), l’Église du Christ au Congo (ECC), la Plateforme des Confessions Religieuses au Congo et la Coalition Interconfessionnelle pour la Nation (CIN), parlent, désormais, un même un langage. Elles aspirent, aujourd’hui plus qu’hier, à une seule finalité : sauver le Congo du précipice. Face à la situation de crise multiforme actuelle, marquée par l’occupation constante d’une partie du territoire congolais et une insécurité quasi généralisée, les Confessions religieuses ont sonné le tocsin pour appeler à une mobilisation interne concertée. Dans un communiqué, publié hier, lundi 25 août 2025, ces Confessions religieuses exhortent le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de prendre ses responsabilités avec courage pour décréter, dans les plus brefs délais, un Processus national et inclusif de paix. Piste clé d’une Feuille de route soigneusement élaborée, ce plan stratégique s’articule autour de quatre étapes fondamentales, à savoir le Mois de la paix, le Dialogue des Experts, le Dialogue Politique et la Conférence internationale sur la paix et le bien-vivre ensemble dans la région des Grands-Lacs. Pour la Plateforme des Confessions religieuses, ce processus est extrêmement crucial pour raviver la cohésion des congolais fragilisée, planter à nouveau les grains de l’unité nationale et mettre en place des mécanismes de lutte commune pour le retour d’un climat de sérénité et le rétablissement effectif d’une paix durable dans l’Est de la RDC. ‘’A vous tous et toutes nos très chers compatriotes, fils et filles du Grand Congo, nous prions l’Eternel Dieu Tout Puissant, Maître des temps et des circonstances, de soumettre les cœurs des fils et des filles du Pays – nos concitoyens et nos concitoyennes, les acteurs politiques de la majorité et ceux de l’opposition armée et non-armée, ainsi que toutes les forces vives de la nation - , l’obéissance de sa divine volonté, et une direction pacifique et patriotique de la destinée commune, afin que ce rêve collectif de bâtir un Congo plus beau qu’avant se réalise et se concrétise d’ici-maintenant (l’horizon 2060, l’année du centenaire de notre indépendance nationale)’’, ont soulevé les Confessions religieuses, dans leur Communiqué, lu par Monseigneur Donatien Nshole, Secrétaire Général de la Cenco.
COMMUNIQUE DES CONFESSIONS RELIGIEUSES SUR LE PROCESSUS NATIONAL ET INCLUSIF DE PAIX EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
1.PREAMBULE
Nous, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), la Plateforme des Confessions Religieuses au Congo, ainsi que la Coalition Interconfessionnelle pour la Nation (CIN),
Préoccupées par la gravité persistante du cycle récurrent des conflits armés ayant ravagé la République Démocratique du Congo au cours des trente dernières années, causant la perte tragique de millions de vies congolaises, et souvent alimentés par l’ingérence de certains pays voisins. De ce fait, déplorons vivement la résurgence d’un nouveau conflit armé impliquant l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, s’ajoutant { la présence déj{ alarmante de nombreux groupes armés, tant nationaux qu’étrangers ;
Reconnaissant l’ultime nécessité de réunir les fils et les filles du Pays dans le cadre d’un dialogue national et inclusif, en vue de trouver des solutions holistiques, pérennes et adaptées aux causes profondes qui alimentent ces conflits armés et menacent l’existence de notre Nation, voire l’effectivité de l’Etat de droit démocratique en RDC ;
Conscientes de notre responsabilité morale et spirituelle de montrer à la Nation le sens profond de l’inclusivité, du pardon et de la réconciliation dans la quête des solutions à la présente crise multidimensionnelle, à la lumière des dispositions de l’article 63 de la Constitution de la RDC et des Saintes Ecritures (Psaumes 133) ;
Considérant les conclusions du rapport d’information aux termes des consultations nationales, régionales et internationales, menées par la CENCO et l’ECC dans le cadre de l’Initiative du Pacte Social pour la Paix et le Bien vivre-ensemble en RDC et dans la région des Grands-Lacs, rapport ayant mis en lumière les aspirations des différents acteurs et parties prenantes { une paix durable, { la réconciliation nationale et { une gouvernance équitable ;
Attendu que la Plateforme des Confessions Religieuses au Congo a proposé { la Nation l’Initiative pour la paix et la réconciliation en République Démocratique du Congo, et que la Coalition Interconfessionnelle pour la Nation a lancé l’Initiative nationale pour une concertation inclusive de paix pour la réconciliation et l’unité nationale durable en République Démocratique du Congo ;
Prenant en compte tous les efforts menés au niveau de l’Union Africaine et au niveau international dans la résolution de la présente crise multiforme, notamment la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations-Unies du 21 février 2025, l’Accord bilatéral signé { Washington entre la République Démocratique du Congo et la République du Rwanda, ainsi que la Déclaration des principes signée { Doha entre le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et le mouvement armé AFC/M23 ;
A l’issue de plusieurs séances techniques d’harmonisation des vues avec le Cabinet du Chef de l’Etat sur le processus national et inclusif de paix en RDC, Nous, vos Pères spirituels, unanimement, avons soumis au Chef de l’État, conformément aux dispositions de l’article 69
de la Constitution, et { travers lui, { notre Peuple et { l’ensemble de la Nation, une Feuille de route pour une sortie holistique et durable du cycle tragique des conflits armés dans notre Pays, visant à restaurer la paix, la cohésion nationale, le vivre-ensemble ainsi que consolider l’Etat de droit démocratique ;
Publions, par conséquent, { travers le présent communiqué, les éléments de la feuille de route articulée en quatre grandes étapes, constituant la trame du Processus national et inclusif de Paix en République Démocratique du Congo.
2.FEUILLE DE ROUTE
Étape 1. Le Mois de la Paix : pour un climat de confiance mutuelle et de décrispation politique
Cette première étape marque une transition stratégique entre le contexte de méfiance et le contexte d’acceptation mutuelle, en vue de mettre les uns et les autres dans les conditions préalables { un dialogue national et inclusif.
En effet, ce « Mois de la Paix » vise { créer un environnement propice de pré-dialogue. Deux catégories d’activités y sont prévues : les activités spirituelles et les actions de plaidoyer. a)Activités spirituelles
Il sera organisé un culte œcuménique national, officié simultanément sur toute l’étendue du territoire, y compris dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, en guise de rassemblement moral et spirituel autour de la paix. Ce moment solennel marquera l’engagement collectif de la Nation en faveur du processus de paix, de réconciliation et de guérison de la mémoire collective.
D'autres initiatives spirituelles seront également mises en œuvre { travers les différentes Confessions religieuses, notamment la « Grande Pastorale de la Paix », destinée { promouvoir la tolérance, le pardon, la fraternité sociale, la non-violence, la réconciliation communautaire, ainsi que le retour progressif { la cohésion nationale.
Le défi que nous avons cru essentiel de relever au travers de ce « Mois de la paix » est fondamentalement double, { savoir :
La remise en question des pratiques culturelles et comportementales nuisibles ;
L’émergence d’un environnement psychologique et social pacifique, basé sur la fraternité, la solidarité, le respect mutuel, la coopération intercommunautaire et la bonne entente citoyenne.
b)Activités de plaidoyer
En parallèle, seront conduites des missions de plaidoyer ciblées auprès des principales parties prenantes internes et externes, en vue de (d’) :
Contribuer { la décrispation de la situation politique, nécessaire pour garantir l’inclusivité ;
Faciliter l’harmonisation des préalables au lancement d’un dialogue inclusif ;
Encourager l’engagement formel des parties concernées autour de la feuille de route ;
Appuyer la mise en œuvre d’un cessez-le-feu effectif, dans le respect de la Déclaration des principes signée { Doha ;
Accompagner les efforts des actions humanitaires en faveur des populations civiles déplacées, dans le respect du droit international humanitaire ;
Contribuer au processus de désengagement des groupes armés, conformément { l’Accord de Washington.
Cette étape aura le mérite d’améliorer le contexte pré-dialogue favorisant ainsi l’émergence d’un consensus entre les parties prenantes sur les axes prioritaires de la feuille de route du dialogue national et inclusif.
Étape 2. Le Dialogue des Experts.
Nous proposons ce « dialogue des experts » pour que les intelligences et les expériences professionnelles congolaises soient revalorisées et mobilisées pour l’élaboration des « feuilles de routes pratiques du redressement rapide et du développement accéléré de notre pays dans tous les domaines ».
Ce « dialogue des experts » a donc pour vocation de poser les bases rationnelles, objectives et techniques du futur Pacte social pour la Paix et le Bien-vivre-ensemble en RDC et dans la région des Grands-Lacs. Il permettra aux universitaires, aux intellectuels, aux chercheurs, aux penseurs, aux experts et aux techniciens nationaux et ceux de la diaspora, qui seront appelés sur la base de la pertinence de leurs œuvres scientifiques, ainsi que l’excellence de leurs expériences professionnelles fonctionnelles, de contribuer { la mise en œuvre des solutions rationnelles, lucides et consensuelles aux termes des analyses des causes profondes de nombreuses crises qui ne cessent de crucifier le destin national congolais depuis l’indépendance du 30 juin 1960.
Les thématiques retenues, { titre indicatif, sont les suivantes :
État des lieux des dialogues politiques et des accords de paix de 1960 { ce jour ;
Stratégies de défense nationale et de sécurité transfrontalière ;
Gouvernance sociale et économique ;
Gestion de l’environnement et des ressources naturelles ;
Processus démocratique et prospective électorale ;
Questions identitaires et cohabitation inter communautaire ; 7) Coopération régionale et Traité de bon voisinage transfrontalier ; 8) Justice et droits humains.
Une note technique sera publiée en temps utile, afin de préciser les modalités pratiques de participation au « dialogue des experts ». Toutefois, les animateurs des Institutions publiques seront mis { contribution en vue d’apporter l’expertise institutionnelle au débat.
Étape 3. Le Dialogue Politique.
Cette étape, qui représente le point culminant du processus, a deux axes.
Premier axe : obtenir le consensus des acteurs politiques et des Forces Vives de la Nation autour des différentes « Feuilles de route du redressement rapide et du développement accéléré de la République Démocratique du Congo », élaborées lors du « Dialogue des Experts », aux fins de constituer les « Piliers Fondateurs du Pacte Social pour la Paix et le Bien-Vivre Ensemble en RDC et dans la région des Grands-Lacs ».
Le deuxième axe concerne la tenue des assises politiques. Le défi de cet axe du « Dialogue politique » est de parvenir, dans le respect de la Constitution, { un compromis politique patriotique, privilégiant des solutions holistiques et durables aux causes profondes de cette crise multiforme qui se perpétue depuis l’indépendance du 30 juin 1960.
Le contenu de ce « compromis » n’étant ni préétabli ni pré-envisagé, il sera le fruit des libres et responsables échanges autour des préoccupations et désidératas politiques des parties prenantes. Ce dialogue politique réunira, dans un cadre technique structuré et sécurisé, l’ensemble des composantes majeures de la Nation, { savoir :
La majorité au pouvoir ;
L’opposition politique non armée ;
L’opposition armée ;
La société civile ;
Les autorités coutumières et traditionnelles ;
La diaspora congolaise ;
Les personnalités indépendantes ou influentes issues du monde académique, culturel, intellectuel et économique.
Afin de garantir une participation représentative, équilibrée et inclusive au dialogue politique, un mécanisme de répartition équitable des quotas sera mis en place. Celui-ci tiendra compte de l’équilibre entre différents groupes.
Les modalités pratiques de la tenue de ces assises politiques, notamment la structure de médiation et son plan de fonctionnement, seront rendues publiques en temps opportun.
Au terme de cette « étape-clé » de notre initiative, nous prévoyons une cérémonie solennelle de remise { Son Excellence Monsieur le Président de la République et Chef de l’Etat, des conclusions du « dialogue des experts » et du « dialogue politique », qui seront, en définitive, les éléments constitutifs du Pacte social pour la Paix et le Bien-vivre-ensemble en RDC et dans la région des Grands-Lacs.
Étape 4. La Conférence internationale sur la paix et le bien-vivre ensemble dans la région des Grands-Lacs
Nous avons ensemble opté pour la mise en place d’un « Secrétariat Technique », dont le rôle, outre celui de la coordination opérationnelle générale du processus, en planifiant et en accompagnant techniquement toutes les activités de cette initiative, aura spécialement la charge d’élaborer les dossiers techniques et les outils stratégiques devant structurer la démarche de plaidoyer { l’international, qui sera entrepris sous le leadership du Président de la République, dans l’objectif d’obtenir de la communauté internationale la tenue d’une Conférence internationale { deux niveaux, notamment :
La Conférence internationale sur la paix et le bien-vivre ensemble dans la région des Grands-Lacs ;
Et la Conférence internationale sur le financement post-conflit de la reconstruction de la République Démocratique du Congo.
Tels sont-l{ les jalons structurels de la trajectoire du champ d’action stratégique de l’Initiative du « Pacte Social pour la Paix et le Bien-Vivre Ensemble en RDC et dans les Grands Lacs ».
3.CONCLUSION
Nous, vos Pères spirituels, sommes persuadés que cette démarche n’est pas une initiative ordinaire, mais une action pastorale et prophétique, pleine de certitude que la foi en Dieu ne déçoit jamais, mais bien au contraire, guide et illumine chaque pas de ceux et celles qui se confient en Lui.
Nous exhortons le Chef de l'Etat, en sa qualité de Garant de la Nation et conformément aux dispositions de l’article 69 de la Constitution, de prendre dans les meilleurs délais, des actes d’Etat destinés à lancer officiellement ce Processus national et inclusif de paix.
Nous lançons un vibrant appel aux partenaires internationaux { pouvoir diligemment reconnaitre officiellement ce processus national, holistique et inclusif de paix, dont les grandes étapes viennent d’être rendues publiques { travers la présente communication.
De ce fait, nous attendons d’eux, un accompagnement sincère et constructif.
A vous tous et toutes nos très chers compatriotes, fils et filles du Grand Congo,
Nous prions l’Eternel Dieu Tout Puissant, Maître des temps et des circonstances, de soumettre les cœurs des fils et des filles du Pays – nos concitoyens et nos concitoyennes, les acteurs politiques de la majorité et ceux de l’opposition armée et non-armée, ainsi que toutes les forces vives de la nation - , { l’obéissance de sa divine volonté, et { une direction pacifique et patriotique de la destinée commune, afin que ce rêve collectif de bâtir un Congo plus beau qu’avant se réalise et se concrétise d’ici-maintenant { l’horizon 2060, l’année du centenaire de notre indépendance nationale.
Sachons-le et faisons-le savoir : « Rien n’est impossible à ceux et à celles qui, dans la prière, demandent à Dieu de les transformer en artisans de paix et en bâtisseurs des relations familiales et intercommunautaires non-violentes, solidaires et fraternelles.
Lettre ouverte à l’Honorable Président de l’Assemblée Nationale
Honorable Président, Monsieur Vital KAMERHE,
Je me permets de vous adresser ce message par le biais de la presse, car c’est le seul moyen dont je dispose pour vous atteindre. Je vous prie de bien vouloir excuser ce choix, qui pourrait vous sembler inapproprié.
En tant que patriote profondément attaché à notre République et à ses entités territoriales décentralisées, je souhaite vous faire part des raisons qui motivent ma proposition d’amendement à la loi organique n° 08/016 du 7 octobre 2008, relative à la composition, à l’organisation et au fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées, ainsi qu’à leurs relations avec l’État et les Provinces.
Bien que je ne sois pas député et ne puisse donc pas initier une telle procédure, je suis un citoyen engagé, désireux de contribuer à l’amélioration de cette loi. Mon objectif est de permettre aux élus locaux de disposer des ressources nécessaires pour agir dès le début de leurs mandats électifs, une situation qui contraste avec ce que nous observons depuis les élections générales de décembre 2023.
Dans un avenir proche, je prévois de proposer une version amendée de la loi et je serais heureux de la partager avec vous ainsi qu’avec les honorables députés concernés, si cela vous intéresse. Cependant, je souhaite d’abord vous exposer les motifs de l’amendement afin d’obtenir votre avis.
Je vous souhaite une bonne lecture et j’espère que vos réflexions pourront contribuer à rouvrir le débat parlementaire sur ce sujet.
Je vous remercie pour votre attention et vous prie d’agréer, Honorable Président, l’expression de mes salutations patriotiques.
David MENGE
Conseiller municipal honoraire de la ville d’Ivry-sur-Seine (France)
Proposition d'amendements pour la nouvelle promulgation de la loi organique.
Exposé des motifs
“Toute loi doit impérativement évoluer et s’adapter aux conditions contemporaines.”
Dans un monde en constante évolution, la gouvernance locale se révèle être un pilier fondamental pour le développement harmonieux d’un pays. En effet, la loi organique n° 08/016 du 7 octobre 2008, qui régit la composition, l’organisation et le fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées (ETD) en République Démocratique du Congo, a été conçue avec l’ambition de renforcer la décentralisation et d’assurer une meilleure représentativité des élus locaux. Cependant, les obstacles rencontrés par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) dans l’organisation des élections des maires et des bourgmestres révèlent la rigidité dans la loi actuelle.
Les retards dans l'installation des exécutifs locaux, observés depuis les élections générales de décembre 2023, soulignent l'urgence d'une révision de cette loi. Il incombe aux législateurs de permettre aux assemblées territoriales d'organiser elles-mêmes les élections de leurs exécutifs, afin d'assurer une gouvernance réactive et en adéquation avec les attentes des citoyens. Ce modèle d'organisation politique a fait ses preuves dans de nombreux pays francophones dont la RDC est membre. Pourquoi cette option politique ne serait-il pas possible en RDC ? En effet, ce besoin de réforme dépasse le cadre administratif ; il s'agit d'une démarche essentielle pour restaurer la confiance des électeurs et renforcer la légitimité des institutions locales.
La décentralisation ne doit pas être un concept théorique, mais bien une réalité vécue par chaque citoyen. Les élus locaux, en tant que représentants directs de la population, sont les mieux placés pour répondre aux besoins spécifiques de leurs entités territoriales. En adaptant la loi organique et en révisant la loi électorale, la RDC aura là l'opportunité de créer un cadre législatif qui favorise une véritable participation citoyenne et une gouvernance locale efficace.
Cet exposé des motifs vise à éclairer les enjeux liés à la révision de la loi organique n° 08/016, en mettant en avant les bénéfices d'une telle démarche pour l'ensemble de la société congolaise. Unis, engageons-nous dans un dialogue constructif pour bâtir un avenir où chaque voix compte et où chaque élu peut agir, à son niveau, en toute légitimité pour le bien-être des Congolais.
Les défis financiers auxquels la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) est confrontée de manière récurrente pour organiser les élections des maires et des bourgmestres, aggravés par la guerre qui sévit à l'Est, soulignent l'urgence de réviser la loi organique n° 08/016 du 7 octobre 2008. Une telle révision est essentielle pour permettre une plus grande participation des citoyens à la vie démocratique. En effet, cette loi, qui régit l'organisation et le fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées (ETD) et a servi de fondement à l'élaboration de la loi électorale, a centralisé la gestion de ces élections, ce qui pose problème dans le contexte actuel.
Les retards dans l'installation des exécutifs locaux, suite aux élections générales de décembre 2023, a pour effet de réduire considérablement la durée de l'exercice complet de leur mandat. Cette situation nécessite une révision de deux lois fondamentales : la loi organique et la loi électorale. Une telle révision permettrait aux élus d'organiser eux-mêmes les élections des exécutifs locaux au sein de leurs assemblées territoriales. L'autonomie ainsi accordée viserait à faciliter l'installation des exécutifs locaux et à permettre un démarrage rapide des mandats. L’initiative ainsi prise renforcerait la responsabilité des élus locaux dans leur gestion d’une part et constituerait une première dans l'histoire de notre démocratie en réduisant les coûts financiers y afférents d’autre part.
En décentralisant cette responsabilité, les assemblées territoriales pourraient adapter les processus électoraux aux réalités locales, ce qui favoriserait une participation accrue des électeurs et une meilleure prise en compte des spécificités régionales. Cette démarche citoyenne s’inscrit naturellement dans le cadre du travail législatif du parlement. Par ailleurs, une telle révision pourrait renforcer la transparence et la crédibilité des élections en permettant une supervision plus directe et un contrôle citoyen du processus électoral. Par conséquent, nul besoin d’attendre les prochaines échéances électorales pour s’atteler à la résolution de ce problème mais bien profiter des difficultés actuelles pour ouvrir le débat afin de proposer des solutions adaptées à la réalité du moment.
Les élus locaux, étant généralement plus en phase avec les attentes de leurs concitoyens, sont souvent en meilleure position pour établir des mécanismes répondant aux besoins et préoccupations de la population. Il nous semble donc important que les décideurs politiques puissent prendre en considération ces enjeux et engager un dialogue constructif avec tous les acteurs concernés, y compris ceux de la société civile. Cela permettra de réformer la loi organique et la loi électorale afin de favoriser une véritable décentralisation. Ces évolutions dans nos pratiques électorales contribueront ainsi à apaiser les tensions politiques et à renforcer la confiance des citoyens envers leurs institutions locales. À l’inverse, si cette révision des lois n’est pas rendue possible, cela enverra un mauvais signal aux électeurs pour les prochaines élections. Ils risqueraient alors de se désengager, faute d’un changement politique efficace et d’un réel dynamisme dans la gouvernance locale.
Notre réflexion sur cette loi vise à identifier les faiblesses du système actuel et à proposer des solutions concrètes d’amélioration afin que les élus issus des élections générales respectent la législation en vigueur et organisent, dans les délais fixés, les élections des exécutifs locaux. Cette démarche simple et pragmatique, qui ne requiert pas nécessairement de moyens financiers ou humains importants, constitue la seule approche efficace pour permettre aux ETD d’accomplir leur mission dans le délai de leur mandat électif.
En effet, la loi organique adoptée en 2008 présentait déjà des insuffisances avant même sa mise en application partielle. Depuis sa promulgation, et ce jusqu’en 2023, trois cycles électoraux se sont succédé sans qu’aucune élection municipale ou locale n’ait été organisée. La non-application des lois en République Démocratique du Congo (RDC) engendre une inertie politique, à l’origine de nombreux dysfonctionnements structurels de l’État. Le poids excessif des individus dans la prise de décisions, ainsi que la lourdeur de l’administration publique, constituent de sérieux obstacles au fonctionnement normal des institutions, ce qui freine également la mise en œuvre des directives essentielles au bon fonctionnement de l’État
En décembre 2023, pour la première fois depuis des décennies, des élections municipales et locales ont été organisées, à la grande satisfaction des citoyens affichant une préférence pour des autorités élues plutôt que nommées, comme il est de coutume dans la culture politique en RDC. Depuis janvier 2024, les ETD disposent d'élus confrontés aux problèmes évoqués : la lourdeur administrative et le poids des individus dans la prise de décisions. Les élus locaux ont déjà entamé plusieurs mois de leur mandat sans exercer le pouvoir. Les conseillers urbains ou communaux élus sont sans moyens, et les exécutifs ne sont pas élus malgré les promesses de la CENI, elle-même confrontée à des problèmes budgétaires auxquels le gouvernement ne parvient pas à répondre. En raison des ambiguïtés de la loi organique, les maires et les bourgmestres nommés continuent de gérer les villes et communes, sous l'œil complaisant de l'administration étatique, ignorant les élections de décembre 2023.
Face à cette inertie politique persistante, on peut s'interroger sur la finalité des lois en RDC. De toute évidence, tout le monde sait que sans lois, aucun groupe humain, quel que soit son nombre ou ses objectifs, ne peut subsister. La vie d'un groupe suppose discipline et observance des règles et des lois au sens large. Les responsables de l'application des lois en RDC doivent se souvenir de ce principe. Penser à l'intérêt du pays en se libérant du poids de la culture politique congolaise et de certains dogmes permettrait de construire un avenir meilleur et d'inspirer les citoyens dans une dynamique continue. En réalité, les ambiguïtés de la loi organique nécessitent une modification pour permettre aux ETD, ciment de la cohésion sociale, de fonctionner sans discontinuité, quelle que soit l'alternance politique.
Dans un contexte où le banditisme urbain alimente l'insécurité dans les agglomérations et où la guerre à l'Est pousse les populations à l'exode, les ETD apparaissent comme un pôle de stabilité et un atout majeur dans la réorganisation de la société congolaise. Il est nécessaire que les autorités sortent de l'absurdité bureaucratique et que l'esprit des lois guide leurs actions politiques pour le bien-être de tous. Il n'est pas acceptable que les élus locaux mandatés par le peuple ne soient pas suffisamment écoutés, bien qu'ils soient placés au bas de l'échelle des élus. Un tel comportement affaiblit la République et va à l'encontre de l'esprit du législateur concernant la décentralisation. Adapter la loi organique aux objectifs de la décentralisation évite l'inertie politique post-électorale.
Cette adaptation doit s'accompagner d'une révision partielle de la loi électorale. Par exemple, on pourrait confier à la CENI l'organisation des élections municipales et locales, uniquement pour les élections des conseillers, mais pas celle des maires et bourgmestres. De même, le maire ou le bourgmestre ne pourra plus nommer les échevins, comme le prévoit actuellement la loi. Ces derniers seront élus par leurs pairs au sein du conseil urbain ou communal au même titre que le maire et son adjoint. Cette simplification de la procédure électorale permettra de gagner du temps, de faciliter l'installation des exécutifs locaux et de réaliser des économies substantielles sur le financement des élections.
Il est également essentiel de libérer les ETD de la tutelle du gouverneur de province. Ces entités seront, par nécessité de proximité, placées sous la responsabilité de l’administrateur du territoire. Celui-ci aura pour mission de gérer et de répartir les dotations ainsi que les subventions de l’État à l’échelle locale, tout en effectuant un contrôle de la légalité des actes des collectivités territoriales. De plus, la cohabitation du maire ou du bourgmestre avec le président du conseil dans une même ville ou commune risque de générer un conflit de légitimité politique et, par conséquent, de perturber le fonctionnement des ETD. Il serait donc judicieux de supprimer le poste de président du conseil urbain ou communal, afin de permettre au maire ou au bourgmestre, avec sa majorité politique, de gérer les institutions de l’ETD. Enfin, nous proposons que les candidatures pour l’élection du maire, du bourgmestre et des échevins proviennent uniquement de l’intérieur du conseil, et non de l’extérieur.
En conclusion, nous pensons que la révision de la loi organique n° 08/016 est non seulement nécessaire, mais urgente pour garantir une gouvernance locale efficace et réactive en République Démocratique du Congo. Les défis actuels, exacerbés par des retards dans l'installation des exécutifs locaux et des problèmes financiers, soulignent l'importance d'une décentralisation véritable qui permette aux Entités Territoriales Décentralisées (ETD) de fonctionner de manière autonome et en adéquation avec les besoins des citoyens. En adaptant le cadre législatif, nous avons l'opportunité de renforcer la légitimité des élus locaux, d'améliorer la participation citoyenne et de restaurer la confiance envers les institutions. Il est essentiel que les décideurs politiques s'engagent dans un dialogue constructif pour mettre en œuvre ces réformes, afin de bâtir un avenir où chaque voix compte et où la gouvernance locale est véritablement au service du bien-être des citoyens Congolais.